L’attaquant des Olympiques de Gatineau, Kieran Craig, célèbre après avoir marqué un but lors d’un match de saison régulière contre l’Océanic de Rimouski en février dernier.
L’attaquant des Olympiques de Gatineau, Kieran Craig, célèbre après avoir marqué un but lors d’un match de saison régulière contre l’Océanic de Rimouski en février dernier.

Les Olympiques en bonne posture

Le commissaire de la LHJMQ est inquiet. Le virus de la COVID-19 risque de changer la configuration de sa ligue à court et moyen terme.

Dans un scénario prudent étudié par sa ligue, Gilles Courteau avance que le début de la prochaine saison pourrait être repoussé au mois de janvier 2021.

Malgré cette possibilité, le commissaire a la ferme conviction que ses 18 équipes seront encore en vie dans une version écourtée de la saison 2020-21. Or, il ne peut pas se montrer aussi optimiste pour la saison 2021-22. Certaines équipes de la LHJMQ évoluent dans de petits marchés avec des situations financières précaires. Cette pause indéterminée et incontrôlable pourrait être fatale pour certaines franchises.

Ce n’est pas le cas à Gatineau. Les Olympiques s’apprêtent à déménager dans un amphithéâtre flambant neuf au début de la saison 2021-22. François Beaudry, actionnaire et président du conseil d’administration, tient à rassurer tous les partisans. Les Olympiques sont en bonne posture pour la reprise des activités.


« Avouons-le. Personne ne pensait vraiment franchir le premier tour des séries. Nos pertes pour la dernière saison sont donc limitées. »
François Beaudry

« En Outaouais, nous sommes situés dans un gros marché. Nous sommes huit actionnaires. Nous serons bientôt neuf et même 10. À court terme, c’est plus facile pour éponger des pertes financières et franchement, ça fait déjà longtemps que nous vivons au Vieux Bob. On s’entend que ce n’est pas le Klondike. Nous sommes prêts à vivre une autre année sans encaisser de profits. De toute manière, aucun de nos propriétaires ne s’est impliqué dans le hockey pour faire de l’argent. Nous avons choisi d’investir à long terme. »

Pour François Beaudry, les petits marchés avec des propriétaires uniques vont encaisser un plus grand coup durant cette pause forcée dans le domaine du sport. Il se montre également sensible envers les clubs qui aspiraient à la coupe du Président ce printemps et qui ont perdu des revenus importants.

« De notre côté, nous avons perdu deux matches locaux de saison régulière et probablement deux autres matches des séries contre Sherbrooke, l’équipe numéro un de la ligue. Ces matches auraient été présentés en début de semaine. Avouons-le. Personne ne pensait vraiment franchir le premier tour des séries. Nos pertes pour la dernière saison sont donc limitées. S’il fallait qu’un malheur frappe, pour nous, en fin de saison comme ça, c’était probablement le moment le moins incommodant. »

Comme tout le monde, François Beaudry aimerait bien voir son équipe amorcer la prochaine saison en septembre, mais le gouvernement du Québec a interdit les rassemblements sportifs et culturels de plus de 250 personnes jusqu’au 31 août. Il s’attend donc à ce que le début de la prochaine saison soit repoussé. De toute manière, pour les Olympiques, le mois le plus important sera celui du mois de septembre 2021.

À ce moment, l’équipe fera sa rentrée dans son nouvel amphithéâtre de 4000 sièges et de 40 loges. « C’est là que les revenus vont commencer à revenir. En septembre 2021, il devrait aussi y avoir un vaccin efficace pour contrer le coronavirus. Il faudra voir si les gens auront retrouvé la confiance de se promener en public, mais je suis convaincu que nos assistances seront meilleures que dans notre amphithéâtre actuel. Les revenus publicitaires aussi. Notre club sera un an plus vieux et arrivera près de sa maturité. Les gens vont avoir le goût de venir voir cette équipe. J’espère qu’ils auront repris leurs habitudes de vie normale d’ici ce temps. »

Les Olympiques feront leur entrée dans leur nouvel amphithéâtre de 4000 sièges en septembre 2021.

