L'entraîneur des Olympiques de Gatineau, Éric Landry, semble avoir gagné la bataille et sauvé sa maison située sur la rue Hurtubise.

Landry 1, crue des eaux 0

Éric Landry devait être en plein processus d'embauche d'entraîneurs adjoints pour la prochaine saison des Olympiques de Gatineau, mais ses démarches ont été reléguées au second plan quand la vie lui a récemment lancé quelques balles courbes.
D'abord, le 21 avril, son père Gaston a été emporté par le cancer. Quelques jours plus tard, dame Nature n'a rien fait pour apaiser sa douleur d'avoir perdu un être cher. Depuis trois ans, Éric Landry, sa femme Nathasha et leurs trois enfants habitent une construction neuve dans le Vieux-Gatineau. Ils sont d'ailleurs installés dans la zone vulnérable aux inondations du boulevard Hurtubise.
Leur maison construite en bordure de la rivière des Outaouais n'a pas été épargnée par la crue des eaux record, mais contrairement à plusieurs voisins, la résidence des Landry a survécu à la montée rapide de la rivière. À voir l'état des lieux, il s'agit d'un petit miracle.
« Mon terrain est une piscine olympique et ma maison se trouve au milieu », a imagé l'entraîneur-chef des Olympiques, qui gardait le sourire malgré la fatigue accumulée par une semaine d'efforts à protéger sa demeure. À la fin du dernier week-end, sa maison était entièrement entourée d'eau. Sans la protection de quelque 3500 sacs de sable et de 16 pompes (11 extérieures, cinq intérieures), il se serait retrouvé avec un pied et demi d'eau au rez-de-chaussée. Sa piscine était recouverte par deux pieds d'eau de la rivière, mais Éric Landry a fait une carrière dans le hockey grâce à sa fougue, son intensité et son caractère.
Éric Landry doit utiliser un bateau pour se rendre à sa résidence dans une rue inondée de Gatineau.
Ces qualités, combinées à la détermination de sa conjointe et à l'aide d'une armée de parents, d'amis, de bénévoles et de pompiers lui ont permis de résister à la crue des eaux.
« Une chance que la saison de hockey est finie et que j'ai eu le temps de tout organiser. Il n'y a pas un sac de sable que je n'ai pas installé moi-même, car s'il y avait eu des infiltrations, je ne voulais pas que des gens se sentent responsables. Je ne fais jamais rien à moitié, alors j'avais des sacs de sable trois pieds au-dessus de la ligne des crues de 100 ans. C'était doublé partout avec des digues. Les piles étaient même montées en pyramide. La seule façon que l'eau pouvait rentrer, c'était en passant par-dessus le mur. Finalement, la montée rapide des eaux s'est arrêtée à deux pieds du mur improvisé. »
Le clan Landry semble avoir évité le pire. Le niveau de l'eau avait baissé d'un pied mardi et d'un autre pied mercredi. Il voit maintenant sa piscine et une partie de sa cour arrière, mais il se promènera en chaloupe dans les rues de son quartier pendant plusieurs jours encore.
L'ancien joueur professionnel était émerveillé par l'aide reçue pour sauver sa maison. « Il y a même de purs inconnus qui sont venus donner un coup de main ! Je suis extrêmement reconnaissant. Tout le monde a été d'une grande aide. Les pompiers ont été incroyables. Chaque fois qu'ils passaient devant chez nous, ils laissaient des sacs de sable. Nous n'en avons pas refusé un. À un moment donné, je croyais que ça y était. Les sacs n'arrivaient pas assez vite, mais Facebook m'a sauvé ! J'ai demandé des pompes en urgence et elles sont arrivées à temps. Nous n'avons eu aucune infiltration à part un peu d'eau qui arrivait sous la maison au moment où nous avons tout branché pour que l'eau sorte. »
Au passage du Droit mercredi, Landry avait perdu le fil du temps. « Je ne sais même pas quel jour de la semaine nous sommes ! Il y a eu du gros travail de fait ici. Je ne pense pas que mes mains pourraient soulever un autre sac de sable. Nous avons passé sept jours très intenses. »
Malgré tout le chaos causé par les inondations dans la région, Landry ne regrette pas le choix de l'emplacement de sa maison. « Nous avons survécu à la plus grande crue de l'histoire. Nous allons être corrects, mais je n'enlèverai pas les sacs de sable avant que la rivière soit retournée dans son lit ! »