Marco Rossi, un attaquant autrichien des 67’s Ottawa, fait partie de la liste des meilleurs joueurs admissibles au prochain repêchage de la LNH.

Marco Rossi fait tourner les têtes

Le repêchage 2020 de la LNH est réputé pour la qualité de ses joueurs d’impact.

Parmi les surdoués, Alexis Lafrenière, Quinton Byfield, Cole Perfetti et le Gatinois Hendrix Lapierre font déjà les délices des recruteurs, mais un joueur des 67’s d’Ottawa veut aussi s’inviter dans la conversation.

Marco Rossi a beau avoir raté cinq matches en raison d’une suspension, il fait quand même partie des 10 meilleurs compteurs de la Ligue de l’Ontario. L’attaquant autrichien a inscrit au moins un point dans chacun de ses 11 matches cette saison.

Pendant cette séquence, il a déjà amassé 26 points. À sa deuxième saison en Amérique du Nord, il se montre un peu surpris de cette production, mais il n’a ménagé aucun effort pour arriver à ses fins.

Austen Keating est son joueur de centre attitré. Comme tout le monde, il a remarqué les habiletés naturelles de l’attaquant de 18 ans, mais ce que les partisans ne voient pas dans les gradins, c’est le travail quasiment obsessif que s’impose Rossi pour s’améliorer chaque jour.

« J’ai rarement vu un joueur être aussi sérieux pendant une journée de 24 heures. C’est déjà un professionnel sur la glace et à l’extérieur de la glace. Son seul objectif, c’est d’être meilleur chaque jour. »

Jeune homme déterminé, Rossi dit avoir été inspiré par les professionnels de son club en Suisse. « J’avais 15 ans et je côtoyais des pros chaque jour. J’ai appris à penser comme un pro très tôt. J’ai vu comment ça se passait et je l’applique ici chaque jour », raconte celui qui avait amassé 65 points en 53 matches à son année recrue avec les 67’s.

Joseph Garreffa complète le trio de Rossi depuis que les 67’s sont allés le chercher chez les Rangers de Kitchener il y a six matches (10 points). Comme Keating, il a 20 ans et il en a vu d’autres à sa cinquième saison dans la Ligue de l’Ontario.

« L’atout principal de Marco, c’est son jeu défensif. Les partisans ne portent pas souvent attention au jeu défensif. Ils sont plus portés à surveiller l’offensive, mais même s’il n’a que 18 ans, il est le joueur le plus complet avec qui j’ai joué », a dit celui qui a déjà été coéquipier de Logan Brown à Kitchener.

Pour Garreffa, Rossi doit être considéré comme le meilleur attaquant défensif du prochain repêchage de la LNH.

« C’est vraiment ce qui le démarque des autres. Même dans les entraînements, il prend un soin jaloux de peaufiner son jeu défensif et de gagner ses batailles à un contre un. Il n’arrête pas de dire qu’un bon jeu défensif va t’apporter une bonne possession de rondelle et se traduire par des points. »

Posé et réfléchi, Rossi admet que sa séquence active de 11 matches avec au moins un point commence à lui trotter dans la tête, mais il ajoute qu’elle est loin d’être sa priorité. « Mon but principal, c’est de gagner des matches. En jouant bien défensivement, nous allons récupérer des rondelles. Nous allons ensuite passer plus de temps en zone offensive et nous allons marquer des buts. »

Contrairement aux autres gros noms du repêchage 2020, le jeu de Rossi n’est pas le plus flamboyant, mais tout ce qu’il fait, il le fait bien selon Keating. « Il me fait penser à Barrett Hayton [qui joue avec les Coyotes de l’Arizona à 19 ans]. C’est le joueur qui se fait confier toutes les grosses tâches. Et la plupart du temps, il les exécute avec succès, qu’elles soient offensives ou défensives. Il est souvent à l’origine du jeu qui va faire la différence dans un match. »

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Bélanger à la rescousse

Les canons offensifs ne manquent pas aux 67’s d’Ottawa en ce début de saison dans la LHO.

Les troupiers d’André Tourigny ont marqué en moyenne 4,25 buts par match. Ce qui manque à l’entraîneur-chef, ce sont des effectifs complets en attaque.

Meilleur franc-tireur du club, Graeme Clarke est blessé à long terme. Cameron Tolnai, premier choix du club en 2018, a raté les quatre derniers matches. Dylan Robinson est aussi blessé et Jack Beck participe au Défi mondial des moins de 17 ans.

Par mesure d’urgence, le défenseur de 17 ans Alec Bélanger a été muté à l’attaque pendant le dernier voyage de trois matches en trois jours des 67’s. Les résultats ont été assez concluants.

Il a récolté six points en trois matches en évoluant à la droite de Mitchell Hoelscher et de Jack Quinn dans un deuxième trio.

« Je suis un défenseur avant tout. C’est à cette position que je voudrais être repêché dans la LNH, mais pour être honnête, j’ai partagé mon temps entre l’attaque et la défense pendant tout mon hockey mineur jusqu’au niveau midget. Je suis à l’aise comme attaquant », a dit celui qui a subitement haussé sa production à neuf points en 16 matches depuis sa mutation.

Les 67’s sont chanceux dans leur malchance. Ils avaient gardé le minimum de 12 attaquants pour entreprendre la saison, mais ils avaient un surplus de défenseurs. La brigade défensive était composée de neuf membres, mais Hudson Wilson (20 ans) a été échangé il y a deux semaines. Pour les 67’s, il semblait évident que Bélanger était l’homme de la situation pour venir à la rescousse d’une attaque dégarnie.

« Le courant passe très bien avec les entraîneurs. Ils sont venus me demander si je pouvais les aider. J’ai dit oui. Je suis à Ottawa pour jouer au hockey. Je veux gagner pour les 67’s. Je déteste perdre. S’il faut me déplacer à l’attaque pour aider, je vais le faire. Nous avons gagné nos trois matches du dernier week-end. La chimie s’est installée sur notre trio. Je suis content », a expliqué Bélanger.

Choix de deuxième ronde en 2018, Bélanger traînait déjà la réputation d’un défenseur à caractère offensif. À 15 ans, il avait amassé 16 buts et 46 points en 34 matches avec les Colts de Barrie midget AAA.

« Sur papier, je suis un défenseur, mais j’ai toujours travaillé mes habiletés offensives quand j’étais jeune. J’adore me porter
à l’attaque. »

Même s’il a aimé son expérience le week-end dernier, Bélanger s’attend à retourner à sa position naturelle au moment opportun.

« Je ne sais pas combien de temps ils auront besoin de moi à l’attaque. Ça prendra le temps qu’il faudra. J’aimerais mieux retourner à la défensive éventuellement, mais il faudra voir ce qui sera le mieux pour aider l’équipe. S’il faut que je reste en attaque, je vais le faire. Au moins, j’ai conservé mon poste comme défenseur pendant les avantages numériques. »

À court terme, son nom risque d’apparaître plus souvent dans les sommaires de matches.