En attendant, pour minimiser les pertes de revenus pendant la pandémie, les Olympiques vont revoir leur modèle d’affaires.

« Il y a des chances que nos revenus soient presque nuls pour le reste de l’année 2020. Nos employés contractuels et/ou saisonniers vont souffrir à court terme parce que nous avons quand même des dépenses. Quand l’action reprendra, la ligue tentera de diminuer nos coûts avec moins de longs voyages et plus de programme double dans des régions éloignées, mais d’ici là, nous devons agir prudemment afin de protéger nos employés permanents et nos joueurs. »

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LE NOUVEAU COACH A DÉJÀ SA VOITURE

Daniel Brunet peut vendre n’importe quoi. Les Olympiques ont flairé la bonne affaire en le ramenant au sein de l’organisation après six années d’absence.

Il avait été directeur du marketing de 1998 à 2014. Pendant son règne, les Olympiques ont connu leurs plus belles années aux guichets avec une pointe de 1300 abonnements de saison. Sous sa direction, les Olympiques ont quadruplé leurs contrats de commandites.

De retour avec l’équipe, il sera confronté à un important défi. Les petites et moyennes entreprises de la région sont presque toutes touchées par la crise du coronavirus. Leurs revenus sont en chute libre. Pourront-elles encore soutenir l’équipe au moment où des compressions budgétaires semblent inévitables ?

Daniel Brunet demeure optimiste. Son premier réflexe a été de répondre avec un exemple concret.

« Nous avons un nouveau coach. Il fallait lui trouver une voiture. J’ai fait un seul appel. Aujourd’hui, Louis Robitaille sait déjà qu’il va se promener avec une voiture neuve avec le logo des Olympiques. »


« Chez les Olympiques, nous n’avions pas ressenti les effets du krach boursier. Maintenant, c’est autre chose. »
Daniel Brunet

Devenu conseiller en vente de marketing pour épauler Geneviève Lalonde chez les Olympiques, il ne se met quand même pas la tête dans le sable. Il sait que son travail risque d’être plus ardu que jamais.

« Les gens d’affaires sont très sollicités. J’anticipe une baisse des commandites, mais je pense que nous allons pouvoir retenir 80 % de nos partenaires actuels. Il faudra être créatif pour aller chercher l’autre 20 %, mais nous sommes chanceux chez les Olympiques. Nous avons de loyaux partenaires et ceux qui sont en bonne santé financière vont rester avec nous. Nous allons cibler les entreprises qui n’ont pas été trop affectées par la pandémie. Nous avons déjà un partenariat avec IGA. C’est un service essentiel en forte demande. »

Daniel Brunet n’en est pas à sa première crise. Quand les marchés financiers se sont effondrés en 2008, il avait prévu le pire. Il avait été étonné.

« Chez les Olympiques, nous n’avions pas ressenti les effets du krach boursier. Maintenant, c’est autre chose. Nous pourrions devoir attendre à janvier 2021 pour commencer notre saison. C’est clair que nos commanditaires auraient droit à des rabais au prorata. Ça va être la même chose pour nos détenteurs d’abonnements de saison. »

La rentrée dans le nouvel amphithéâtre en septembre 2021 représente un autre argument de vente pour les Olympiques, qui tentent de jumeler des forfaits pour la dernière saison à Guertin avec la première année dans le nouvel édifice.

« Nous avions déjà reçu des appels de nouveaux commanditaires en prévision du déménagement. L’engouement commençait aussi à se faire sentir pour notre équipe sur la glace. L’an dernier, nous avions environ 300 abonnements de saison. C’est déjà clair que nous allions en avoir plus la saison prochaine. Nous allons viser le chiffre de 1000 avant d’entrer dans le nouvel aréna. Il va rester à voir les recommandations de la Santé publique, mais si nous avons le feu vert pour tenir des événements sportifs de masse, je suis convaincu que nous aurons une bonne hausse de nos assistances. »