Les 67’s d’Ottawa jouaient devant des gradins pleins pendant les dernières séries éliminatoires de la Ligue de l’Ontario. Ils avaient encaissé environ un million $ en profits dans leur parcours vers la finale.
Les 67’s d’Ottawa jouaient devant des gradins pleins pendant les dernières séries éliminatoires de la Ligue de l’Ontario. Ils avaient encaissé environ un million $ en profits dans leur parcours vers la finale.

Pertes de plus d’un million $ pour les 67’s

En temps normal, les 67’s d’Ottawa devaient se préparer à amorcer leur demi-finale de la Ligue de l’Ontario (LHO) à la Place TD vendredi soir.

Avec une récolte de 101 points en 62 matches (50-11-1), les champions de la saison régulière 2019-20 ont été encore plus dominants que la saison précédente. La troupe d’André Tourigny croyait dur comme fer qu’elle pouvait aller chercher les deux dernières victoires qui leur avaient manqué en finale de 2019.

L’arrivée d’un puissant virus a bousillé la possibilité d’un autre printemps mémorable au parc Landsdowne. Armés jusqu’aux dents pour se rendre jusqu’à Kelowna au tournoi de la coupe Memorial, les 67’s n’ont même pas eu la chance de s’attaquer au titre de la LHO.

«Un long parcours en séries éliminatoires comme l’an dernier aurait représenté des profits d’environ 1 million $», signale Mark Goudie, le président directeur général de l’OSEG, le groupe qui chapeaute le Rouge et Noir (football), les 67’s et tout le secteur immobilier du parc Landsdowne.

Les succès des 67’s sur la patinoire avaient généré une frénésie dans le quartier Glebe le printemps dernier. Mark Goudie s’attendait à vivre un engouement semblable pour une deuxième année de suite.

«Nous avions été si efficaces l’an dernier que nous n’avions eu besoin que de deux matches locaux pour passer les trois premières rondes. Nous avions un travail à finir cette saison, mais tout s’est arrêté brusquement. Notre domaine est frappé doublement. Notre expertise est dans les événements à grand déploiement et dans le commerce au détail. Ce sont les deux secteurs les plus affectés par le confinement et nous serons parmi les derniers à reprendre nos activités normales», souligne Goudie.

L’OSEG compte environ 45 locataires au parc Landsdowne. La majorité de ceux-ci ont fermé leurs portes temporairement. Le marché d’alimentation Whole Foods et le LCBO poursuivent leurs activités, mais à part quelques restaurants qui servent des mets pour emporter, tout le reste est arrêté.

«Nos locataires ne sont pas différents de nous. Ils peinent à joindre les deux bouts. Ils ont fait certaines demandes pour alléger leur fardeau. Nous étudions toutes les possibilités pour les aider à traverser la crise. Ce sont des temps difficiles pour tout le monde, mais il faut s’accrocher.»

Les 67’s d’Ottawa, c’est une grosse machine de hockey. L’équipe opère avec un budget considérable. Elle a toutes les ressources nécessaires pour optimiser son rendement. Les 67’s ont probablement le club avec le plus grand nombre d’entraîneurs dans la LHO. Ils ont recours à des entraîneurs spécialisés sur la glace, mais aussi hors glace. Leur budget pourrait-il être amputé la saison prochaine?

«C’est difficile à dire à ce moment-ci. Nous n’avons pas encore eu cette conversation parce qu’on se prépare comme si la prochaine saison allait commencer à temps, mais il faudra réévaluer la situation à mesure qu’elle va évoluer. En ce moment, nous avons déjà octroyé tous les contrats pour la saison 2020-21 des 67’s. S’il faut s’adapter à différents scénarios, nous le ferons. Pour l’instant, tout ce qui a été annulé, c’est le camp des recrues avec les joueurs que nous venons de repêcher il y a deux semaines. Nous avons tenu toutes nos rencontres virtuelles avec les joueurs et leurs parents. Il faut jouer avec les cartes qui nous sont données.»

Côté commandites, les 67’s ont évité la catastrophe jusqu’à maintenant.

«Nous jouissons d’un double luxe. Nous avons un groupe de propriétaires stables qui nous permet d’avoir beaucoup de flexibilité. Nous sommes équipés pour traverser cette tempête en évitant de prendre des décisions irréfléchies à court terme. Les 67’s, c’est important, mais c’est seulement une petite partie de notre plan de développement de Landsdowne, un projet de 500 millions $. Ensuite, nous avons de loyaux commanditaires qui nous suivent depuis nos débuts il y a sept ans. La plupart sont des commanditaires des 67’s, du Rouge et Noir et de la Place TD. Nous n’avons pas encore perdu une seule commandite.»

Permanence respectée

L’OSEG, c’est aussi 140 employés permanents qui ont tous conservé leurs emplois selon Mark Goudie.

«Nous pensons être admissibles à des programmes d’aide du gouvernement fédéral. Le secteur du divertissement est durement touché, mais il existe un programme pour compenser 75 % des salaires annuels allant jusqu’à 68 000 $. À ce jour, nous avons plafonné nos salaires à 80 % des montants prévus. Tout le monde du Rouge et Noir et des 67’s a volontairement accepté d’emboîter le pas. Nous sommes tous dans le même bateau. Nous allons nous en sortir tous ensemble.»