Le Gatinois Hendrix Lapierre a assuré la victoire aux Saguenéens de Chicoutimi lorsqu’il a été le deuxième compteur des siens pendant la fusillade contre les Olympiques de Gatineau.

Lapierre tranche en tirs de barrage à Guertin

L’avantage de rentrer à la maison pour jouer devant parents et amis, c’est que l’entraîneur-chef peut vous faire une faveur qui finit par être payante.

Le Gatinois Hendrix Lapierre n’avait jamais été envoyé en fusillade lorsque les Saguenéens de Chicoutimi avaient eu besoin de dénouer l’impasse d’un match après 65 minutes.

Vendredi soir, devant 2501 spectateurs au centre Robert-Guertin, la recrue de 16 ans a été envoyée en mission pour la première fois et elle n’a pas raté son coup. Lapierre a déjoué Creed Jones pour assurer une victoire de 3-2 aux Sags, qui ont ainsi couronné une remontée de deux buts.

«C’est un beau geste de Yanick Jean (l’entraîneur-chef) de m’envoyer en fusillade. Je n’y vais jamais d’habitude. J’étais content qu’il me fasse confiance. Ce but vient en quelque sorte racheter un match difficile pour moi», a dit celui qui a été le tout premier choix de la séance de sélection de la LHJMQ l’été dernier.

Lapierre a mis fin à une séquence de sept matches où il a récolté au moins un point face aux Olympiques vendredi. Au cours de la séquence, il a connu ses deux premiers matches de deux buts en carrière. Il a d’ailleurs reçu une mention honorable pour le titre de la recrue du mois de décembre dans la LHJMQ avec une récolte de 13 points en 11 matches.

«Je traversais vraiment de bons moments avant de venir jouer ce match à la maison. Comparé à mes derniers matches, ç’a été difficile pour moi ce soir, mais bon, le but en fusillade est la cerise sur le gâteau de notre victoire. Nous avons gagné et c’est ce qui compte. Nous avons mis du temps à nous mettre en marche. Nous avions joué la veille et nous sommes rentrés à Gatineau à deux heures du matin. Nous avions le voyage dans le corps.»

Les échappées de Roy

Les Olympiques avaient pris les devants 2-0 sur des buts de Charles-Antoine Roy et Giordano Finoro. Roy a profité de sa vitesse pour s’échapper et battre le gardien Zachary Bouthillier. De ses 13 buts cette saison, le Gatinois en a marqué plusieurs de cette façon.

«Je ne sais pas combien au juste. C’est une bonne question. Je compte la majorité de mes buts sur des montées», a lancé celui qui est devenu le meilleur franc-tireur des Olympiques avec les départs de Maxim Trépanier, Shawn Boudrias et Jeffrey Durocher.

D’ailleurs, Roy s’explique mal pourquoi les Olympiques semblent mieux jouer depuis les départs de leurs piliers.

«Nous avons une fiche de 2-1-1 depuis le début des échanges. C’est bizarre, mais avec le départ des piliers, nous jouons plus en équipe parce que nous ne pouvons pas dépendre sur des joueurs capables de faire beaucoup de points. Nous jouons maintenant à quatre trios et tout le monde est capable d’embarquer sur la glace. C’est ce qui fait la différence. Nous avons plus d’énergie. Personne ne s’attendait à ça! Notre manque d’expérience pour protéger des avances nous a quand même joué un tour ce soir.»

Les Olympiques filaient vers la victoire. Ils ont dû se contenter d’un point quand Vladislav Kotkov a enfin pu passer une rondelle derrière Creed Jones, qui a joué un autre solide match face aux 34 tirs des Saguenéens (19-14-7).

Justin Ducharme a ensuite ramené les deux clubs à la case départ avec cinq minutes à faire au match sur un jeu controversé. Son but a semblé être compté avec la main, mais c’était finalement la main de Darien Kielb qui a mis la rondelle dans son propre filet.

Les Gatinois ont tiré 21 fois sur la cage des visiteurs.

