Emerik Despatie a été désigné pour protéger la cage des Remparts de Québec contre les Olympiques de Gatineau au centre Robert-Guertin samedi. Il s’agira du troisième départ du gardien de 16 ans de Cantley.

L’ascension fulgurante d’Emerik Despatie

À pareille date l’an dernier, Emerik Despatie ne savait même pas s’il allait être repêché dans la LHJMQ

Le hockeyeur de Cantley gardait les buts de l’Intrépide de l’Outaouais midget espoir. Samedi soir, au centre Robert-Guertin, il sera pourtant devant le filet des Remparts de Québec pour affronter les Olympiques de Gatineau.

Manifestement, l’univers de ce multiple champion canadien de karaté se bouscule depuis qu’il a décidé de se consacrer entièrement au hockey la saison dernière.

« Je suis vraiment content d’obtenir un départ à Gatineau samedi devant ma famille et mes amis. Ça va être une bonne expérience. Ils m’ont vu jouer dans le midget espoir. Là, ils vont me voir dans une ligue bien différente ! », a-t-il dit au Droit avant la visite des Remparts pour deux matches consécutifs vendredi et samedi.

Il s’agira du troisième départ en carrière du gardien de 16 ans dans la LHJMQ. Il a déjà remporté ses deux premiers matches à Charlottetown et à Shawinigan. À Québec, il n’a disputé qu’une période en relève jusqu’à maintenant.

« C’est tout un contraste avec le midget espoir. Le jeu et les tirs sont plus rapides, mais j’avais aussi l’habitude de jouer devant moins de 150 personnes. À Québec, quand je suis embarqué en troisième période (contre Baie-Comeau) la semaine dernière, il y avait plus de 6000 spectateurs dans les gradins. C’est quelque chose de voir ça à partir du banc, mais c’est encore plus fou de jouer devant autant de monde ! »

La carrière de Despatie a connu une ascension spectaculaire depuis qu’il a été le dernier gardien retranché par l’Intrépide de Gatineau à 15 ans.

« L’année dernière, je n’étais même pas certain d’être repêché en début de saison. Puis, j’étais surpris de voir que j’étais classé en quatrième ronde avant le repêchage de la LHJMQ. Je n’ai pas pu assister au repêchage parce que j’étais à un camp des gardiens d’Équipe Canada à Calgary. J’étais justement en train de m’habiller quand mon téléphone s’est mis à vibrer. On m’informait que j’avais été repêché plus tôt que prévu. Les Remparts m’ont sélectionné en deuxième ronde. Le club de Patrick Roy ! C’est le meilleur gardien de l’histoire. Je ne pouvais pas m’imaginer un meilleur scénario. C’était comme un rêve. »

Débarqué au camp des Remparts, Despatie se disait qu’il avait une chance de se tailler une place dès son premier essai.

« Si tu penses le contraire, tu vas diminuer tes chances de beaucoup. J’arrivais en confiance après le camp d’Équipe Canada. J’ai bien joué. J’ai eu de bonnes pratiques et de bons matches. À la fin, nous n’étions que trois. J’ai vraiment commencé à croire en mes chances de rester. Puis, j’ai appris que j’avais fait le club par l’entremise de Facebook. Je n’osais pas trop m’emporter. Des échanges étaient encore possibles. J’avais peur d’être content trop vite ! »

Le saut direct entre le midget espoir et la LHJMQ n’est pas commun chez les gardiens. Marco Cousineau aurait été le dernier à réaliser l’exploit... en 2006-07. Pour Patrick Roy, ce « détail » ne lui a jamais traversé l’esprit.

