Matthew Grouchy pourchasse Samuel Régis des Huskies dans une première période où les Olympiques avaient le vent dans les voiles.

Les Huskies gâchent la fête à Gatineau

Pendant un moment, dans la première période, on se serait cru entre 1994 et 1997 lors des bonnes années de Martin Ménard.

Sans doute inspirés par la présence d’une légende au centre Robert-Guertin vendredi soir, les Olympiques menaient déjà 3-0 après 14 minutes de jeu contre les Huskies de Rouyn-Noranda, mais l’effet Ménard s’est essoufflé graduellement et les visiteurs ont finalement marqué les cinq buts suivants pour casser le party en infligeant un revers de 5-3 aux Gatinois.

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Devant une assistance symbolique de 2525 spectateurs pour la soirée du #25 — les billets écoulés n’ont pas tous trouvé preneurs — Kieran Craig a suivi le scénario écrit d’avance en ouvrant le pointage. Joueur invité au camp des Olympiques comme Martin Ménard, Craig n’a jamais été repêché au hockey junior majeur.

Puis, comme un premier choix digne de Sébastien Bordeleau, Zach Dean a ajouté à l’avance des Gatiois en faisant dévier un tir d’Olivier Boutin. Ce n’était pas fini. William Dagenais, un joueur local comme Martin Ménard, a ajouté au coussin en marquant son deuxième but de la saison en saisissant un retour devant la cage de Zachary Émond.

À l’époque où le # 25 était avec les Olympiques, le match était dans le sac avec une avance de 3-0, mais pas en 2019.

Le match a basculé dans la minute suivante. Dans une descente à deux contre un, Jérémy Rainville a raté une cage béante qui aurait procuré une avance de 4-0 aux locaux. Dans la contre-attaque, les Olympiques ont été pris en surnombre et David Aebischer a été obligé de commettre une infraction.

La soirée magique venait de prendre fin. Justin Bergeron a replacé les Huskies dans le match en marquant en avantage numérique, puis Alex Beaucage a vraiment relancé le duel en comptant sur un autre jeu de puissance en début de deuxième période. Tyler Hinam et Beaucage à nouveau, ont poursuivi la remontée des Huskies (13-9-3) dans le deuxième vingt, puis Ryan MacLellan a confirmé la victoire des siens avec le seul but de la troisième période contre Rémi Poirier.

L’entraîneur-chef Éric Landry a reconnu l’importance de l’occasion ratée pour faire 4-0 dans le premier tiers, mais il y avait beaucoup plus pour expliquer cette autre remontée de l’équipe adverse aux dépens de la sienne.

« Nous aurions pu prendre le contrôle du match. Ça aurait été 4-0 après ça, mais c’est plus que ça. En première période, nous avons gardé les jeux simples. Nous avons utilisé les bandes pour faire nos jeux et travailler derrière leurs défenseurs. En deuxième période, c’est certain que Rouyn a fait des ajustements, mais nos joueurs n’ont pas exécuté les jeux de la même façon qu’en première période et tout a changé. »

À partir de la deuxième période, les Olympiques (7-14-3) ne gagnaient plus leurs mises en jeu. Ils devaient courir pour obtenir la rondelle, mais comme ils ne gagnaient pas leurs batailles à un contre un, ils ne l’ont pas eu souvent.

« Tous les bonds fonctionnaient pour nous en première période. Après, nous avons eu de la difficulté à récupérer les rondelles », a ajouté Landry, dont la troupe pourra au moins se reprendre dès samedi soir en recevant les Foreurs de Val-d’Or.

L'ancien des Olympiques, Martin Ménard a été honoré avant le match.

MARTIN MÉNARD S'INSTALLE PARMI LES LÉGENDES DES OLYMPIQUES

Le numéro 25 a été important dans l’histoire des Olympiques de Hull/Gatineau.

Vendredi soir, il a été retiré pour la deuxième fois au centre Robert-Guertin. Après Maxime Talbot qui a gagné deux coupes du Président avec ce numéro entre les années 2000 et 2004, c’est Martin Ménard qui est allé rejoindre le club des immortels. Le Hullois maintenant âgé de 43 ans avait gagné deux coupes du Président avec le #25 en 1995 et 1997. La deuxième fois, il a ajouté la cerise sur le gâteau en y ajoutant la coupe Memorial.

Maxime Talbot a d’ailleurs été le premier à s’adresser à Ménard à l’écran vidéo.

« Ce soir, c’est ton numéro 25 qui est retiré. Je sais à quel point tu as marqué l’histoire des Olympiques et de la LHJMQ. C’est un honneur pour moi de t’avoir à mes côtés. Félicitions pour ta belle carrière. »

Claude Julien, entraîneur à Hull pendant les trois saisons de Ménard, avait aussi enregistré un message.

« Je suis très fier d’avoir eu l’occasion de te diriger. Tu mérites amplement ce qui te revient ce soir avec le retrait de ton chandail. Les gens ici se souviennent de toi comme un extrêmement bon joueur, mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que tu n’as pas toujours été un joueur facile à diriger ! Sérieusement, nous avons gagné la coupe Memorial ensemble. Nous sommes liés ensemble pour toujours ! »

Martin Ménard a gagné deux coupes du Président avec le #25 en 1995 et 1997.

Peter Worrell et le soigneur Serge Haché ont aussi eu des messages pour l’un des meilleurs Olympiques de tous les temps. Entouré de ses parents, de son épouse et de ses deux enfants, Martin Ménard était émotif et fier dans son message à la foule. Après avoir remercié les joueurs des Huskies et des Olympiques pour l’attente, il a salué tous ses coéquipiers, même ceux avec qui il n’a joué qu’un match.

« Quand tu joues au hockey, le seul but que tu devrais te donner, c’est d’aider ton équipe à gagner. Ce soir, c’est un honneur individuel, mais vraiment c’est un honneur d’équipe. Ça représente les trois années où j’ai joué à Hull : 142 victoires, 62 défaites, deux coupes du Président et une coupe Memorial. »

Il a remercié sa famille et ses entraîneurs au hockey mineur, Jean-Pierre Fortier et Mario Carrière, qui lui ont amené une éthique de travail pour surmonter les difficultés qui venaient avec son petit gabarit dans les années 90.

Il n’a pas oublié le Grand Manitou des Olympiques, Charles Henry.

« Jouer pour les Olympiques entre 1994 et 1997, c’était une fierté. Quand tu rentrais dans l’aréna et que tu voyais M. Henry avec Wayne Gretzky ou le gars de l’aréna, c’était toujours le même. Il commandait du respect. Il était bon avec ses joueurs. Nous voulions tous gagner pour lui et les Olympiques. »

Il a conclu en disant que ses meilleurs souvenirs de hockeyeurs avaient été pendant ses trois saisons à Hull. « La dernière fois que j’ai joué ici, je suis sorti avec la coupe Memorial au bout de mes bras. C’est de ça que je vais me souvenir ! Merci ! »