Éric Landry a haussé le ton dans un entraînement intensif des Olympiques mercredi matin.

«On va s’en sortir», dit Éric Landry

Clairement identifiés comme une équipe en reconstruction depuis qu’elle a échangé Vitalii Abramov en novembre, les Olympiques de Gatineau traversent leur première période creuse de la saison 2017-18.

À leurs 10 derniers matches, ils ne revendiquent qu’une seule victoire. Et pourtant. Il n’y a pas si longtemps, ils avaient aligné 14 matches de suite sans perdre en temps réglementaire.

Une séquence que n’oubliera pas de si tôt l’entraîneur-chef Éric Landry.

«J’ai disputé 1200 matches de hockey à partir du junior jusqu’au niveau professionnel. J’ai joué dans des clubs de première place et jamais je n’avais vécu une telle séquence ! Ça illustre bien ce que nous sommes capables de faire, mais c’est fini ça. Tout est à recommencer. J’ai l’impression que certains vivent encore sur cette période de succès et qu’ils ont oublié ce qui nous avait permis d’être aussi efficaces pendant plus d’un mois», a raconté l’entraîneur gatinois après un court, mais très intense entraînement mercredi matin au lendemain d’un revers gênant à Drummondville.

Son club est à plat depuis la fin de la période des transactions dans la LHJMQ, mais Éric Landry croit dur comme fer que ses joueurs ont les aptitudes pour rebondir.

«On va s’en sortir. Vous savez pourquoi? En regardant notre équipe jouer, en matière d’efforts et d’attention portée aux détails, on n’est même pas proche d’où on était quand on avait du succès. Avant, on jouait avec l’énergie du désespoir. On méritait notre fiche gagnante. On trouvait des façons de revenir de l’arrière ou de conserver nos avances.»

Pour remédier à la situation, Landry a fait patiner ses joueurs à fond de train mercredi. Ils ont aussi fait des exercices pour foncer au filet pendant que l’entraîneur vociférait ses reproches tout en claquant son bâton sur la glace.

«Tout ce qu’on n’a pas fait dans le match de mardi, on l’a appliqué à l’entraînement aujourd’hui. Nos insuccès n’ont aucun rapport avec les joueurs qu’on a échangés. C’est relié à notre façon de nous comporter en général sur la glace. Quand ça allait bien, chaque joueur était au courant du travail qu’il avait à faire. Chaque joueur contribuait à nos victoires. Avant Noël, on portait davantage d’attention aux détails», a ajouté Landry.

Les Olympiques ont donc vécu les deux extrêmes depuis deux mois. Ils ont été carrément bons ou tout simplement pas dans le coup. Depuis un mois, en 11 matches, ils ont marqué 26 buts. Ils en ont accordé 46.

Confiance déficiente

Pour Landry, il n’y a pas 100 solutions. «Il faut revenir à la base. On s’est éloigné de ce qu’on faisait de bien. En décembre, nous avons eu peu d’entraînements collectifs ou individuels parce que notre calendrier était chargé. Pendant une bonne séquence, c’est facile de poursuivre sur une lancée, mais dans une mauvaise séquence, quand tu n’as pas beaucoup d’entraînements, c’est difficile d’apporter des correctifs. Les joueurs auront congé jeudi pour récupérer un peu, mais nous allons continuer à travailler nos points à améliorer vendredi avant d’aller en Abitibi.»

Le coach sait que la confiance de ses joueurs souffre en ce moment. Selon lui, la meilleure façon pour la recouvrer, c’est de revenir à la simplicité.

«Nous savons ce que nous faisions de bien. En jouant dans notre identité, tout nous semblait plus facile. Quand tu perds confiance, tu pousses la note dans des choses où tu es moins bon et c’est ce qui fait que tu n’exécutes pas bien tes jeux.»

Les excuses ne tiennent plus

Avec l’arrivée de six nouveaux joueurs dans la dernière période des transactions de la LHJMQ, le paysage a changé dans le vestiaire des Olympiques, mais selon le gardien Tristan Bérubé, il est temps d’aller de l’avant maintenant.

« Oui, il y a eu beaucoup de changements chez nous, mais ça fait un mois que les transactions sont terminées. C’est fini les excuses. Toutes les équipes traversent des périodes creuses dans une longue saison. Vaut mieux que ça nous arrive maintenant qu’en mars juste avant les séries. Nous avons du temps pour nous ressaisir et de  reprendre confiance », a expliqué le gardien numéro un du club.

Bérubé a lui-même fait un examen de conscience dans un mois où il est passé de la première à la cinquième place pour la meilleure moyenne de buts alloués dans la LHJMQ.

« J’ai aussi connu une période difficile. Je suis capable de prendre le blâme. Nous avons donné plus de chances de compter et nous avons créé plus de revirements depuis un mois, mais mon travail, c’est d’arrêter les rondelles et je n’ai pas donné autant de chances à mon équipe de gagner en janvier. Nous mettions plus d’efforts et nous étions plus constants en décembre. C’est dans ces moments-là que tu obtiens les bonds favorables que nous n’avons plus maintenant. »

Pour sa part, le capitaine Alex Breton a noté une hausse du niveau de frustration chez les siens au fil des dernières semaines.

« Ça se voit juste en regardant le nombre de combats qu’il y a eu dans les derniers matches. Ça démontre que les joueurs veulent s’en sortir et qu’ils veulent gagner. »

Le vétéran de 20 ans a maintenant assez d’expérience pour avoir remarqué une autre tendance qui se produit année après année dans le circuit Courteau.

« Après les Fêtes, la ligue prend une autre vitesse. Les meilleurs clubs se sont améliorés davantage avec les échanges. De notre côté, nous avons échangé quelques éléments clés. Ça pèse dans la balance en ce moment. Aussi, nous avions été épargnés des blessures en première moitié de saison. Ça vient de nous rattraper. En plus, nous avons eu moins de temps pour nous entraîner en équipe depuis un bout. »

Breton n’est pas dupe. Il sait bien que les Olympiques n’ont pas les effectifs pour jouer dans la dentelle contre les meilleures équipes.

« Pour nous en sortir, il faut revenir à la base et jouer simplement en portant une attention aux détails. La marge est mince entre une avance de 5-3 ou un score égal de 4-4. »