Alexis Lafrenière pourrait bien savoir dès vendredi pour quelle équipe il évoluera dans la LNH.
Alexis Lafrenière pourrait bien savoir dès vendredi pour quelle équipe il évoluera dans la LNH.

Lafrenière un peu plus près de la grande ligue

Quand la loterie du repêchage a pris fin, vendredi soir, on a senti qu’Alexis Lafrenière s’est rapproché, un peu, de la Ligue nationale de hockey.

Le super espoir québécois se donne certainement le droit de rêver, dernièrement. Dans ses rares entrevues avec les médias, il lui arrive de parler au passé de son passage dans le hockey junior au sein de l’organisation de l’Océanic de Rimouski.

Le Droit a passé la dernière semaine à discuter avec des entraîneurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, qui ont eu à l’affronter à plusieurs reprises au fil des ans.

Ces spécialistes ont l’air de croire que Lafrenière a toutes les raisons d’aborder les prochains mois avec optimisme. Ils sont d’avis que le surdoué n’a plus rien à prouver parmi des adolescents.

Et, à vrai dire, ils ne seront pas fâchés de ne plus l’avoir dans les pattes.

«On a commencé la dernière saison avec deux matches contre l’Océanic. Des fois, je dis à la blague qu’on s’est bien débrouillés. Dans ces deux parties, il a récolté juste deux points», raconte Jon Goyens.

Ce dernier travaille à Baie-Comeau. Il dirige les plus grands rivaux de l’Océanic.

«Ça n’a pas été long qu’il s’est mis à dominer la ligue. On a revu l’Océanic juste après l’Action de grâce. Le match a bien commencé pour nous et lentement commencé pour eux. Après deux périodes, ils menaient quand même 4-1. À la fin, c’était 9-2. Je crois que chaque joueur du trio d’Alexis avait récolté entre quatre et cinq points. Je ne le connais pas tant que ça, mais j’ai l’impression qu’il voulait nous prouver quelque chose. Sa performance dans les premiers matches de la saison n’avait pas été à la hauteur. Il voulait s’assurer que ça ne se reproduise plus.»

Goyens complète cette histoire avec un petit commentaire intéressant.

«Quand son trio roule et quand il roule... C’est incroyable, la confiance qu’il peut transmettre aux autres trios de son équipe.»

Il s’agit d’une caractéristique fort recherchée, chez un joueur autour duquel on souhaite construire toute une équipe.

Le Drakkar a été capable de battre l’Océanic, par la suite, quand le surdoué se trouvait avec Équipe Canada Junior.

Lafrenière a continué à causer des maux de tête à ses rivaux, quand il est revenu d’Europe, au début de l’hiver.

Les gens de Victoriaville en savent quelque chose.

En quatre matches face aux Tigres, il a inscrit 14 points.

Il a obtenu 21 tirs au but et fait mouche à sept occasions.

«Il n’était pas méchant», ironise l’homme qui dirigeait cette équipe, Louis Robitaille.

«Contre nous autres, ce n’est pas mêlant, il a été incroyable à tous les matches. Alexis, c’est un compétiteur. C’est un gars qui veut faire la différence. Un vrai passionné de la game de hockey. Quand il embarque sur la patinoire, quelque chose de spécial se produit. C’est un big time player.»

Lafrenière a livré une de ses meilleures performances de la saison contre Victo, lors de son tout dernier match au Colisée de Rimouski, le 4 mars dernier.

«Si je m’en souviens? Je peux te dire que c’était un mercredi soir», raconte Robitaille.

«Au delà de ses points, c’était sa façon de se comporter qui nous impressionnait. Il jouait aussi bien quand il n’avait pas la rondelle. Il faisait tout à haute vitesse. À la fin de cette partie, mon adjoint Carl Mallette m’a dit qu’il n’avait jamais vu une aussi bonne performance d’un gars, live, dans le junior. Et Carl en a vu, des matches de hockey.»


« Alexis, c’est un compétiteur. C’est un gars qui veut faire la différence. [...] Quand il embarque sur la patinoire, quelque chose de spécial se produit. »
Louis Robitaille

En séries

La médaille d’or remportée au temps des Fêtes sera le point fort du passage de Lafrenière dans les rangs juniors. Il n’aura pas eu la chance de prendre part aux séries éliminatoires avec un club mature, capable d’aspirer au championnat.

En 2019, il a quand même récolté 23 points en 13 matches éliminatoires.

Dans une première ronde où l’Océanic a balayé les Saguenéens de Chicoutimi, il a inscrit huit points.

«Il avait été le meilleur joueur des deux équipes», nous dit le pilote des Sags, Yanick Jean.

«C’était quand même une série serrée. Ils avaient gagné les deux premières parties en prolongation et il ne s’était pas marqué beaucoup de buts à cinq contre cinq. Lafrenière avait été très bon. Surtout durant les avantages numériques.»

Dans la dernière année, Jean a noté une certaine amélioration de la part du joueur par excellence au pays. «Surtout, au niveau de la constance.»

Le pilote des Sags, comme tous ses collègues, semble convaincu qu’il ne sera pas trop difficile, pour lui, de faire le saut chez les pros.

«Il aura 19 ans. Il a quand même complété trois années dans le junior. Il a fait ses preuves au championnat du monde. Il a du vécu.»

+

Alexis Lafrenière

UN RETOUR FORCÉ DANS LES RANGS JUNIORS À L'AUTOMNE ?

Il y a consensus. Alexis Lafrenière n’a plus rien à prouver dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

Les circonstances exceptionnelles pourraient-elles l’obliger à y retourner?

En ce moment, on ne connaît pas la date du prochain repêchage de la Ligue nationale de hockey. Selon certains scénarios qui sont proposés, il pourrait avoir lieu après la finale de la coupe Stanley. La finale pourrait être présentée durant les premières semaines du mois d’octobre.

Dans ses récentes prévisions, le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, parle d’un retour à la compétition au début du mois d’octobre.

Lafrenière pourrait-il retourner dans le junior, pour y jouer pendant un certain temps?

On a pausé la question à ses conseillers. Dans le climat d’incertitude qu’on connaît, ils ont choisi de ne pas commenter. Dans la même vague, une autre question se pose.

La prochaine saison régulière de la LNH pourrait débuter en janvier 2021. Tout dépendra, encore une fois, de la progression du virus.

L’équipe qui le repêchera pourrait-elle lui permettre de vivre une dernière expérience au prochain championnat mondial junior?