L'entraîneur-chef des Olympiques, Éric Landry

Olympiques: une saison en deux temps

Éric Landry éprouvait une étrange sensation en dressant le bilan de la saison 2019-20 des Olympiques de Gatineau mardi.

La veille, la Ligue canadienne de hockey avait annulé toutes ses séries éliminatoires ainsi que son tournoi de la coupe Memorial en raison de la pandémie du coronavirus.

Soudainement, l’heure était aux bilans pour les 60 équipes de la meilleure ligue de hockey junior au pays. Habituellement, l’exercice se fait graduellement, mais même les meilleures équipes du plateau ont été forcées de fermer boutique prématurément ce printemps.

À sa deuxième saison et demie à la barre des Olympiques, Éric Landry a conduit son club en reconstruction au 16e rang de la LHJMQ avec un dossier de 22-37-5. L’entraîneur-chef gatinois a connu une saison en deux temps. Avant Noël, les Olympiques (7-23-3) ont peiné avec deux interminables séquences de 10 et 12 victoires. Puis, il y a eu un grand ménage au deuxième du club juste avant les Fêtes. Au retour, l’air avait été purifié et les Olympiques ont connu leurs meilleurs moments et ils ont maintenu une fiche positive de 15-14-2.

Installés en 17e position à 10 points d’une place en séries à la pause de Noël, ils ont grugé 14 points à l’équipe de 16e place pour la devancer par quatre points quand la saison s’est terminée.

«Les jeunes vétérans ont mené le club en deuxième moitié de saison. Ça se reflète dans les statistiques», dit-il.

De bons jeunes vétérans

Kieran Craig, 18 ans, a terminé la saison au sommet des compteurs avec 22 buts et 48 points en 64 matches. Métis Roelens, 19 ans, a aussi récolté 48 points. Fait remarquable, Zach Dean a pris le troisième rang des pointeurs du club avec 46 points en 57 matches à seulement 16 ans. Mathieu Bizier (18 ans), Manix Landry (17 ans), Pier-Olivier Roy (17 ans) et Evan MacKinnon (19 ans) ont suivi.

Kieran Craig a terminé la saison au sommet des compteurs chez les Olympiques avec 22 buts et 48 points.

Quand Landry parle des jeunes vétérans qui ont mené le club vers des victoires importantes, il fait allusion à ce groupe de sept joueurs. Ils sont tous admissibles à un retour l’an prochain.

«Ces joueurs ont fait preuve de caractère pour nous ramener dans le portrait des séries. Dix points de retard, c’était immense. Ça ne doit pas être arrivé souvent dans l’histoire de la ligue qu’un club ait été capable de combler un tel écart pour se classer dans les séries. À l’arrière, nous avons Olivier Boutin (16 ans) qui a joué de grosses minutes sur les deux premières paires défensives. Rémi Poirier (18 ans) nous a aidés à gagner bien des matches. Quand Creed Jones est parti, c’est comme s’il avait réalisé qu’il avait l’étoffe d’un gardien numéro un. Il a fait la différence en deuxième moitié de saison.»

Plus de munitions

S’il est déçu de voir la saison des Olympiques prendre fin abruptement pour des raisons incontrôlables, Landry a déjà hâte d’amorcer un prochain chapitre. Depuis son arrivée, le club a toujours géré une décroissance. Ses meilleurs vétérans ont presque toujours été échangés. Landry aura plus de munitions la saison prochaine.

«Nous ne perdons presque pas de joueurs. David Aebischer va nous manquer, mais il a joué 43 matches pour nous cette année. Vincent Martineau (20 matches) et Adam Capannelli (18 matches), nos deux joueurs de 20 ans, nous ont donné du bon hockey, mais ils n’ont pas joué beaucoup pour nous cette saison. Quand nous avons échangé Charles-Antoine Roy, nous avons disputé plusieurs matches sans joueur de 20 ans dans l’alignement. Nos jeunes voulaient faire la différence. Des fois, un peu trop! Nous avons vécu nos meilleurs moments après Noël!»

Éric Landry a pris plaisir à diriger sa bande de joueurs acharnés au retour du congé de Noël. «Nous pouvions faire des jeux à haute vitesse. L’effort était toujours là. Les joueurs ont fait plein de sacrifices et les succès ont suivi.»

Quand l’entraîneur-chef regarde vers 2020-21, il aime ce qu’il voit.

«Nous avons un bon mélange de jeunes joueurs et de joueurs plus expérimentés. Et nous les connaissons tous. Ils ont grandi chez nous. Ça va commencer à devenir intéressant dès l’an prochain!»