Le directeur des opérations hockey des Olympiques de Gatineau, Alain Sear, est déçu de la position dans laquelle est plongée son équipe, mais pense qu’elle pourra participer aux séries éliminatoires de la LHJMQ.
Le directeur des opérations hockey des Olympiques de Gatineau, Alain Sear, est déçu de la position dans laquelle est plongée son équipe, mais pense qu’elle pourra participer aux séries éliminatoires de la LHJMQ.

Landry a la confiance de Sear

Les Olympiques de Gatineau seront en danger de perdre un 10e match de suite pour la deuxième fois de la première moitié de saison mercredi soir lorsqu’ils recevront l’Armada de Blainville-Boisbriand.

Ils occupent le 17e et avant-dernier rang de la LHJMQ avec trois points d’avance sur le Titan d’Acadie-Bathurst. Les Tigres de Victoriaville ont huit points de priorité sur les Olympiques (7-20-3) en 16e place, la dernière qui donne accès aux séries.

Avec un faible taux de succès de ,283 après 30 matches, les Olympiques sont en voie de connaître la troisième pire campagne de leur histoire de 47 ans. Seuls les Festivals de Hull dans leur saison inaugurale (,207) et les Olympiques de 1978-79 (,188) ont fait pire. Encore plus inquiétant, les Gatinois pourraient rater les séries pour la première fois depuis 1984 si le vent ne tourne pas bientôt.

La grogne s’est emparée des partisans, de moins en moins nombreux dans les gradins du centre Robert-Guertin. Ils attendent un électrochoc pour sortir l’équipe de son marasme, mais le maître d’œuvre de la reconstruction des Olympiques n’entend pas céder à la panique. Dans une entrevue avec Le Droit mardi, Alain Sear a assuré que la relance de son club allait se faire avec Éric Landry et ses adjoints actuels.

« Je n’ai pas perdu confiance en mes entraîneurs. Nous sommes tous conscients que nous ne sommes pas là où nous voulions être. Tous les membres de l’organisation se partagent la responsabilité de la sous-performance de l’équipe. Nous sommes tous redevables de nos actions. Je devrai faire de bonnes transactions. Les coachs devront faire performer les joueurs et nos joueurs devront être plus responsables », a expliqué le directeur aux opérations hockey, Alain Sear.

Les Olympiques de Gatineau ont encaissé deux défaites de suite contre les 67's d'Ottawa.

Celui-ci dit comprendre la frustration des partisans. En septembre, son objectif était de faire mieux que sa 15e position au classement général de l’an dernier. Après sa première année comme directeur des opérations, il avait même avancé qu’il visait le carré d’as des séries éliminatoires en 2021. Cet objectif semble plutôt ambitieux en
ce moment.

« Dans notre marché, nous n’avons jamais fait de vraie reconstruction. Nous n’avons jamais bâti un club à partir du repêchage. Ça prend du temps avant d’avoir des résultats. Nos joueurs de 16 ans deviendront dominants à leur troisième saison. C’est pour ça que nous serons plus patients avec nos entraîneurs que dans le passé. »

Quand même, Sear a de la difficulté à comprendre pourquoi son club traîne dans les bas-fonds de la ligue.

« Je regarde notre alignement et je ne comprends pas pourquoi nous sommes rendus là. Les autres directeurs de la ligue à qui je parle non plus. »

Invité à identifier les causes de ce faux départ, Sear se garde bien de répondre.

« Je ne répondrai pas à cette  question. La reconstruction est pénible. C’est épuisant, mais nous sommes embarqués là-dedans en connaissance de cause. Nous avons de bons jeunes joueurs. Ils jouent beaucoup. Des jours meilleurs sont devant nous. Je ne paniquerai pas. Je ne changerai pas notre plan établi sur cinq ans. Je vais le respecter. »

Avec le recul, Sear dit regretter la transaction de Darien Kielb contre Matthew Grouchy. Ce dernier a justement été renvoyé à la maison la semaine dernière.

« Quand David Aebischer s’est blessé avant de commencer la saison, ç’a occasionné la tempête parfaite. La perte de Kielb a vraiment paru à ce moment. Chris McQuaid et Braeden Virtue sont revenus au jeu après des opérations et ils n’étaient pas prêts à jouer comme ils l’avaient fait dans les dernières séries. Ils commencent à peine à jouer à la hauteur de leur potentiel. »

Sear a aussi remarqué que l’équipe avait disputé deux bons matches contre les 67’s d’Ottawa après la libération de Grouchy et Olivier Bourret, deux vétérans de 20 et 19 ans.

« Nous avons tenu une rencontre à portes-clauses la semaine dernière. Nous avons purifié l’air du vestiaire. Il y a des solutions. C’est encourageant. Ce n’est pas en blâmant la direction, les entraîneurs ou les joueurs que nous allons nous en sortir.
Nous allons le faire ensemble. »

+

DES MUNITIONS POUR RENFORCER L'ÉQUIPE

Pendant 35 saisons consécutives, les Olympiques de Gatineau ont participé aux séries de la LHJMQ.

Pour le directeur des opérations hockey Alain Sear, il est inconcevable que cet élément de fierté prenne fin en 2020.

«Notre marque de commerce ne peut pas se permettre ça. C’est important pour l’organisation. Nous allons nous battre jusqu’au bout. Je vais donner du gaz à nos entraîneurs et à nos joueurs dans la prochaine période des transactions», a assuré Alain Sear.

Pour la première fois en trois ans, il assure qu’il n’y aura pas de vente de feu. Il a même confirmé au Droit mardi que son défenseur numéro un, David Aebischer, allait terminer la saison à Gatineau. Il va aussi conserver ses deux gardiens, Rémi Poirier et Creed Jones.

«Nous avons deux gardiens numéro un. C’est un luxe que nous allons garder. Nous irons chercher des joueurs qui ont du vécu dans cette ligue pour nous aider. Contrairement aux dernières années, nous allons nous améliorer pendant la prochaine période des transactions.»

Alain Sear compte même procéder à une transaction dès mercredi. Un défenseur de 20 ans devrait atterrir à Gatineau à temps pour les matches de vendredi et samedi contre Blainville-Boisbriand et Drummondville. Celui-ci viendra combler la perte de David Aebischer, parti au Championnat mondial junior.

Quand il a pris les commandes des opérations hockey pendant la saison 2017-18, Sear s’était donné l’objectif d’ajouter des joueurs d’habiletés à son équipe. Il voulait aussi que son club soit plus difficile à affronter. Mission accomplie ?

«Nos premiers choix des deux derniers repêchages, Zach Dean, Olivier Boutin, Evgeny Kashnikov et Pier-Olivier Roy ont des habiletés certaines, mais il nous manque encore un peu de joueurs de skills. Nous n’avons pas encore assez de joueurs qui sont difficiles à affronter, mais la culture a changé dans le hockey. Des joueurs qui aiment se salir les mains, il y en a moins qu’avant. Les 18 clubs de la ligue les cherchent.»

En période de crise, Sear n’a pas d’autres choix que de se concentrer sur des éléments positifs. Parmi ceux-ci, il note les ajustements qui seront apportés pendant la période des transactions qui va s’ouvrir dimanche.

«Notre jeune équipe excitante du camp d’entraînement ne sera pas démantelée. Les circonstances ont fait en sorte que nous sommes loin d’où nous voulions être, mais les partisans étaient écoeurés de nous voir échanger nos meilleurs joueurs et nos choix au repêchage. Nos meilleurs vont rester et nous avons encore quatre choix de première ronde.»