À sa quatrième saison dans la LHJMQ, Jeffrey Durocher remarque qu’il vit une adolescence différente des autres. Non seulement doit-il rester discipliné pour être performant sur la glace, mais il sait que son comportement à l’extérieur de la patinoire peut se retrouver sur les réseaux sociaux à tout moment.

Les médias sociaux incitent les joueurs des Olympiques à la prudence

La « saga Uber » où sept joueurs des Sénateurs d’Ottawa déblatèrent sur un entraîneur et l’inefficacité de leur désavantage numérique a fait le tour de la communauté du hockey d’Ottawa-Gatineau.

Évidemment, c’était le sujet de discussion dans le vestiaire des Olympiques au centre Robert-Guertin mardi matin. La vidéo captée à l’insu des joueurs des Sénateurs est venue rappeler à quel point les réseaux sociaux ont changé la donne dans le code de conduite des sportifs d’aujourd’hui.

« Peu importe où tu vas aujourd’hui, il faut toujours faire attention à ce que tu dis. C’est rendu au point où tu dois surveiller ce que tu dis quand tu prends un taxi... Il y a probablement quelqu’un qui a voulu se faire un nom en publiant cette vidéo-là. C’est plate à voir, mais c’est la vie. Il y aura toujours des joueurs qui vont parler dans le dos des entraîneurs et le contraire est aussi vrai », a raconté le capitaine des Olympiques, Jeffrey Durocher.

Seul joueur repêché par une équipe de la LNH, Shawn Boudrias a suivi un cours avec le Wild du Minnesota en ce qui a trait à l’utilisation des réseaux sociaux, mais il se demandait bien pourquoi cette vidéo avait été diffusée.

« C’est bizarre. Pourquoi le chauffeur a-t-il décidé de diffuser cette vidéo ? La discussion que les joueurs des Sénateurs ont tenue entre boys, tout le monde fait ça dans toutes les équipes. Je suis certain qu’entre eux, les coachs ne nous ménagent pas non plus. Par contre, personne n’a intérêt à ce que ces discussions privées sortent au grand public. Dans la vidéo, les gars semblaient avoir du plaisir à se parler de leurs déboires. On ne connaît pas le contexte. C’est juste plate que cette conversation privée ait été filmée », ajoute le meilleur compteur des Olympiques.

Big Brother surveille

L’effet « Big Brother », Jeffrey Durocher le sent dans sa vie de tous les jours. Joueur de hockey de la vieille école, il aurait aimé passer par la LHJMQ 15 ans plus tôt alors que les réseaux sociaux ne faisaient pas encore partie de la culture populaire.

« Maintenant, même pendant les vacances d’été, il faut être aux aguets. Quand tu prends un verre quelque part, tu peux être filmé. Comme joueur de la LHJMQ, tu n’as pas une adolescence normale. Tu représentes l’image de toute une organisation. Quand mes chums viennent me visiter à Gatineau, je leur demande de faire attention. Eux, ce qui compte, ce sont les études. Leur récompense, ils vont la chercher sous forme d’un party. Notre récompense à nous, c’est de jouer au hockey et de compter des buts. Nous avons peu de temps pour les sorties, mais quand nous avons la chance de nous retrouver entre boys, il faut toujours faire attention, car il y a des gens qui nous observent. »

Boudrias et Durocher n’ont jamais reçu de directives de la part de la LHJMQ sur l’utilisation des réseaux sociaux. Pourtant, ils doivent vivre avec des attaques occasionnelles de partisans mécontents de leur rendement.

« Certains partisans aiment nous rincer sur Twitter quand ça va mal, lance Boudrias. Ils peuvent bien dire ce qu’ils veulent. Moi, ça me fait rire. Je ne prends pas ça à cœur. Le hockey n’est pas toujours facile pour les jeunes joueurs en développement et les attaques peuvent les affecter. Quand un jeune se fait dire qu’il est pourri, il va peut-être commencer à penser que c’est vrai. Ça va miner sa confiance. Dans mon cas, je fais mon possible pour ne pas en tenir compte. Les seules opinions qui comptent sont celles de mes entraîneurs, mon club de la LNH, les recruteurs et mon agent. »

Jeffrey Durocher, lui, n’est pas un grand adepte des réseaux sociaux et c’est mieux ainsi.

