Le commissaire de la LHJMQ Gilles Courteau a procédé à une mise en jeu protocolaire avec le capitaine des Olympiques de Gatineau, Alex Breton, et celui des 67’s d’Ottawa, Travis Barron, sur le gazon artificiel de la Place TD mercredi après-midi. Le 17 décembre prochain, cette surface sera recouverte de glace.

Olympiques et 67’s batailleront dehors

Le secret le moins bien gardé en ville a enfin pu être dévoilé mercredi après-midi en plein centre du stade de la Place TD d’Ottawa.

La capitale nationale ne sera pas le théâtre d’un seul match de hockey extérieur entre les Sénateurs d’Ottawa et le Canadien de Montréal le 16 décembre prochain. Il y aura bel et bien deux matches disputés au parc Landsdowne dans le cadre des festivités liées au 150e anniversaire du Canada. Le 17 décembre, dès 15 heures, les 67’s d’Ottawa rencontreront leurs voisins de l’autre côté de la rivière : les Olympiques de Gatineau.

Les nombreux représentants des deux équipes étaient fébriles à l’annonce de la nouvelle mercredi. Le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, l’était tout autant. Depuis des mois, il participait à des négociations avec la LNH afin de pouvoir profiter de ses installations gigantesques après le choc Canadien-Sénateurs. À cinq semaines de l’événement, il commençait à se faire tard pour ficeler les derniers détails de l’entente.

D’ailleurs, le match de la Classique hivernale du 100e anniversaire de la LNH se jouera à guichets fermés devant 30 000 spectateurs. Dans les circonstances, le commissaire Courteau a signalé qu’il serait bien d’attirer la moitié de ces spectateurs pour le match de hockey junior. Le prix des billets, fixé à 15 $ pour l’admission générale ou 20 $ pour un siège réservé, devrait convaincre les familles d’assister à ce duel historique en plein air puisque le match de la LNH, à 250-300 $ l’unité, n’était pas accessible à tous les budgets.

« Depuis le début, nous voulions rejoindre les familles. Un match extérieur dans un stade majeur à 15 $ ou 20 $ avec le transport en commun inclus (OC Transpo et la STO offriront le transport gratuit pour ceux qui auront leurs billets) devrait nous permettre de  rejoindre un public élargi. Un match extérieur amène toujours une magie féérique. Ça vient rappeler aux participants, joueurs comme partisans, leurs premiers coups de patin sur une patinoire extérieure », a dit M. Courteau.

Ce dernier avoue que les négociations ont été longues avec la LNH, mais qu’il y avait plusieurs détails à régler avant de procéder à une annonce officielle.

« Il y avait notamment des craintes en cas d’intempéries. Le match du samedi pourrait être remis au dimanche, mais nous avons une très bonne entente avec la LNH. Nous avons confiance que les deux matches iront de l’avant », a expliqué le commissaire Courteau.

Il a ajouté que ce match intraligue, qui comptera au classement, est le début d’une nouvelle tendance dans la Ligue canadienne de hockey.

« Nous voulons en voir de plus en plus et pas nécessairement dans le cadre de matches extérieurs. »

En vente libre lundi

Dès vendredi, les détenteurs d’abonnements de saison des 67’s, du Fury et du Rouge et Noir d’Ottawa pourront réserver leurs billets avant tout le monde.

À compter de lundi, les billets seront accessibles au grand public. Les partisans des Olympiques peuvent cependant déjà réserver leurs places dès maintenant. Le match sera offert gratuitement aux partisans des Olympiques qui ont des billets de saison.

Ceux qui ont déjà acheté leurs billets pour le match qui devait avoir lieu à l’intérieur de la Place TD seront placés au centre de la glace dans les gradins nord.

« À cinq semaines de l’événement,  ça nous laisse peu de temps pour en faire la promotion, mais le prix est très attrayant et nous voulons atteindre 15 0000 à 20 000 spectateurs », a lancé le vice-président aux ventes de l’OSEG, John Mathers.

Pour le président des Olympiques, Martin Lacasse, ce match est l’occasion idéale d’assister à un spectacle de haut niveau à bas prix.

