Tristan Luneau fait partie de l’élite et a été parmi les joueurs les plus convoités par les équipes de la LHJMQ.
Tristan Luneau fait partie de l’élite et a été parmi les joueurs les plus convoités par les équipes de la LHJMQ.

Repêchage de la LHJMQ: des espoirs de la LNH en 2022 ?

Tristan Luneau, Michael Mastrodomenico, Antonin Verreault, Samuel Savoie, Justin Côté et Maveric Lamoureux, pour ne nommer que ceux-là, ont été parmi les joueurs les plus convoités pendant la première ronde du repêchage de la LHJMQ vendredi soir.

Ils formaient la crème de la séance de sélection 2020 du circuit Courteau.

Toutes les équipes rêvaient de compter sur un joueur comme eux pour les conduire jusqu’aux grands honneurs et pour faire courir les foules, mais combien d’entre eux peuvent réellement aspirer à une carrière dans la LNH ? Il existe une différence entre être une vedette dans la LHJMQ et s’établir en permanence dans la meilleure ligue au monde.

Le Droit a sondé cinq différents recruteurs excluant ceux des Olympiques, dont certains ont des liens avec la LNH, pour savoir si les partisans pourront continuer d’appuyer leurs nouveaux « amours » au niveau supérieur.

Le constat. À moins d’une progression fulgurante, la cuvée des joueurs nés en 2004 au Québec et dans l’Est du Canada ne compte pas beaucoup de véritables espoirs du circuit Bettman.

« Après Luneau, il n’y a rien d’acquis. J’aime bien les défenseurs Maveric Lamoureux et Noah Warren en raison de leurs gabarits et parce qu’ils ont une belle courbe de progression, mais ce sont encore des projets. Warren, même s’il a joué deux ans dans la Ligue midget AAA du Québec, il a marqué quatre buts », raconte un des dépisteurs aux liens avec la LNH.

Ce dernier aime aussi les gardiens Vincent Filion et Charles-Édward Gravel, mais encore là, ces deux gardiens frôlent les 6 pieds, mais c’est encore « petit » pour évoluer dans la LNH.

« À part les défenseurs, c’est une année difficile pour les attaquants. Les meilleurs ont tous de très petits gabarits. Il n’y a pas de Zachary Bolduc, Zachary L’Heureux ou de Zach Dean dans ce repêchage. Plusieurs n’arriveront pas à tirer leur épingle du jeu à 16 ans l’an prochain. »

Petits attaquants

Pour justifier sa réflexion, ce dépisteur souligne qu’il est difficile d’ouvrir les portes de la LNH quand on mesure 5’8’’ ou moins.

« Le hockey a changé. Le jeu est axé sur la vitesse et il y a plus de place pour les petits joueurs, mais il reste que dans la LNH, un attaquant mesure en moyenne 6’1’’ et pèse 200 livres. Le Canadien de Montréal est petit, c’est vrai, mais il termine aussi souvent dans la cave. Il y a plus de place pour les petits joueurs, mais dans un calendrier de 82 matches, c’est difficile pour eux. Les gars ne sont pas tous des Brendan Gallagher. De bons joueurs comme Charles Hudon ou Daniel Audette ne passent pas à l’échelon supérieur. »

Un autre recruteur a aussi vanté les mérites des défenseurs Luneau, Lamoureux, Mastrodomenico et Warren.

« Ce n’est pas une année évidente pour les espoirs de la LNH. Luneau est un naturel. Après, il y a ‘Mastro’ qui a du flair offensif. Lamoureux et Warren, pour de gros bonshommes, sont de très bons patineurs. Il y a plusieurs attaquants qui vont empiler les points dans la LHJMQ, mais pourront-ils le faire dans la LNH ? Je ne sais pas. À notre niveau, nous voulons bien sûr que nos joueurs deviennent des pros, mais nous repêchons des joueurs afin qu’ils soient bons chez les juniors. »

Tous les recruteurs sont d’accord sur un autre point. S’il y a un petit attaquant qui parvient à faire mentir tout le monde, Antonin Verreault est le joueur désigné.

« Il a du chien. Il n’est pas considéré comme un espoir de la LNH maintenant, mais il pourrait le devenir. Il n’a peur de rien. Il fonce sur tout. Il est très créatif, très agile. Il veut réussir. Rien de l’arrête. C’est un Martin St-Louis. »

Étirons la liste

À un autre recruteur, nous avons demandé d’étirer la liste un peu et d’anticiper certaines belles éclosions dans les deux prochaines années.

« Samuel Savoie ressemble à Zachary L’Heureux en moins physique. Leighton Carruthers joue nord-sud à la Travis Moen. Il pourrait jouer dans un troisième ou quatrième trio de la LNH. Verreault a du caractère, de la hargne et joue à très haute vitesse. Mastrodomenico est un Ryan Ellis. Il prend de bonnes décisions avec la rondelle. C’est sûr que ce n’est pas une grosse année, mais nous disons ça chaque année ! Même Jordan Dumais pourrait surprendre. Faudra qu’il travaille son patin. »

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« [2022] n’est pas une année évidente pour les espoirs de la LNH. »
Selon un recruteur amateur

DES OLYMPIQUES SORTIS DE NULLE PART

On ne compte plus les joueurs qui ont endossé l’uniforme des Olympiques de Hull/Gatineau avant d’accéder à la LNH.

Avec quatre choix de première ronde vendredi (ce journal a été imprimé avant le repêchage de vendredi soir), ils vont probablement préparer au moins un autre joueur à passer au meilleur circuit de hockey professionnel sur la planète.

Les choix de première ronde ont souvent un talent inné. John Chabot, Sylvain Turgeon, Luc Robitaille, Sylvain Côté, Benoît Brunet, Cam Russell, Martin Gélinas, Sébastien Bordeleau et Maxime Talbot ont tous la particularité d’avoir été des choix de première ronde dans la LHJMQ avant de poursuivre leurs carrières dans la LNH.

Or, d’autres joueurs sont carrément sortis de nulle part en développant leurs talents sous les yeux des partisans au centre Robert-Guertin.

Claude Giroux est probablement le meilleur joueur non repêché de l’histoire des Olympiques. Ignoré à deux séances de sélection de la Ligue de l’Ontario, il n’a été qu’un simple joueur invité au camp des Olympiques en 2005. Il n’avait reçu aucune compensation monétaire. « Tout ce qu’il a eu, c’est une paire de billets de saison de plus pour sa sœur Isabelle ! Avant, on limitait ces billets pour les parents », a indiqué André Chaput, l’ex-propriétaire qui l’a découvert pendant que Giroux était avec les Grads de Cumberland.

Paul Byron a aussi été un joueur invité tout comme Michael Ryder. Jamais repêché, Zack MacEwen était une recrue à 19 ans et il véritablement prit son envol à son arrivée chez les Olympiques à 20 ans. Aujourd’hui, il est sur le point de devenir un joueur à temps plein des Canucks de Vancouver. Jean-Gabriel Pageau, qui vient de faire sauter la banque chez les Islanders de New York, a aussi été un choix tardif de septième ronde. Nicolas Deslauriers, membre de l’équipe finaliste de 2011 avec Pageau, a été un choix de cinquième ronde. Peter Worrell était un choix de neuvième. Les Olympiques ont fait le plein de joueurs de talent en première ronde vendredi, mais qui sait ce que l’avenir réserve aux joueurs qui seront sélectionnés dans les rondes suivantes samedi ?