Alexis Lafrenière trône au sommet des compteurs de la LHJMQ à 18 ans, mais il a été limité à deux points à ses deux premiers matches contre les Olympiques en novembre. Deux matches où les gardiens Rémi Poirier et Creed Jones lui avaient volé la vedette.

Pleins feux sur Alexis Lafrenière

Alexis Lafrenière est un phénomène rare. Les hockeyeurs comme lui ne courent pas les rues du Québec.

Marc-André Fleury a été le dernier Québécois à être sélectionné au premier rang d’une séance de sélection de la LNH. C’était en 2003.

Pour un joueur de position, il faut remonter à 1998. Curieusement, Vincent Lecavalier évoluait lui aussi pour l’Océanic de Rimouski.

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Joueur le plus convoité du repêchage 2020 de la LNH, Alexis Lafrenière sera la principale attraction au centre Robert-Guertin samedi et dimanche alors que l’Océanic se mesurera aux Olympiques deux fois plutôt qu’une.

Avec leur choix et celui des Sharks de San Jose, les Sénateurs d’Ottawa se retrouvent en bonne posture pour ajouter ce talent exceptionnel à leur arsenal de jeunes joueurs vedettes.

Le Canadien de Montréal pourrait aussi être impliqué dans la loterie « Lafrenière ». Les partisans des deux clubs rêvent déjà d’aller se procurer son prochain chandail en boutique. À travers cette frénésie, l’attaquant de St-Eustache a beau vouloir se concentrer sur sa mission d’amener l’Océanic vers le championnat de la LHJMQ, il admet être au courant des désirs des partisans des deux clans.

« À force de lire des articles ou de suivre les réseaux sociaux, j’ai pris conscience que les partisans rêvent de me voir jouer pour leur équipe, mais je n’ai pas de contrôle sur ma prochaine destination. Il faut que je me concentre sur moi-même. Peu importe l’équipe qui va me repêcher, ce sera un honneur pour moi et ce sera un rêve qui va se réaliser », a-t-il raconté au Droit lors d’une entrevue réalisée plus tôt cette semaine.

Le classement de la LNH ? Il dit ne pas trop le consulter même s’il pourrait lui fournir des indices pour identifier ses futures adresses potentielles.

« Je ne regarde pas trop ça. Il reste encore beaucoup de matches à disputer. Souvent, le classement change rapidement. Je veux rester dans le moment présent et ne pas regarder trop loin », dit-il.

Le moment présent, pour Alexis Lafrenière, c’est l’Océanic de Rimouski. Il y a un mois, c’était Équipe Canada junior.


« À force de lire des articles ou de suivre les réseaux sociaux, j’ai pris conscience que les partisans rêvent de me voir jouer pour leur équipe. »
Alexis Lafrenière

En République tchèque, son jeu électrisant a mené les Canadiens à la conquête de la médaille d’or. Il a été choisi le joueur le plus utile du Championnat du monde. Là-bas, il s’est aussi démarqué des autres espoirs du prochain repêchage de la LNH.

« Mon objectif, c’était de jouer le meilleur tournoi que je pouvais et c’est quelque chose que j’ai réussi à faire. Nous avons gagné l’or. C’était mon rêve. Je suis de retour à Rimouski maintenant. C’est une belle place pour jouer au hockey et nous avons un championnat à gagner. »

À 16 et 17 ans, Lafrenière a déjà réalisé tout ce qu’un joueur pouvait accomplir au hockey junior. Il a été la recrue de l’année de la Ligue canadienne à 16 ans. Il a été le joueur le plus utile de ces mêmes trois ligues canadiennes à 17 ans. Il a gagné la médaille d’or à la Classique Hlinka/Gretzky dans un tournoi des moins de 18 ans. Il va probablement remporter le championnat des compteurs de la LHJMQ cette saison.

Avant de quitter le circuit Courteau prématurément, il va lui rester un objectif à atteindre : mener l’Océanic à la terre promise. En trois ans à Rimouski, il n’a jamais fait partie d’un club aussi complet.

« Tous mes objectifs pour le reste de la saison sont liés à l’Océanic. Nous avons une très belle équipe. Si tout le monde travaille ensemble, nous pourrons accomplir de grandes choses. Nous avons deux bons gardiens, de solides défenseurs et des attaquants capables de remplir plusieurs rôles. C’est ce qu’il faut pour aller jusqu’au bout. »

En attendant, ce week-end, il devra d’abord se frotter aux Olympiques, une des équipes de l’heure dans la LHJMQ. Les Gatinois ont gagné les deux premiers duels à Rimouski en novembre.

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Avant d'affronter les Olympiques samedi, l'Océanic et Alexis Lafrenière (au centre) étaient de passage à Shawinigan pour y affronter les Cataractes vendredi.

UN TALENT FOU, BEAUCOUP DE DISTRACTIONS À GÉRER

Plus la saison avance, plus il devient évident qu’Alexis Lafrenière est le meilleur espoir de la planète en prévision du prochain repêchage de la LNH.

Cette position fort envieuse ne comporte pas que des avantages. Plus la date de la séance de sélection 2020 du circuit Bettman approche, plus la demande médiatique devient forte envers le jeune prodige.

Chez l’Océanic, des mesures ont déjà été prises afin de limiter les distractions dans la vie quotidienne de Lafrenière. « Nous avons dû mettre un holà après le Championnat mondial junior (CMJ) parce qu’Alexis est sollicité de toutes parts. Il a manqué beaucoup d’école avec ce tournoi. Il a du rattrapage à faire. Les demandes d’entrevues ne font que s’amplifier. Les médias nationaux sont sur ses traces maintenant. Même aux États-Unis, on veut des entrevues de fond avec lui », a expliqué l’entraîneur-chef et directeur général de l’Océanic, Serge Beausoleil.

Le trafic autour du joueur vedette n’est pas que médiatique. Il y a aussi les recruteurs de la LNH qui veulent apprendre à le connaître davantage.

« Même les clubs qui ne sont pas dans la loterie veulent le disséquer avec des entrevues de 30 à 45 minutes. Nous allons l’encadrer pour le protéger un peu plus d’ici la fin de la saison », a ajouté Beausoleil.

Dans les amphithéâtres de la LHJMQ, Lafrenière ne fait peut-être pas autant courir les foules que Sidney Crosby à une époque où les médias sociaux étaient inexistants, mais sa présence suffit pour augmenter l’assistance partout où il passe. À Gatineau ce week-end, les Olympiques prévoient attirer leurs meilleures foules de la saison.

« C’est partout pareil. À Bathurst, par exemple, nous avons joué devant une salle comble. Ce n’est pas commun là-bas. C’était leur match Timbits. On se rend compte que plusieurs équipes préparent des promotions pour notre passage », a indiqué Beausoleil.

Lafrenière sait bien que les yeux sont rivés sur lui lorsqu’il joue à l’étranger. Les deux prochains matches à Gatineau ne feront pas exception. « C’est l’fun de voir que les gens sont contents de venir me voir jouer, mais sur la route, je dois rester concentré sur ce que j’ai à faire. »