En fusillade, Pier-Olivier Roy et Gabriel Bilodeau ont été arrêtés par Bouthillier. Samuel Houde avait donné une priorité de 1-0 aux visiteurs avant le but d’assurance de Lapierre.

Les Olympiques (14-19-3) disputeront un dernier match avant la date limite des transactions de dimanche dans la LHJMQ. Le Titan d’Acadie-Bathurst (6-31-1) sera le visiteur samedi soir.

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Saumier

LE 32 DE SAUMIER IMMORTALISÉ

Un nouveau numéro sera hissé dans les hauteurs du centre Robert-Guertin samedi soir.

Marc Saumier ira rejoindre les légendes de l’organisation des Olympiques de Hull/Gatineau quand son numéro 32 sera retiré avant le match contre le Titan d’Acadie-Bathurst, le dernier club à l’employer avant son retour à la maison où il est devenu consultant au directeur général Alain Sear.

Le Hullois de 51 ans a déjà été intronisé au Temple de la renommée de la LHJMQ en 2013 après avoir récolté 469 points et 1171 minutes de punition en 286 matches avec les Chevaliers de Longueuil et les Olympiques avec lesquels il a gagné deux coupes du Président en plus de recevoir chaque fois le trophée Guy-Lafleur remis au meilleur joueur des séries. Maintenant, il deviendra un immortel au sein de l’organisation qu’il admirait dans sa jeunesse.

« J’ai grandi à quelques rues du centre Guertin dans le Vieux-Hull. Mon rêve était de jouer pour les Olympiques. J’étais déjà excité d’avoir été choisi par eux en 16e ronde, alors vous comprendrez qu’il s’agira de tout un honneur de voir mon numéro dans les hauteurs de l’aréna. »

Le numéro 32 a été porté pour la dernière fois par Yakov Trenin chez les Olympiques, mais Saumier aura été le premier à le rendre célèbre.

« C’est Guy Lapointe qui m’avait donné ce numéro à Longueuil. Il avait été entraîneur-adjoint chez les Nordiques de Québec l’année précédente et il disait que j’étais son Dale Hunter. Il m’a donc donné son numéro. Quand j’ai été échangé aux Olympiques après notre coupe de 1987 à Longueuil, le numéro m’a suivi à Hull et je l’ai aussi porté chez les professionnels. »

Les anecdotes de son époque avec les Olympiques sont nombreuses pour l’ex-machine à compter. Marc Saumier ne se lassera jamais de raconter ses séries de 1988 avec l’équipe hulloise.

« En demi-finale et en finale, contre Laval et Drummondville, nous avions comblé des déficits de 3-1 dans les séries pour gagner les trois derniers matches. Je vais toujours me souvenir de ma passe sur le but gagnant de Martin Gélinas dans la prolongation du sixième match à Laval pour revenir à Hull dans le septième match. J’aime bien narguer Sylvain Couturier (ancien du Titan et directeur général du Titan à Bathurst aujourd’hui) avec ça ! »

Dans un fait cocasse qui revient souvent dans ses discussions, Saumier raconte un moment de fierté suivi d’un moment de honte dans la troisième période du septième match de la coupe du Président contre Drummondville en 1988.

« Nous avions une grosse avance et je venais de compter mon troisième but du match quand l’annonceur-maison a mentionné que j’avais dépassé Guy Lafleur pour le nombre de buts marqués en séries. J’ai eu une ovation. Le juge de ligne m’a suggéré de prendre le temps de saluer la foule. J’ai retiré mon casque et tout. Puis, quand l’arbitre a déposé la rondelle, j’ai perdu la mise en jeu très facilement. La rondelle est allée vers leur défenseur qui a marqué tout de suite. C’était sans incidence, mais c’était gênant ! J’avais dit à Alain Vigneault que ce genre de chose arrivait juste à moi ! »

Véritable amant du hockey, Saumier indique qu’il était naturel pour lui de travailler avec les Olympiques où il aimerait un jour devenir directeur général.