L’entraîneur-chef des Olympiques de Gatineau, Éric Landry, estime que les abus verbaux et les attaques personnelles n’ont pas leur place dans le hockey.

Landry dirige à sa manière

Le métier d’entraîneur au hockey n’est déjà pas évident, parlez-en à Éric Landry alors qu’il cherche des moyens de sortir ses Olympiques de Gatineau de leur présente léthargie, eux qui ont encaissé six revers de suite.

Les répercussions du congédiement de Bill Peters par les Flames de Calgary dans la LNH, et les accusations dirigées envers Mike Babcock et maintenant Marc Crawford, qui fait l’objet d’une enquête par son employeur actuel, les Blackhawks de Chicago, commencent également à se faire sentir au niveau junior, alors qu’un club, les Tigers de Medicine Hat, a congédié son thérapeute athlétique, Jamie LeBlanc, cette semaine en raison de « commentaires dérogatoires ».

Ayant joué chez les professionnels lui-même il y a une vingtaine d’années et jusqu’en 2012, une époque où les entraîneurs n’allaient pas être réprimandés s’ils étaient trop durs avec leurs protégés, Landry est conscient que les temps ont changé grandement.
« J’ai eu des entraîneurs qui étaient durs avec leurs joueurs, qui étaient exigeants et demandaient de l’intensité ou de jouer physique, je pense que c’est la bonne façon de faire, estime l’ancien des Flames de Calgary [où il a été dirigé par Brian Sutter] et du Canadien de Montréal [Alain Vigneault et Michel Therrien]. De faire autre chose, ou de l’abus verbal, ou encore de l’abus personnel, j’ai toujours trouvé que ça n’avait pas sa place dans le hockey. Il y a une grosse, grosse ligne entre le joueur de hockey que tu dois pousser à performer et à le faire sortir de sa zone de confort, et utiliser une méthode personnelle pour faire avancer un joueur. Ça, je ne crois pas du tout à ça. »

Landry, qui a aussi joué neuf ans en Europe, se comptait chanceux de ne pas avoir eu de problème majeur avec ses entraîneurs, ayant toujours bien accepté ceux qui le mettaient au défi « parce que je voulais ensuite leur prouver qu’ils avaient tort ».

Il s’estime tout aussi chanceux d’avoir amorcé sa carrière d’entraîneur sous les ordres de Benoît Groulx, son mentor pendant trois ans avant qu’il n’hérite de son poste, en relève à Mario Duhamel, au cours de la saison 2016-2017.

« Ben est un entraîneur exigeant qui met beaucoup l’accent sur les détails et l’intensité lors des entraînements. Il a ses manières d’amener ça... J’ai tellement eu d’entraîneurs que je peux en prendre un peu de chacun. Il y a beaucoup de points que j’aimais de Ben dans son enseignement, dans sa façon de démontrer de l’intensité, ce que j’utilise certainement. Autant que j’utilise des techniques apprises d’autres entraîneurs, comme pour des rencontres individuelles, que j’utilise aussi. Tu en prends un peu de chaque entraîneur que tu as eu », note-t-il.

Le pilote de 44 ans affirme qu’avec les joueurs qu’il a présentement sous la main, une jeune formation qui est en danger de rater les séries pour la première fois depuis 1984, son approche est justement de les défier pour en arriver à se dépasser.

« J’aime ça challenger les joueurs, j’ai des attentes côté hockey qui sont les mêmes pour tous les joueurs. Ils savent à quoi je m’attends d’eux sur la glace. Et je m’en tiens au côté hockey », dit-il.

De ce côté, ça ne va pas trop bien pour les Olympiques ces temps-ci. À moins de deux semaines de l’ouverture de la période des transactions, Landry constate que son club ressent la pression des défaites qui s’accumulent. « En ce moment, les gars veulent bien faire, ils travaillent, mais ils tiennent leur bâton plus serré aussi. Je pense que ça explique pourquoi on n’obtient pas les buts au moment opportun », dit-il.

Les Olympiques (7-17-3) vont recevoir des Sea Dogs de Saint-Jean qui n’ont que six points d’avance sur eux mercredi soir, une bonne chance de mettre fin à leur série de revers. « C’est un match qu’on doit gagner, on doit utiliser notre vitesse et trouver le fond du filet au bon moment surtout », ajoute-t-il.

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ENTRE LES LIGNES

Les Olympiques ont fait savoir mardi que l’entraîneur-adjoint Ron Choules devra s’absenter jusqu’au 27 décembre pour des raisons personnelles de santé. Le principal intéressé et son patron Éric Landry ont refusé d’en dire plus à ce sujet...

Absent lors des trois derniers matches en raison d’une blessure au bas du corps, le centre Zach Dean, premier choix du club au dernier repêchage, sera de retour dans l’alignement mercredi contre les Sea Dogs.