François Beaudry se prépare au pire avec une saison à huis clos dans la LHJMQ, mais il espère que l’évolution de la pandémie va se stabiliser au point de permettre le retour des graduels des partisans au centre Robert-Guertin.
François Beaudry se prépare au pire avec une saison à huis clos dans la LHJMQ, mais il espère que l’évolution de la pandémie va se stabiliser au point de permettre le retour des graduels des partisans au centre Robert-Guertin.

Les Olympiques prêts à jouer à huis clos

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Financièrement, la prochaine saison s’annonce ardue pour les 18 marchés de la LHJMQ qui viennent de recevoir l’aval des gouvernements pour se lancer dans une saison de 60 matches sans spectateurs au Québec et avec une limite de spectateurs dans les Maritimes.

Les Olympiques de Gatineau ont appuyé le plan de relance proposé par les membres de la LHJMQ vendredi dernier. Une subvention gouvernementale va permettre d’éponger une partie des pertes. Les jeunes hockeyeurs pourront poursuivre leur développement sur la patinoire, mais l’envers de la médaille, c’est que les partisans devront suivre leurs joueurs ou leurs équipes préférées à distance.

Un beau casse-tête attend donc les Olympiques, eux qui souhaitaient profiter de leur dernière saison officielle au centre Robert-Guertin pour célébrer leurs plus grands artisans. Les loges avaient toutes été louées pour les trois prochaines saisons. Les abonnements saisonniers étaient en forte hausse pour la saison 2020-21, mais soudainement, le club se retrouve avec aucun siège à vendre.

«C’est la partie la plus difficile de la prochaine saison, a avoué le président du conseil d’administration des Olympiques, François Beaudry. Nous étions sur une belle lancée. Nous vendions de plus en plus d’abonnements saisonniers. Il y avait un engouement évident autour de la relance de notre club. Les partisans sont demeurés positifs pendant toute la pandémie en nous donnant leur appui. C’est tout en leur honneur. Malheureusement, nous allons devoir les contacter au cours de prochaines semaines pour leur offrir différentes options.»

Ces options vont aller d’un remboursement complet sur les dépôts effectués pour la prochaine saison à un crédit applicable sur la reprise des activités avec spectateurs ou à un crédit pour la saison 2021-22. Dans son for intérieur, François Beaudry espère un retour graduel des spectateurs dans les amphithéâtres de la ligue et c’est pour cela qu’il préférerait réintégrer le centre Robert-Guertin le plus rapidement possible.

«Nous sommes prêts à jouer à huis clos, mais nous ne savons pas ce que l’avenir nous réserve. Y aura-t-il une deuxième vague? Allons-nous stabiliser la situation? Si le gouvernement autorise une reprise à 40 % ou 50 % de notre capacité d’accueil, ça va faire toute une différence entre les 1000 places à Baribeau (400-500 spectateurs) et les 4000 places à Guertin (1600-2000 spectateurs). C’est un vénérable bâtiment avec une riche histoire pour le hockey junior. Nous voulons souligner cette histoire en grand.»

Les matches à huis clos rendent le déplacement des itinérants à l’intérieur du «Vieux Bob» moins pressant, mais d’un autre côté, le déménagement temporaire de l’équipe, probablement à l’aréna Baribeau, va occasionner des défis d’ordre logistique.

«À Guertin, nous avons tout ce qu’il faut pour notre équipe: des bureaux administratifs, une infirmerie, une chambre de hockey de calibre junior majeur, une buanderie, un gymnase. Tout ça devra être construit ailleurs. On espère revenir à Guertin le plus vite possible pour être dans nos affaires en espérant que nos partisans pourront venir assister à des matches plus tard dans la saison», a ajouté François Beaudry.

Réduction du budget

L’absence de partisans dans les gradins aura aussi des effets sur le budget des opérations du club, normalement situé autour de 2,5 millions $ par saison. Bien sûr, il y aura des économies à faire parce que les Olympiques joueront seulement contre des clubs de leur division. Il n’y aura pas de longs voyages dans les Maritimes cette année, mais le club devra se montrer créatif pour aller chercher des sources de revenus.

Les matches seront webdiffusés avec un nouveau partenaire: Verizon. Les publicités sur les rampes et la patinoire demeurent pertinentes. Le club compte aussi diffuser tous ses matches en association avec une station radiophonique.

«On s’en va vers l’inconnu. Des clubs vont innover. Il faudra rassembler les meilleures idées et réagir en faisant du mieux qu’on peut. Pendant deux mois, nous serons la seule option de hockey au Canada. Il faudra trouver une façon de se démarquer pendant cette période.»