Éric Landry confie que le moment est bien choisi pour se lancer dans une telle aventure, lui qui est tombé en amour avec le coaching à son retour de Suisse lors de sa carrière de hockeyeur.

Qui est Éric Landry?

Éric Landry a joué 68 matches dans la LNH, dont 53 avec le Canadien de Montréal au début des années 2000.
Il a aussi roulé sa bosse pendant 500 matches dans la Ligue américaine et près de 400 autres en Europe. En incluant les séries éliminatoires, le nouveau coach des Olympiques de Gatineau compte plus de 1000 matches d'expérience au hockey professionnel.
Pourtant, Éric Landry est forcé d'admettre une chose. « Chez nous à Gatineau, je me rends compte que je ne suis pas connu ! J'ai quitté la région à 16 ans pour jouer mon hockey midget AAA à Amos et je suis passé sous le radar pendant toute ma carrière. »
Après avoir pris sa retraite du hockey professionnel en 2012, le combatif attaquant de 5'9'' est rentré dans son patelin, où il amorcé une seconde carrière dans le « coaching ». Encore une fois, il a été relégué dans l'ombre en devenant un deuxième adjoint pour Benoît Groulx.
Cinq ans plus tard, il a enfin l'occasion de se faire connaître davantage. Appelé à remplacer Mario Duhamel pour les 21 derniers matches de la saison régulière de la LHJMQ, Éric Landry plonge dans le vide en espérant tomber sur ses pattes.
« Quand j'ai essayé le coaching à mon retour de Suisse, c'était pour voir si j'allais aimer ça. J'ai eu ma réponse. Je crois que le moment est bien choisi pour me lancer dans l'aventure. Le job d'entraîneur-chef est extrêmement convoité dans la LHJMQ. Je suis incroyablement reconnaissant envers les Olympiques pour l'occasion qui se présente. »
Un choix naturel
Lorsqu'on demande au directeur général Marcel Patenaude d'expliquer le choix d'Éric Landry pour relancer l'équipe, il évoque aussitôt son histoire avec le club.
« Ça fait cinq ans qu'il travaille avec les Olympiques. Il a travaillé quatre ans avec Benoît Groulx. Il connaît l'ADN du club. Le fait qu'il soit déjà sous contrat a aussi aidé », a avoué le directeur général.
Il faut ajouter qu'Éric Landry a développé des liens étroits avec le président Alain Sear. Pendant trois ans, les deux hommes ont été associés au programme hockey-études du Centre académique de l'Outaouais (CADO). « C'était un genre de sports-études pour enseigner le hockey à des jeunes de 13 à 15 ans. J'étais leur entraîneur dans une ligue scolaire. Alain (Sear) était le gestionnaire. »
Si le rôle d'entraîneur-chef est relativement nouveau pour Éric Landry dans la LHJMQ, ce n'est quand même pas la première fois qu'il se retrouve sous les feux de la rampe. Il a déjà été appelé à remplacer Benoît Groulx à quelques reprises lorsque celui-ci a été entraîneur avec Équipe Canada junior pendant deux saisons consécutives.
Les expériences n'ont pas toujours été concluantes, surtout à la deuxième occasion en 2014-15 où les Olympiques étaient plongés dans une séquence infernale de défaites.
« Inconsciemment, les joueurs ont une baisse de régime de l'ordre de 10 à 15 % quand l'entraîneur-chef part, mais cette fois-là, nous avions la moitié du club qui était blessé. Nous avions pressé le citron. Les joueurs étaient vidés. Presque tous nos gros joueurs étaient blessés, même ceux que nous avions acquis par voie de transaction (Yakov Trenin, Yan-Pavel Laplante, Valentin Zykov entre autres). Ça nous a pris un mois avant que tout le monde retrouve la forme. »
Au dernier match avant le retour de Benoît Groulx, Landry s'était même retrouvé seul pour diriger un match au Cap-Breton. « Serge Haché (le thérapeute) devait s'occuper des défenseurs, mais à un moment donné, Matt Sartoris s'était blessé. Je me sentais bien seul ! J'étais content de retrouver Ben à Halifax ! »
Landry dit avoir beaucoup appris des épreuves du passé. Il a également retenu plusieurs trucs de Benoît Groulx et de quelques autres entraîneurs qui ont marqué sa carrière : Richard Martel, Kevin Constantine (Ambri-Piotta, Suisse) Kent Ruhnke (Bâle, Suisse) et Bill Stewart avec qui il a atteint la finale de la Coupe Calder dans la filiale des Flames de Calgary.
Maintenant âgé de 42 ans, celui qui a grandi dans le quartier de la ferme Limbour veut être perçu comme un entraîneur exigeant « pour que les joueurs soient exigeants envers eux-mêmes ».
Véritable battant, Éric Landry carbure aux défis. Toujours confiant en ses moyens, il a confondu tous les sceptiques pendant sa carrière de joueur. Reste à voir s'il pourra le faire sans son équipement, derrière le banc.
Une carrière qui a déjoué les pronostics
Connaissez-vous des anciens choix de 16e ronde dans la LHJMQ, jamais repêchés dans la LNH, qui sont parvenus à connaître une carrière de 17 saisons chez les professionnels ? C'est arrivé au Gatinois Éric Landry.
Il faut l'admettre. Ce tour de force a déjoué tous les pronostics. Prolifique marqueur dans la LHJMQ avec le Laser de St-Hyacinthe, Landry était aussi un joueur extrêmement intense malgré sa petite taille. « J'étais tout petit quand je suis rentré dans la LHJMQ, mais j'ai continué de grandir jusqu'à l'âge de 20 ans pour atteindre 5'9'' même si c'était écrit 5'10'' ou 5'11'' dans les biographies de la LNH ou de la Ligue américaine ! »
Son style de jeu l'a amené à passer plusieurs minutes au banc des punitions. S'il n'a jamais vraiment hérité d'un rôle dans un trio offensif dans la LNH, il a toujours été parmi les meilleurs compteurs de ses équipes de la Ligue américaine ou en Europe, là où il a passé les neuf dernières années de sa carrière.
Là-bas, il a participé à quatre tournois de la Coupe Spengler : deux fois avec l'équipe nationale du Canada, une fois avec le club de Davos et une autre avec le Dynamo de Moscou. Il a été champion compteur du tournoi à deux reprises en plus de mettre la main sur le championnat quand il représentait le Dyanmo.
« Sincèrement, j'ai adoré jouer dans la LNH. C'est le rêve de tous de patiner dans la meilleure ligue au monde, mais c'est vraiment en Europe où j'ai trouvé ma niche. Je ne pouvais pas demander mieux que de jouer en Suisse pour la conciliation travail-famille. Le plus long voyage était de quatre heures. On couchait à l'hôtel une fois par année. Le reste du temps, j'étais à la maison avec ma femme et mes enfants. J'ai passé 10 ans avec des équipes de première division en Europe. J'y ai trouvé le bonheur. C'était le paradis », a dit celui qui a joué son hockey mineur avec les Ambassadeurs de Gatineau.
Éric « Speedy » Landry était tellement animé par sa passion du hockey, qu'il a même troqué ses patins à lames pour des patins à roues alignées en évoluant pendant deux saisons dans la Ligue nationale de roller-hockey avec les Loggers d'Ottawa et les Roadrunners de Montréal. « C'était le meilleur sport d'été pour garder la forme ! »