La résidence d’Éric Landry sur le boulevard Hurtubise a été entourée d’eau pendant un mois, mais protégée par près de 6000 sacs de sable, elle a pu rester au sec à l’intérieur.

Landry 2, crue des eaux 0

Le combat contre les éléments de la nature a été deux fois plus long qu’en 2017, mais pour la deuxième fois de suite, le clan d’Éric Landry a signé une victoire.

Même si la rivière des Outaouais est sortie de son lit pour entourer sa maison du boulevard Hurtubise, l’entraîneur-chef des Olympiques de Gatineau a été épargné des infiltrations d’eau grâce à un plan de match à toute épreuve. Il faut dire que son « système de jeu » avait été perfectionné à partir de l’expérience des inondations d’il y a deux ans.

Sans intervention, son rez-de-chaussée aurait été submergé par au moins 6-8 pouces d’eau.

« La dernière fois, nous n’avions pas eu une seule goutte d’eau dans la maison, mais nous avons tiré des leçons de cette épreuve pour être encore plus efficaces cette fois-ci. Nous étions équipés pour résister à une autre augmentation de 50 autres centimètres du niveau de l’eau. Finalement, la crue des eaux s’est arrêtée à deux centimètres du record de 2017 chez nous », a dit celui qui n’a pas chômé pour sauver sa maison dans le dernier mois.

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Landry 1, crue des eaux 0

Loin de baisser sa garde, Landry voit toutefois la lumière au bout du tunnel. Mardi soir, pour la première fois en deux semaines, il a pu circuler en Jeep pour sortir de sa résidence avec de l’eau qui arrivait à ses portières. Auparavant, il fallait utiliser la chaloupe pour les déplacements de la famille.

Malgré le stress et les énergies dépensées pour préserver l’investissement le plus important de sa vie, Éric Landry trouvait le moyen d’en rire mercredi midi lors de la visite du Droit.

Éric Landry

5000 à 6000 sacs de sable

« J’ai perdu 10 livres à force de transporter des sacs de sable ! Nous en avons entre 5000 et 6000 cette année. Ça prend 250 sacs pour faire une rangée autour de la maison. Nous avons fait 14-15 rangées avec des digues, des remparts et des passerelles pour circuler autour de la maison. Nous étions vraiment prêts cette année. »

Encore une fois, les Landry ont reçu de l’aide de la famille, des amis, des joueurs des Olympiques, de leurs voisins et même de bons samaritains qu’ils ne connaissaient pas. En tout, la famille a reçu l’aide d’une quarantaine de personnes pendant son mois d’enfer.

« L’entraide a été incroyable. On ne connaissait pas trop nos voisins avant. On connaît pas mal plus leurs petites histoires maintenant », a lancé Natasha, la femme d’Éric Landry, qui a dû prendre congé de son poste de policière pour accorder toute son attention à prévenir le pire au foyer familial.

Après ses journées de labeur, le coach dormait sur ses deux oreilles la nuit, en sachant que sa maison était blindée. Pendant ce temps, Natasha et son beau-père se relayaient en dormant sur un sofa aménagé dans le garage afin de s’assurer que les génératrices n’arrêtent jamais d’alimenter la pompe submersible au sous-sol.

« Finalement, tout a fonctionné à merveille. Nous avions un système qui s’activait dès que l’eau montait dans la cavité de la pompe submersible. Nous n’avons pas eu d’eau au sous-sol », a dit Landry.

Plan permanent

Construit dans une zone inondable aux 100 ans, Éric Landry pensait ne jamais revivre la crue de 2017. Il en est moins sûr maintenant. Il a donc commencé à concocter un plan pour lui épargner de répéter ce travail colossal à répétition.

« Je veux trouver une solution permanente pour immuniser ma maison. J’ai des idées. Cette maison, c’était notre rêve après ma carrière de joueur de hockey. Je n’ai pas vraiment pensé à vendre. Nous avons trois enfants. Le plan était de rester ici jusqu’à ce que la maison soit trop grande pour nous. Je suis chanceux, le hockey était terminé pour nous en 2017 et cette année, mais d’ici deux ans, l’objectif des Olympiques, c’est de faire un bon bout de chemin au printemps et je ne serai pas toujours là pour protéger notre maison », a dit celui qui habite le Vieux-Gatineau depuis 2014 dans une construction neuve.

Éric Landry a fait carrière au hockey parce qu’il était un compétiteur hors pair. La résilience, il connaît, mais il se passerait bien des tracas occasionnés par les inondations. Vivement des vacances en famille bientôt.