L’entraîneur-chef, Éric Landry, le président, Martin Lacasse, et le directeur des opérations hockey, Alain Sear, ont fait le bilan de la dernière saison des Olympiques et ont levé le voile sur l’avenir de l’organisation.

«Les ventes de feu sont derrière nous»

Pour la première fois de leur histoire, les Olympiques ont été éliminés au premier tour des séries de la LHJMQ dans un troisième printemps consécutif, mais le directeur des opérations hockey Alain Sear avait une bonne nouvelle à livrer dans son bilan de fin de saison mardi avant-midi.

« Les ventes de feu sont derrière nous. Ça ne veut pas dire que des actifs ne bougeront pas, mais ça veut définitivement dire que la troisième phase est entamée. Celle-ci est une phase de construction et non pas une de reconstruction », a-t-il lancé dans une conférence de presse au centre Robert-Guertin où il était accompagné de l’entraîneur-chef Éric Landry et du président Martin Lacasse.

Depuis deux ans, l’organisation a souffert sur la glace dans cette phase de reconstruction « obligée ». Les partisans ont aussi souffert alors que le chiffre des assistances a plongé à un niveau jamais atteint.

« Depuis que j’ai pris la direction des opérations hockey il y a deux ans, j’ai été très transparent avec l’actionnariat, notre personnel d’entraîneurs et les partisans. Nous avions deux ans de misère à traverser. Je dirais que cette année a été la pire que j’ai vécue personnellement depuis mon arrivée avec l’équipe il y a 15 ans », a ajouté Sear.

Les poches pleines de choix au repêchage, il sait qu’une partie des succès de son équipe repose maintenant sur ses épaules.

« Je pense que maintenant, mon travail devient ultra important. Je devrai greffer à cette équipe de bons jeunes joueurs capables de nous aider pas seulement à court terme. Le moyen et le long terme seront la clé. Plus jamais, les Olympiques vont retourner aussi creux et sans choix au repêchage. Ça n’arrivera pas tant que je serai ici. Je vais gérer ces actifs comme je gère ma vie personnelle et mon portfolio. Les ventes de feu sont terminées. Le fun commence ! »

Valeurs sûres

Les Olympiques peuvent enfin regarder vers l’avant. Ils misent déjà sur des valeurs sûres chez leurs jeunes joueurs. Mardi, Sear et Éric Landry ont souvent parlé du gardien Rémi Poirier ainsi que des attaquants Mathieu Bizier, Pier-Olivier Roy et Manix Landry, qui ont obtenu des responsabilités accrues à partir du mois de janvier.

Sear a ajouté que sa « charte de profondeur » s’échelonnait même sur une échelle de cinq ans au lieu de trois.

« Quand nous aurons trop de talent à l’attaque, nous allons faire des transactions pour améliorer la défensive et vice-versa. »

Le directeur des opérations hockey a aussi jeté un regard très sévère et critique envers son organisation quand est venu le temps de parler de sa brigade défensive.

« Depuis deux ans, nous avons dû poser des gestes au camp d’entraînement pour combler des besoins ou des lacunes évidentes. Les Olympiques, malheureusement, nous avons été ultra pourri pour repêcher des défenseurs. Ce n’est pas de la faute de nos dépisteurs. Ce n’est pas la faute de personne, mais c’est un élément qui doit être corrigé une fois pour toutes. Nos recruteurs ont fait un travail phénoménal l’an dernier. »

Il a ensuite fait référence au repêchage de 2017 où seul Rémi Poirier semble voué à un bel avenir avec les Olympiques ainsi qu’à la séance de 2016 où seul Métis Roelens a pu faire sa place avec le club. Lors de ces deux années, les Olympiques ont toutefois très peu repêché parce qu’ils étaient dépourvus de choix.

Les « 20 ans »

Pour entourer une autre édition très jeune en 2019-20, les Olympiques comptent aligner trois joueurs de 20 ans au lieu de deux comme ce fut le cas cette année.

