Jack Quinn produit au même rythme que Tye Felhaber, qui a inscrit 59 buts avec les 67’s d’Ottawa la saison dernière. Felhaber avait cependant 20 ans. Quinn vient d’avoir 18 ans. Le voici en train de marquer un but contre les Petes de Peterborough.

Quinn en ascension fulgurante au classement des espoirs

N’essayez même pas de chercher. Il n’y a pas un autre hockeyeur au monde dont la cote a augmenté aussi rapidement que celle de Jack Quinn auprès des recruteurs de la Ligue nationale de hockey.

À sa première année d’admissibilité au repêchage de la LNH, l’Ottavien de 18 ans avait reçu la cote « B » par le bureau central de recrutement au début du mois d’octobre.

Cette cote est généralement décernée aux jeunes espoirs de deuxième ou troisième ronde d’une séance de sélection.

Trois mois plus tard, l’attaquant des 67’s d’Ottawa est installé au sommet des francs-tireurs de la Ligue de l’Ontario (LHO) et il est maintenant considéré comme le neuvième meilleur patineur du repêchage de 2020 parmi les joueurs évoluant en Amérique du Nord.

Jack Quinn lui-même n’avait pas vu venir ce bond prodigieux.

« La dernière liste (de la Centrale) m’a surpris. Je ne m’attendais pas à monter aussi haut, aussi rapidement. C’est pas mal cool de voir que je m’en vais dans la bonne direction. »

Il faut dire que Quinn revient de loin. À sa saison recrue dans la LHO, il avait compté 12 buts en 61 matches.

Après 41 matches cette saison, il a déjà compté 35 buts. Vous vous souvenez de Tye Felhaber, la « machine à scorer » des 67’s l’an dernier ? Il avait inscrit 59 buts dans une saison exceptionnelle qui lui a valu un contrat avec les Stars de Dallas. S’il maintient le rythme, Quinn se dirige vers une saison de... 58 buts !

La différence, c’est que Felhaber a réussi l’exploit à 20 ans. Quinn a fêté ses 18 ans en septembre.

Ce n’est pas tout. Il a commencé sa saison avec une récolte de quatre buts en 11 parties. Depuis, il a marqué 31 fois à ses 30 derniers matches et 25 fois à ses 20 derniers matches. Rien qu’en 2020, il est rendu à trois tours du chapeau ! Encore là, Quinn dit être surpris par sa séquence infernale.

« J’ai toujours été un marqueur et j’ai toujours eu confiance en mes moyens, mais les buts viennent plus rapidement que j’avais pensé. »

La saison dernière, il était émerveillé de voir Tye Felhaber remplir le filet. Maintenant, c’est lui qui marque au même rythme.

« C’était vraiment cool de voir Felly l’an dernier. Je me demandais comment il faisait pour compter autant de buts ! Il s’est rendu à 50 buts en seulement 47 matches. C’était surréel. Je n’ai jamais pensé que je pourrais être proche de produire comme lui. Je suis originaire de Cobden. Tye a grandi dans mon coin (à Pembroke). Je l’ai  toujours admiré. Il a été un modèle à suivre pour moi. »

Chez les 67’s, l’entraîneur-chef André Tourigny avait rapidement identifié les joueurs qui pouvaient remplacer les buts de Tye Felhaber cette saison. Quinn faisait partie des candidats, mais au début de l’année, c’était surtout Graeme Clarke qui devait remplir ces souliers. Or, l’espoir des Devils du New Jersey a dû être opéré à une épaule après avoir marqué sept buts en neuf matches. Pendant son absence, c’est Jack Quinn qui a pris le relais.

« Est-ce que j’ai profité de l’absence de Graeme ? Oui et non. Si Graeme est là, nous avons un autre compteur de 50 buts et notre équipe est encore plus redoutable. La différence pour moi cette année, c’est que je lance beaucoup plus. Je suis arrivé au camp en pleine confiance avec un gros été d’entraînement. Je suis plus expérimenté. Je suis plus à l’aise. »

Le 21 novembre dernier, après avoir volé la vedette à Quinton Byfield (deuxième espoir nord-américain) en comptant ses 11e et 12e buts de la saison, Quinn avait dit qu’il visait une saison de 40 buts. Deux mois plus tard, il ne lui manque plus que cinq buts pour réaliser son objectif.

« Cinquante, c’est un beau chiffre », a-t-il dit à propos de son objectif revu à la hausse.

Un beau chiffre certes, mais surtout un objectif très réaliste.

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«UN BON JOUEUR MÊME QUAND IL NE COMPTE PAS»

André Tourigny n’est pas un entraîneur qui aime évaluer ses joueurs avec des statistiques.

La saison dernière, quand Jack Quinn a compté 12 buts à son année recrue, il disait à quiconque voulait l’entendre que l’attaquant de Cobden représentait « le secret le mieux gardé de la ligue. »

André Tourigny

Installé au sommet des marqueurs de la Ligue de l’Ontario avec 35 buts en 41 matches, Quinn n’est plus un secret  pour personne. Il a marqué dans 13 de ses 15 derniers matches.

Ce n’est pas pour rien que les 67’s d’Ottawa ont gagné 21 de leurs 22 derniers matches. Les succès de Quinn y sont pour quelque chose, mais il est loin d’être le seul à aider l’équipe à gagner soir après soir.

Ce qui rend ce choix de deuxième ronde 2017 indispensable à ses yeux et ce qui le distingue des autres espoirs offensifs du prochain repêchage, c’est qu’il n’a pas besoin de compter des buts pour être utile aux 67’s.

« Dans cette  équipe, nos meilleurs joueurs offensifs sont aussi nos meilleurs joueurs défensifs. Il y a des soirs où Jack ne comptera pas de buts, mais demeurera notre meilleur joueur du match », explique Tourigny.

Il a un exemple très frais en mémoire. C’était dimanche à Oshawa. Quinn disputait  un quatrième match en quatre jours parce qu’il avait participé au Match des espoirs de la Ligue canadienne jeudi où il a été le joueur le plus utile à son équipe.

« Jack a compté le but vainqueur et il a ajouté deux passes, mais ce que je retiens le plus de ce match-là, ce sont deux replis défensifs où il a brisé des chances de marquer en troisième période alors que c’était  son quatrième match en quatre jours. Il a joué de 20 à 24 minutes dans nos trois matches du week-end et  il a trouvé le moyen de faire ses jeux clés pour nous permettre de gagner. »

Pour André Tourigny, la plus grosse différence entre le Jack Quinn de 17 ans et celui de 18 ans, c’est son implication directe dans le jeu. « L’an dernier, il était un joueur de périphérie. Cette  année, il coupe à l’intérieur et il se place là où ça fait mal. Son but à Oshawa, il était planté devant le filet. Il était bien placé pour prendre le retour. »