Marc-Olivier Crevier-Morin sait que les Olympiques n'ont plus une grande marge d'erreur contre les Screaming Eagles, mais il assure que tout le monde a encore confiance de remonter la série.

Résoudre le mystère de Jessiman

La situation n'est peut-être pas encore critique. Une série quatre de sept, c'est long, mais les Olympiques tirent de l'arrière 0-2 face aux Screaming Eagles du Cap-Breton. Au moment où la série se transporte au centre Robert-Guertin mardi, mercredi et vendredi, si nécessaire, les Gatinois se retrouvent devant l'urgence de gagner un match.
Un retard de 0-2 n'est pas insurmontable. La dernière fois que les Gatinois ont participé à la finale de la coupe du Président, en 2011, ils avaient perdu leurs deux premiers matches à Drummondville. Les Voltigeurs avaient gagné 3-1 et 3-0.
Les Olympiques, alors menés par les Jean-Gabriel Pageau, Philip-Michaël Devos, Tye McGinn, Nicolas Deslauriers et Hubert Labrie, n'arrivaient pas à trouver de solutions pour déjouer le gardien Guillaume Nadeau.
De retour à Guertin, les partisans turbulents s'étaient mis sur le cas du gardien drummondvillois. Et les Gatinois avaient trouvé la brèche. Ils ont gagné les quatre matches suivants et Nadeau n'avait même pas terminé les matches quatre et cinq. C'est son adjoint de 16 ans, Domenic Graham, qui avait commencé le sixième match.
Les Olympiques vont espérer que leurs partisans ainsi que le fantôme du « Vieux Bob » leur procureront le même effet pour le troisième match de la série mardi parce que Kyle Jessiman, le gardien recrue des Screaming Eagles, domine tous les gardiens de la LHJMQ jusqu'ici en séries avec une moyenne de 0,56 but alloué par match et un pourcentage d'arrêt de ,977.
« Nous savons comment le déjouer, assure l'entraîneur-chef Éric Landry. Le problème, c'est que nous tirons souvent à côté de son but quand nous avons des occasions de marquer. »
Pour le capitaine Marc-Olivier Crevier-Morin, il ne faut pas voir Jessiman comme un Dieu. Après tout, il a gagné 21 de ses 44 matches en saison régulière avec une moyenne de 3,09 et un pourcentage d'arrêt de ,898.
« Il faut juste tirer au but. À ce jour, nous avons eu de la misère à nous installer en nous compliquant la tâche inutilement. Il faut amener des tirs au filet. Il n'y a pas un gardien qui peut arrêter tous les tirs, tout le temps ! »
Chez les Olympiques, qui ont perdu deux duels consécutifs en prolongation, Éric Landry n'avait pas encore fait son choix de gardien. Mathieu Bellemare (4,15 et ,899) avait blanchi les Screaming Eagles après 60 minutes dans le premier duel, mais il a cédé six fois sur 35 tirs pendant deux périodes dans le match suivant. Tristan Bérubé a très bien fait en relève. Il a été battu une fois sur 20 lancers.
Une chose est sûre, les Gatinois devront se montrer plus disciplinés que dans les deux premiers matches. Ils ont offert 14 avantages numériques aux hommes de Marc-André Dumont, qui en ont profité pour marquer trois buts dans le dernier match. Les Olympiques n'ont bénéficié que de six attaques massives, toutes infructueuses.
Résultat ? Ils ont donné 35 tirs aux Screaming Eagles dans le premier duel et 55 dans le deuxième. « Ils sont forts en avantage numérique. Ils tirent de partout. Nos punitions leur ont donné du momentum. Il faudra régler cela. Nous avons eu un excès d'émotions là-bas. Il y a eu de la frustration aussi envers les punitions qui n'ont pas été décernées à l'autre équipe », a ajouté Éric Landry.
Quant au moral des troupes, le capitaine Crevier-Morin assure qu'il demeure solide. Après tout, ce n'est pas la première fois de la saison que l'équipe se retrouve en situation d'urgence.
« Les séries, ce sont souvent des montagnes russes. Ce qui est arrivé au Cap-Breton est malheureux. Nous avions des chances de gagner les deux matches. Nous aimerions être dans une position différente, mais s'il y a une équipe qui a dû se relever après avoir été acculé au pied du mur cette année, c'est bien nous. Nous n'avons pas été chanceux au Cap-Breton, mais nous avons encore confiance de gagner la série. C'est ça qui est le plus important. Notre parcours sinueux cette saison nous a forgé une force de caractère. Nous allons rebondir. »
Billetterie déserte
La vente de billets pour ce match crucial stagnait lundi et le capitaine espérait que les partisans allaient venir encourager l'équipe au moment où elle en a le plus besoin. « J'ai eu la chance de vivre les séries ici à trois reprises. J'ai vu ce qu'ils nous apportent comme énergie. Ça nous met en confiance et c'est intimidant pour l'autre équipe. »
Milot-Ouellet est prêt, Breton pas encore
En plus d'être installés dans le siège du conducteur avec une avance de 2-0 dans leur série, les Screaming Eagles ont également le luxe d'avoir une équipe en santé. Les Néo-Écossais n'ont aucun blessé à l'infirmerie.
Chez les Olympiques, Alex Breton et Vincent Milot-Ouellet n'ont pas encore joué dans cette série. Milot-Ouellet est au rancart depuis 10 semaines. Il n'a même pas encore joué sous les ordres d'Éric Landry, mais il pourrait bien le faire mardi soir dans le troisième match de la série à Gatineau.
Quant à Alex Breton, blessé au bas du corps dans l'avant-dernier match de la saison régulière, il devra prendre son mal en patience. Le Beauceron n'est pas habitué à rater des matches. Il avait joué les 67 premiers matches des Olympiques cette saison et il en avait joué 66 sur 68 l'année précédente.
Son absence a été ressentie au Cap-Breton. « Alex fait partie de notre top-4 défensif et il évolue en avantage numérique. C'est certain qu'il nous manque un peu, mais nous avons d'autres joueurs pour faire le travail », a noté Éric Landry après un léger entraînement des Olympiques lundi après-midi.
Breton a participé à l'entraînement, mais il aura besoin de quelques jours supplémentaires avant de pouvoir aider son équipe. Le défenseur de 19 ans a vécu plusieurs choses en même temps lorsqu'il a été blessé en tombant à la fin d'un combat. En plus d'être blessé, il a été suspendu un match. Puis, il a vécu la douleur de perdre sa grand-mère.
« J'étais près d'elle. Elle s'est beaucoup occupée de moi quand j'étais jeune. Je suis retourné chez nous pour les funérailles. Je n'ai plus à y retourner maintenant. Je dois juste attendre de guérir avant de revenir. Je viens de rater mes premiers entraînements en trois ans, mais je vais de mieux en mieux. »
De son côté, Vincent Milot-Ouellet n'a pas joué depuis qu'il a souffert d'une fracture du poignet, mais 10 de ses 19 buts en carrière sont survenus pendant des avantages numériques et les Gatinois n'ont pas encore marqué sur l'attaque massive dans cette série. Son retour ne nuira certainement pas.
« Je ne ressens plus de douleur. Je suis capable de tirer comme il faut. Ma force, c'est mon tir précis. Il nous manquait un but dans les deux premiers matches. Je ne sais pas si j'aurais pu le compter, mais si je joue mardi, c'est certain que je voudrai faire la différence. »