Charles-Antoine Roy, Darien Kielb et William Basque sont les trois candidats à l’intérieur de l’organisation.

« Nous sommes très satisfaits de ces trois joueurs potentiels de 20 ans. Nous avons vu l’importance de Basque dans les séries pour ce groupe-là. Il n’est pas écarté de l’équation. Nous sommes dans une bonne position. Nous avons des actifs à dépenser. Nous allons écouter. Si nous pouvons combler des besoins spécifiques, nous allons le faire », a conclu Sear.

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Le dilemme des joueurs européens

Le dossier des joueurs européens va représenter une patate chaude entre les mains des Olympiques au cours des prochains mois.

La direction du club sera confrontée à un dilemme qui exigera une profonde réflexion. Dans leur bilan de fin de saison, les Olympiques ont indiqué qu’ils voudraient ramener Iaroslav Likhachev et David Aebischer à Gatineau la saison prochaine, mais ils tiennent aussi à utiliser leur 12e sélection du repêchage européen. Il s’agit d’une position idéale pour mettre la main sur un joueur qui peut avoir un impact comme Vitalii Abramov et Yakov Trenin ont pu le faire dans les années récentes.

Le problème, c’est qu’ils devront écarter un des trois scénarios. Chaque équipe de la Ligue canadienne a le droit d’aligner un maximum de deux joueurs européens. À écouter le directeur des opérations hockey Alain Sear, le club n’est pas encore branché sur sa stratégie.

« Toutes les options sont sur la table. Il ne faut pas oublier que nous avons le 12e choix au Canada. Ça aussi, c’est important pour l’organisation et notre progression. »

Sear a noté l’épanouissement d’Aebischer depuis son retour du championnat mondial junior. Et même si les statistiques de Iaroslav Likhachev n’ont pas répondu aux attentes (12 buts et 24 points en 57 matches), il a confiance en son éclosion la saison prochaine.

« Iaroslav a connu un lent départ. C’est un petit garçon qui a besoin de temps. Il est né en septembre, c’est un late. Il a besoin de force physique et d’expérience. Il a un talent exceptionnel. Il va faire des points dans cette ligue. Nous le comparons à Ivan Chekhovich à Baie-Comeau, qui a connu un lent départ [et qui a récolté 105 points cette année à sa troisième saison dans la ligue]. Iaro a encore besoin d’adaptation, mais je suis convaincu qu’il sera repêché dans la LNH. »

Sur Aebischer, qui était devenu le défenseur numéro un du club à la fin des séries en raison des blessures à Gabriel Bilodeau et Darien Kielb, Sear a dit avoir été impressionné par sa dernière rencontre avec lui.

« David est un perfectionniste. Il veut être un pro. Il a tous les atouts que nous recherchons chez les Olympiques. Nous avons appris à l’aimer. Notre vœu, c’est de garder notre groupe le plus intact possible. Nous aurons une décision difficile à prendre. Nous adorons nos Euros. Ça se peut que les deux reviennent. Ça se peut qu’ils ne reviennent pas du tout. Tous les scénarios seront étudiés. »

L’entraîneur-chef Éric Landry aussi aimerait bien voir ce que Likhachev pourrait lui donner avec une année d’expérience.
« Physiquement, il est encore jeune. L’année prochaine, il n’aura plus de surprise. Son niveau de compétitivité sera plus élevé. Il a fait tellement de jeux individuels qui se sont presque terminés avec des buts. L’année prochaine, ces chances vont finir par rentrer. Je pense que nous avions le plus jeune trio d’attaquant sur l’avantage numérique cette année avec lui et Pier-Olivier Roy et Manix [Landry], mais ils n’avaient rien à envier à personne dans la ligue dans leurs fabrications de jeux. »

Qui reviendra ? Bien malin celui qui pourra le prédire maintenant.