Libéré par les Screaming Eagles, François Brassard (centre) pensait sa carrière dans la LHJMQ terminée. Mais il se prépare maintenant pour une dernière participation aux séries, tout comme ses coéquipiers Mickaël Beauregard (gauche) et Louick Marcotte.

Le scénario rêvé de François Brassard

N'ayant pas trouvé preneur sur le marché des transactions de la LHJMQ pendant les Fêtes, puis simplement libéré par les Screaming Eagles du Cap-Breton, François Brassard était loin de se douter qu'il atteindrait le plateau des 100 victoires à son dernier match de la saison régulière en carrière samedi dernier.
Il aura fallu une blessure sérieuse à Brandon Whitney la veille du jour où les clubs de la LHJMQ devaient soumettre leurs alignements finaux pour lui donner une seconde vie. À minuit moins une, le gardien de 20 ans a eu l'appel inespéré pour compléter sa carrière à la maison, mais aussi pour racheter un mauvais début de saison.
Le Gatinois a quitté les Screaming Eagles avec un dossier de 6-13-5, une moyenne de 3,83 buts alloués par match et un pourcentage d'arrêt de ,867. Chez les Olympiques, il a fait partie de la relance du club. Son brio devant le filet s'est traduit par un dossier de 13-4-2, une moyenne de 2,52 buts accordés par match et un pourcentage d'arrêt de ,907. Avec des statistiques à Gatineau, il se serait classé deuxième de la ligue pour la moyenne et le pourcentage d'efficacité.
«J'avais fait une croix sur la LHJMQ quand j'étais rentré chez nous aux Fêtes. Ce qui s'est produit par la suite est un scénario de rêve. Je suis vraiment content d'avoir une autre chance de jouer dans les séries. Au Cap-Breton, nous étions dans une mauvaise séquence quand je suis parti. C'était le cas aussi à Gatineau. C'était à moi de rester confiant. J'avais perdu bien des matches au 'Cap'. Il fallait que je remette les compteurs à zéro. J'ai vu l'équipe travailler très fort dans les pratiques pour renverser la vapeur.»
La 100e victoire
Avant de terminer sa quatrième saison dans le circuit Courteau le week-end dernier, Brassard ne savait même pas qu'il était à deux victoires du chiffre magique de 100. «Je l'ai appris dans le journal. C'était un chiffre intéressant, mais j'ai laissé Benoît (Groulx) décider de l'utilisation des gardiens. C'est le fun d'avoir réussi. À Noël, je n'aurais jamais cru que c'était possible.»
S'il y a un autre endroit où Brassard voudra se racheter à présent, c'est bien pendant le tournoi printanier. Dans les deux années où il a été gardien titulaire des Remparts de Québec, son équipe n'a jamais passé le deuxième tour des séries. Pire, l'an dernier, son entraîneur l'a laissé sur le banc dans le cinquième match où les Remparts ont été éliminés par Huskies de Rouyn-Noranda. Philippe Boucher lui avait préféré Callum Booth, une recrue de 16 ans, au moment où les Diables rouges avaient le dos au mur.
«C'est le temps pour moi d'amener mon jeu au prochain niveau. Nous n'étions pas en santé à Québec l'an dernier. Nous avons la profondeur nécessaire ici pour aller plus loin.»
Pour y parvenir, les Olympiques devront vaincre des équipes bien mieux classées, mais François Brassard se réjouissait de se retrouver dans le clan de Benoît Groulx pour disputer du hockey de printemps.
«C'est bien de vivre l'envers de la médaille. Quand j'étais à Québec, tout le monde disait que les Olympiques étaient une équipe difficile à affronter pendant les séries. Benoît (Groulx) a un historique en matière de succès quand ça compte.»
Après avoir sauvé sa saison rocambolesque à Gatineau, François Brassard aura maintenant l'occasion rêvée d'attirer l'oeil des dépisteurs de la LNH à nouveau en s'illustrant dans les prochaines séries.
Jfplante@ledroit.com