L'entraîneur Louis Robitaille est debout derrière le banc des Tigres de Victoriaville.
L'entraîneur Louis Robitaille est debout derrière le banc des Tigres de Victoriaville.

Les chantiers de Louis Robitaille

Pour la première fois depuis le départ de Benoît Groulx après la saison 2015-16, les Olympiques de Gatineau ont embauché un entraîneur-chef qui occupera aussi la fonction de directeur général.

Louis Robitaille a officiellement pris les rênes de l’équipe mercredi après avoir impressionné un groupe de propriétaires lors d’entrevues tenues le week-end précédent.

Âgé de 38 ans, Louis Robitaille hérite d’un club prêt à remonter le classement et qui va aspirer à la coupe du Président et même à la coupe Memorial d’ici trois ans. En Outaouais, certains le reconnaîtront parce qu’il a déjà disputé une saison avec l’Intrépide de Gatineau. Dans la LHJMQ, il a été l’agitateur par excellence du Rocket de Montréal. Après sa retraite du hockey professionnel, il a été un entraîneur-adjoint chez les Voltigeurs de Drummondville et les Foreurs de Val-d’Or pendant cinq saisons avant d’accéder au poste d’entraîneur-chef des Tigres de Victoriaville lors des quatre dernières années.

Afin de mieux le connaître, Le Droit lui a parlé cette semaine.

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Le Droit : Vous arrivez à Gatineau au moment propice, mais vous aurez beaucoup de travail à faire afin de préparer la prochaine saison. Il vous faudra notamment embaucher du personnel et préparer le prochain repêchage. Quels sont vos chantiers prioritaires ?

Louis Robitaille : Je veux d’abord connaître tout ce qui est en place et me familiariser avec le passé de l’équipe. Nous ne pourrons pas tout chambouler dès le départ. Il me faudra recueillir de l’information sur les gens qui sont en place. Ensuite, je vais m’attaquer au repêchage de la LHJMQ où nous avons présentement quatre choix de première ronde et préparer le repêchage européen. Je vais consulter Luc Dagenais et le reste de son équipe de recruteurs à ce sujet. Je vais ensuite apprendre à connaître la structure académique de l’équipe afin de voir les améliorations qui doivent être apportées.

LD : Quel sera votre mandat au prochain repêchage ?

LR : Nous savons que nous allons ajouter des excellents joueurs, mais il faudra aussi qu’il s’agisse de bonnes personnes. Chaque joueur peut avoir son style ou son identité, mais chacun devra être engagé pour maximiser ses forces.

LD : Les Olympiques de Louis Robitaille vont jouer comment ?

LR : Je veux une équipe intense, rapide, passionnée. Nous allons jouer sur les 200 pieds de la patinoire afin de récupérer des rondelles et être créatifs en attaque.

LD : Quand pensez-vous régler le dossier des entraîneurs adjoints ?

LR : Depuis 48 heures, tout va rapidement. Plusieurs candidats m’ont contacté. Je vais dresser une liste de nos besoins et voir qui pourra occuper les rôles de façon optimale. Je pense que ce dossier devrait être réglé la semaine prochaine.

LD : Sur la glace, vous aimiez contribuer au spectacle avec votre style exubérant. Vous êtes reconnus pour votre côté flamboyant derrière le banc. Comment décririez-vous votre style de coaching ?

LR : Je suis un gars passionné, intense et fier. Je suis structuré et rassembleur. La communication est importante avec mes joueurs. Je suis préparé et je suis assidu sur les détails. Je veux que les choses soient faites de la bonne façon. Je veux une équipe engagée vers un but commun, qui va jouer dans notre identité et dans nos valeurs.


« Je veux une équipe intense, rapide, passionnée. Nous allons jouer sur les 200 pieds de la patinoire afin de récupérer des rondelles et être créatifs en attaque. »
Louis Robitaille

LD : Quelle sera votre mission avec les Olympiques ?

LR : Je veux mettre en place un personnel et un groupe de joueurs qui aura les valeurs de l’organisation à cœur. Je veux ramener le sentiment de fierté autant pour les gens de notre communauté que pour les membres de notre organisation. Évidemment, nous voulons bâtir une équipe qui va aspirer au championnat afin de perpétuer la tradition gagnante de cette organisation.

LD : Quand un directeur général occupe aussi la fonction d’entraîneur-chef, la tentation de dilapider la banque de choix au repêchage ou d’envisager une liquidation de ses effectifs dans le but de gagner immédiatement. La main gauche a tendance à vouloir aider la main droite. Quelle sera votre approche dans votre double rôle ?

LR : C’est pour ça que j’ai nommé Martin Raymond à titre de directeur général adjoint. Je vais m’entourer d’une équipe d’expérience. De cette façon, nous allons éviter de prendre des décisions sur le coup de l’émotion. Nous allons établir un plan et nous allons vouloir le suivre. Je veux bâtir notre équipe avec le repêchage pour avoir du succès pendant plusieurs années. Ce travail a déjà été entamé. Il y a eu un virage jeunesse. Des joueurs de talent ont été ajoutés à l’équipe et d’autres s’en viennent au repêchage. Je ne veux pas bâtir cette équipe avec de multiples transactions. Il s’agira d’ajouter la pièce manquante lorsque la situation le commandera.

LD : À titre de joueur, quel a été votre plus beau moment ?

LR : Quand nous avons gagné la coupe Calder dans la Ligue américaine en 2006 avec les Bears de Hershey. J’ai passé les plus belles années de ma carrière là-bas. J’y ai rencontré la mère de mon fils de 12 ans. Bruce Boudreau était notre entraîneur. Nous avons perdu en finale en 2007 contre Carey Price. Nous avons participé à quatre finales en six saisons.

Louis Robitaille soulève la coupe Calder dans l'uniforme des Bears de Hershey.

LD : En 2006, vous avez joué vos deux seuls matches dans la LNH. Votre coéquipier Alex Ovechkin était une recrue chez les Capitals de Washington. C’était comment de jouer avec le meilleur franc-tireur de la dernière génération ?

LR : J’ai un de ses bâtons à la maison ! Alex était facile d’approche. C’est un passionné. Il joue avec fierté et il compétitionne. On savait qu’il allait être excellent tout comme notre autre Russe, Alexander Semin.

LD : Quelle est votre situation familiale ?

LR : Nous sommes à Victoriaville et nous allons déménager à Gatineau bientôt. Ma femme des 10 dernières années, Amélie, travaillait à Drummondville. Nous avons deux filles, Rachel 7 ans et Livia 1 an et demi. Mon garçon habite à Hershey avec sa mère, mais il vient toujours passer l’été avec nous.

LD : L’objectif sera de remporter au moins une coupe dans les trois prochaines années, mais à votre première année, l’équipe sera encore relativement jeune. Quels sont les objectifs réels pour l’an un ?

LR : Il faut faire attention avec les attentes. Je devrai d’abord apprendre à connaître les joueurs que nous avons sous la main. Nous allons ensuite continuer à bâtir notre équipe. Une partie du chemin a été fait. L’équipe a pris le 16e rang cette année. Le but est de continuer d’avancer et d’identifier les soldats avec qui nous irons au front afin d’aspirer aux grands honneurs. Il sera important de faire grandir nos jeunes joueurs sur la glace autant qu’à l’extérieur. Nous allons y aller une étape à la fois. Présentement, nous ne faisons pas encore partie des aspirants.