« Je dois garder le contrôle de mes émotions. Les réseaux sociaux font partie de la game aujourd’hui. On ne peut pas répondre aux attaques des partisans. L’image de l’équipe embarque là-dedans, mais c’est sûr que c’est plate un peu quand tu te fais dire que tu ne fais pas la job. »

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UNE PÉRIODE DIFFICILE QUI ACHÈVE

L’enthousiasme du début de saison a disparu chez les partisans des Olympiques de Gatineau. Devant l’absence de victoires, ils ont choisi de déserter les gradins du centre Robert-Guertin depuis une demi-douzaine de matches.

Les protégés d’Éric Landry n’ont qu’un gain en 11 matches au « Vieux Bob » jusqu’ici. Du jamais vu. Pourtant, c’était si bien parti avec cinq victoires en sept matches pour débuter la saison 2017-18. Le manque d’entraînement aura été ce qui a manqué le plus aux Olympiques au cours du dernier mois.

À Rimouski, en fin de semaine prochaine, les Gatinois vont terminer une séquence de 18 matches en 39 jours où ils se seront promenés dans les Maritimes, sur la Côte-Nord et dans le Bas-St-Laurent.

« C’est pas compliqué. En octobre, nous n’avons eu que cinq véritables séances d’entraînement », lance l’entraîneur-chef Éric Landry, qui préparait son club à accueillir les Sea Dogs de Saint-Jean mercredi soir au centre Guertin.

Devant ces circonstances, Landry est convaincu qu’il n’arrive pas à soutirer le meilleur de ses joueurs.

« Plus on joue, plus on voyage, plus on perd des forces. On n’arrive pas à gagner de l’énergie. On manque de vitesse pour arriver en premier sur la rondelle. Notre conditionnement physique n’est pas à son mieux. Il faut donner du temps de récupération aux joueurs. La bonne nouvelle, c’est que ce calendrier difficile achève. On devrait être bons d’ici à Noël après notre voyage à Rimouski. »

Sentant que le citron a été pressé au maximum, Landry remarque que son club perd des batailles qu’il avait l’habitude de gagner quand il se rendait au front avec de forces fraîches. « On manque d’exécution. Ceux qui arrivent à s’en tirer pas trop mal, ce sont nos gros joueurs. Ceux qui sont plus forts, plus expérimentés ou encore un peu plus rapides sur patin ont plus de succès. C’est peut-être pour ça qu’un gars comme Charles-Antoine Roy a marqué à ses trois derniers matches. »

Pour le capitaine Jeffrey Durocher, il est clair que les partisans n’ont pas encore vu les Olympiques à leur mieux à Guertin.

« J’ai mis mon cadran pour venir à l’entraînement ce matin (mardi). Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai fait ça. Nous avons besoin d’entraînements pour apporter des correctifs. »

Shawn Boudrias a aussi avoué que le club tirait la langue à cause de l’horaire chargé. « Nous avons plusieurs jeunes qui n’ont pas l’habitude de jouer un calendrier de 68 matches. C’est sûr que certains sont fatigués plus que d’autres. »

Retour de Trépanier et un nouvel Ontarien

Les Olympiques devraient recevoir un coup de pouce contre les Sea Dogs mercredi alors que le vétéran Maxim Trépanier pourrait réintégrer l’alignement. Auteur de huit buts et 15 points en 15 matches, il a raté les cinq derniers duels. 

Un nouvel attaquant ontarien de 17 ans va aussi se joindre aux Olympiques prochainement alors qu’ils ont réclamé Connor LePage au ballottage de la Ligue de l’Ontario. Repêché en cinquième ronde par les Colts de Barrie en 2017, il n’a joué qu’un match avant de rentrer chez lui, insatisfait du temps de glace qui lui était accordé.