« Pour 15 à 20 $, les gens pourront assister à un événement majeur avec des installations de la LNH. À ce prix là, nous visons un record d’assistance ! Quelqu’un m’a parlé de 21 000 spectateurs pour un match en plein air à Ottawa. Nous voulons fracasser ce record ! »

LES CAPITAINES RETOMBENT EN ENFANCE

Ses matches à la patinoire du coin, Alex Breton ne les compte plus.

Il en a joué des centaines avec un de ses voisins bien connus. Accompagné de Thomas Chabot, un des meilleurs espoirs des Sénateurs d’Ottawa, il a fait les 400 coups sur la patinoire de son quartier de Ste-Marie-de-Beauce.

« Avant et après le souper, on se rendait à la patinoire au coin de la rue. Il y a eu de gros matches là. Avec beaucoup d’émotions ! Le hockey, on aime ça. On en mange. C’est toujours plaisant de jouer dehors avec des amis, mais le 17 décembre, nous allons jouer un vrai match de ligue contre un club de l’Ontario devant des milliers de spectateurs. Ça va compter au classement. C’est un rêve qui devient réalité », a lancé le capitaine des Olympiques lors de l’annonce officielle du match Ottawa-Gatineau mercredi.

Alex Breton

Quand il était petit, Alex Breton se souvient qu’il jouait jusqu’à ce que les lumières s’éteignent et que les préposés à l’entretien lui disent de rentrer chez lui. Aujourd’hui, il lui arrive encore de patiner à l’extérieur puisqu’il habite chez une famille qui a une petite patinoire extérieure dans le secteur Aylmer.

« Je sors encore avec les enfants. C’est petit, mais nous pouvons jouer à deux contre deux. Je pense que je vais me servir des installations pour me pratiquer un peu ! »

Contre les 67’s, Breton s’attend à un duel sans merci comme ç’a été le cas chaque fois que les deux rivaux se sont rencontrés par le passé. « La dernière fois, c’était pendant un match hors-concours et ça avait brassé pas mal. Ça patinait vite aussi. Je m’attends à beaucoup d’émotions parce que l’enjeu sera grand. C’est deux ligues. Il y a deux points en jeu. On ne jouera pas dans un petit stade devant 2-3000 personnes. C’est un emplacement de la LNH. »

Barron excité

Chez les 67’s, le capitaine Travis Barron n’avait pas à se rendre à la patinoire du quartier pour satisfaire ses envies de jouer au hockey.

« Mon père faisait tout un travail pour nous préparer une belle patinoire dans notre cour arrière. Il y avait des bandes, des lumières et des filets troués à force de tirer dedans ! Le seul reproche que je pourrais lui faire, c’est de ne pas avoir peinturé des lignes sous la glace ! J’essayais de l’aider des fois, mais il prenait un soin jaloux de nous préparer une glace parfaite. Il ne voulait pas de mon aide ! J’ai pelleté souvent par contre, mais le 17 décembre prochain, il y aura des lignes sur la glace et je n’aurai pas besoin de ma pelle ! »

Travis Barron

L’espoir de l’Avalanche du Colorado a beau avoir 19 ans, il ne pourra s’empêcher de retourner en enfance en pensant au match extérieur contre les Olympiques.

« Chez nous, il y avait pas mal de monde pour jouer dans ma cour. On se faisait des tournois. On jouait à roche-papier-ciseaux pour décider des gardiens parce que personne ne voulait mettre les jambières ! Ma mère préparait des chocolats chauds et des collations, mais contre les Olympiques, ça sera bien plus sérieux. Je m’attends à un match rude à 100 %. Les esprits s’échauffent toujours contre eux. Je suis prêt à ça. C’est le genre de partie que j’aime. »

À présent que le match est officiel, la date a été encerclée sur son calendrier. « Ça fait quatre ans que je joue dans cette ligue. J’ai toujours cru qu’Ottawa était l’endroit idéal pour un match extérieur. Je suis très excité à l’idée de faire partie d’un événement grandiose. »