Le Suisse David Aebischer et le Russe Iaroslav Likhachev sont prêts à animer le centre Robert-Guerint cette saison.

Prêts à laisser leurs marques

Ce n’est pas parce qu’un joueur arrive d’Europe que son succès est assuré dans la LHJMQ.

Les Olympiques de Gatineau ont eu la main heureuse avec Yakov Trenin et Vitalii Abramov dans les années récentes, mais ils ont aussi vécu certaines déceptions avec Mikhail Shestopalov et Igor Levitzky.

Cette année, ce sont deux nouveaux joueurs européens qui sont débarqués dans la région au cours des derniers jours, mais le directeur des opérations hockey Alain Sear se fait rassurant.

La semaine dernière, Iaroslav Likhachev a été dominant pour la Russie à la Coupe Hlinka-Gretzky, un championnat mondial des moins de 18 ans. Quant à David Aebischer, il arrive sous la recommandation de deux anciennes gloires des Olympiques. Pavel Rosa était un des entraîneurs du défenseur de 17 ans en Suisse l’an dernier et le directeur général du HC Gottéron était Christian Dubé.

« Likhachev, c’est une valeur sûre. Nous avons analysé son dossier de A à Z. Il est déjà classé parmi les 90 meilleurs espoirs du prochain repêchage de la LNH. Il va devenir un très bon joueur junior. Son quotient intellectuel hockey est supérieur à la norme. Il est capable de jouer des deux côtés de patinoire et c’est un marqueur naturel. Aebischer a un flair offensif. Il a fait rouler l’avantage numérique pendant toute sa carrière. »

Les deux nouveaux Européens ont déjà commencé à tisser des liens et discutaient ensemble à l’enregistrement des recrues quand Le Droit est arrivé à Guertin mercredi après-midi.

Souriant comme le « grand » Abracadabramov, Likhachev a rapidement trouvé un moyen pour contourner la barrière de la langue afin de réaliser une entrevue. Habile avec la technologie comme les jeunes de son époque, il a demandé à avoir le code Wifi de Guertin à l’aide de son anglais rudimentaire pour ouvrir un logiciel de traduction et répondre aux questions !

Rêve d’enfance
D’abord, il a dit qu’il connaissait Yakov Trenin et Vitalii Abramov pour les avoir fréquentés à l’entraînement en Russie. Il a aussitôt ajouté qu’il connaissait Maxime Talbot. Il a même fouillé dans son téléphone pour montrer sa photo où il pose avec l’ancien capitaine des Olympiques.

« Il jouait avec le Lokomotiv de Yaroslavl dans la KHL alors que je jouais dans la même organisation chez les juniors (MHL). »

Excité d’arriver à Gatineau, le hockeyeur de 16 ans a indiqué qu’il réalisait un rêve d’enfance en traversant l’océan pour venir jouer au hockey en Amérique.

L’adaptation aux petites surfaces glacées s’est bien passée pour lui dans le championnat mondial des moins de 18 ans à Edmonton et Red Deer où il a récolté sept points en cinq matches. Il ne pense pas avoir de difficulté à faire la transition, surtout pour un tireur comme lui.

« J’aime les petites patinoires nord-américaines parce que le jeu se déroule plus rapidement et ça donne des matches avec beaucoup plus de lancers. »

À Gatineau, Alain Sear aimerait le jumeler au premier choix de l’équipe, Pier-Olivier Roy.

« Nous aimerions former un trio de jeunes qui pourront jouer ensemble pendant longtemps et développer une complicité. Roy et Likhachev pourraient être avec un autre jeune ou un vétéran pour leur montrer le chemin. »

L’appel de l’aventure
Quant à Aebischer, qui parle quatre langues, l’appel de l’aventure a été difficile à refuser.

« Sportivement, c’est mieux pour moi d’être ici. J’aurais pu jouer chez les professionnels cette année en Suisse, mais je n’aurais pas joué beaucoup. Puis, c’est une occasion unique de jouer ici. J’ai le repêchage de la LNH dans le coin de la tête, mais je ne m’impose pas de pression avec ça. »

Aebischer, sans relation avec l’ancien gardien de but du Canadien de Montréal même s’il provient de la même ville et de la même structure de hockey (HC Gottéron), dit que Pavel Rosa lui avait fortement recommandé de venir à Gatineau.