« On ne s’est pas cassé la tête. Nous avions un bon vétéran avec Anthony-Carmine Pagliarulo. Nous avons pris le deuxième meilleur gardien au camp. C’est peut-être à cause de ma propre expérience. Je suis passé de la Ligue américaine à la LNH à 20 ans, mais la marche entre le midget espoir et la LHJMQ ne m’a pas fait peur. On a sélectionné Emerik en deuxième ronde parce qu’on pense qu’il sera notre gardien d’avenir. Aussi bien le faire graduer tout de suite. »

Jusqu’à présent, les Remparts l’ont protégé en lui donnant l’occasion de connaître du succès. « Il n’a pas la pression d’être notre numéro un. Nous allons lui donner du millage avec une vingtaine de départs cette saison. Il travaille fort. C’est un athlète et il s’adapte très bien », a ajouté Roy.

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Darien Kielb dominant avec les Remparts

À moins d’être masochistes, les partisans des Olympiques de Gatineau auraient intérêt à éviter de consulter les statistiques de la LHJMQ cette semaine.

Après 16 matches, leurs favoris occupent le 17e rang du circuit Courteau avec trois victoires. Il y a aussi cet ancien des leurs qui connaît le meilleur début de saison de sa carrière dans la LHJMQ.

Un Rempart à 17 ans, puis échangé à Gatineau à 18 ans, Darien Kielb est de retour dans la Vieille-Capitale pour sa saison de 20 ans où il partage le deuxième rang des compteurs parmi les défenseurs de la LHJMQ avec 18 points en 16 matches.

Les Gatinois ont obtenu l’attaquant Matthew Grouchy (11 points en 14 matches) dans cette transaction qui fait bien paraître l’entraîneur-chef et directeur général Patrick Roy jusqu’à présent, surtout dans un contexte où tous les clubs cherchent à renforcer leur défensive, incluant les Olympiques.

Blessé il y a une dizaine de jours, Grouchy va rater les deux matches contre les Remparts en fin de semaine. Mercredi soir à Val-d’Or, Kielb a quant à lui surpassé le nombre de points qu’il avait obtenu avec les Olympiques pendant toute sa saison de 18 ans.

Le défenseur ontarien s’attendait à terminer sa carrière à Gatineau et il a été surpris en apprenant qu’il retournait à Québec pendant les dernières assises de la LHJMQ.

« J’étais sous le choc au départ, mais je n’ai pas eu le choix de me concentrer sur le côté positif de l’échange. Je retournais dans un endroit qui m’était familier et je retrouvais ma famille de pension. Les Remparts ont une excellente organisation avec un entraîneur-chef renommé. Avec le recul, je suis très bien où je suis rendu maintenant même si je garde le contact avec mes anciens coéquipiers à Gatineau. »

Kielb a donc hâte de toucher la glace de Guertin vendredi et samedi. Il va renouer avec plusieurs amis à Gatineau et ceux-ci pourront sans doute remarquer sa progression.

À 20 ans, il s’attendait à connaître la meilleure saison de sa carrière, mais il est encore plus à l’aise qu’il ne l’avait pensé à sa quatrième saison dans la LHJMQ.

« Je ne savais pas que les points viendraient aussi rapidement. Je voulais m’établir comme un des bons défenseurs de la ligue. À Gatineau, Ron Choules m’a poussé à devenir le défenseur que je suis aujourd’hui. Il a eu une grande influence sur moi. J’ai encore du travail à faire pour espérer poursuivre ma carrière chez les professionnels. C’est mon objectif. »

À Québec, quand on demande à Patrick Roy si le jeu de Kielb le plaçait parmi l’élite des défenseurs de la ligue, le Diable rouge en chef tempère la question.

« Qui suis-je pour dire ça moi ? Ce que je peux dire, c’est que chez les Remparts, il a stabilisé notre défensive en jouant en moyenne 25 minutes par match. Il nous rend d’excellents services en répondant à nos besoins. Il forme aussi un excellent partenaire pour Nicolas Savoie. Ça faisait longtemps que je discutais avec Alain (Sear) pour conclure un marché afin de servir les deux clubs. Nous avions besoin d’expérience en défensive. Les Olympiques pensaient qu’ils avaient besoin d’aide en attaque. »