« Il m’a parlé de l’endroit et d’un peu de tout. Il m’a dit qu’Éric Landry était un bon coach et que les Olympiques avaient une bonne organisation », raconte celui qui sera admissible au repêchage de la LNH pour la première fois en 2019.

Sur la scène internationale, il a représenté la Suisse chez les moins de 16, 17 et 18 ans.

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LE CAMP DES RECRUES EN BREF

Deux Américains

Comme toutes les équipes de la LHJMQ obligées de repêcher deux joueurs américains par année, les Olympiques ont lancé plusieurs lignes à l’eau au fil des ans, mais rares sont ceux qui ont mordu à l’hameçon. 

Cette année, deux joueurs sélectionnés du pays de l’Oncle Sam ont répondu à l’invitation. Benjamin Raymond ainsi que Jake Waterman auraient même  signalé leur intention de rester si l’équipe peut confirmer leurs postes avant les matches hors-concours. 

Raymond est venu à Gatineau pendant 48 heures l’an dernier avant de repartir afin de ne pas perdre son admissibilité à la NCAA. 

Il avait toutefois laissé une bonne impression. Jake Waterman, 16 ans, a quant à lui été sélectionné cette année dans un repêchage spécial des joueurs américains. 

La NCAA permet à ses joueurs aspirants de participer à des camps de la Ligue canadienne pendant 48 heures aux frais des équipes. 

Si le joueur veut rester plus longtemps, il doit assumer le reste des frais. Le joueur perd son admissibilité dès qu’il joue un premier match hors-concours. 

Le directeur général Alain Sear estime que la formule du camp des Olympiques va permettre de mieux évaluer les recrues américaines. 

« Nous jouerons trois matches intra-équipe qui vont permettre à nos Américains d’éviter les matches hors-concours contre d’autres équipes de recrues de la LHJMQ. Si nous pensons que Raymond ou Waterman peuvent faire notre équipe, nous allons leur fournir un forfait de bourses d’études et nous engager envers eux avant de les faire jouer des matches hors-concours. »

Filière ontarienne

Les Olympiques auraient-ils gagné leur dernière coupe du Président en 2008 sans joueurs ontariens ? Pensez à Claude Giroux et Paul Byron et la réponse est facile. 

Les règles ont bien changé pour attirer les joueurs de l’Ontario dans la ligue la plus à l’Est du pays, mais l’équipe gatinoise s’est fait supplanter par plusieurs organisations, notamment celles des Maritimes, pour attirer quelques laissés pour compte ontariens au cours des dernières années. 

Les Olympiques disent avoir mis plus d’efforts l’an dernier afin de rétablir les ponts avec les joueurs de l’autre côté de la rivière. Ils seront sept au camp des recrues cette semaine. Quatre joueurs sont de la région ottavienne et trois du Nord de l’Ontario. 

Le défenseur Brandon Atkins et l’attaquant Jett Leishman ont été mis sous contrat l’an dernier en provenance de l’équipe junior B de Rayside-Balfour. Natif de Hearst, le gardien Sébastien Plamondon provient de la même équipe. 

« Il arrive un peu comme Creed Jones l’a fait l’an dernier. C’est une référence de Rayside où nous avons un agent qui nous suggère des joueurs. À date, il nous en a envoyé des bons. Nous pensons que ces trois-là vont compétitionner pour des postes. Nous aimons également le potentiel de Kieran Craig et de Jérémy Quesnel dans l’Est ontarien. Samuel Mattie a joué avec Manix Landry l’an dernier à Rockland et André Simard est un gros défenseur mature. Johnny Howie est un autre colosse. C’est un joueur de Lacrosse. Nous avons rétabli certains de nos contacts en Ontario et on espère que ça va rapporter des fruits », a lancé Alain Sear.