Malgré les séries de défaites de la première moitié de saison et la tempête qui a déferlé au deuxième étage du club, Kieran Craig n’a jamais perdu la fierté de porter le chandail des Olympiques de Gatineau.
Malgré les séries de défaites de la première moitié de saison et la tempête qui a déferlé au deuxième étage du club, Kieran Craig n’a jamais perdu la fierté de porter le chandail des Olympiques de Gatineau.

La flamme olympique tatouée sur le coeur

La première moitié de saison a été pénible pour toute l’organisation des Olympiques de Gatineau.

Sorties maladroites de leurs dirigeants dans les médias. Promotions ratées. Deux séries interminables de 10 défaites et plus. Des gradins qui se vidaient à vue d’œil.

Un coup de balai a secoué le deuxième étage avant Noël. L’équipe a repris du poil de la bête, autant sur la glace qu’à l’extérieur, mais malgré le redressement, Carson MacKinnon, 20 ans, a quand même choisi de quitter le navire à la dernière minute.

De l’extérieur, on aurait pu penser que tout le monde voulait quitter cette équipe à la dérive. De l’intérieur, ce n’était pas le cas. La preuve, c’est qu’au retour du congé de Noël, les joueurs des Olympiques ont uni leurs forces pour gagner sept de leurs huit matches suivants.

Pendant la tempête, certains joueurs sont demeurés profondément attachés au logo du club. Un vétéran de troisième saison, Métis Roelens craignait d’être échangé. Kieran Craig, pour qui c’est un privilège de jouer au hockey junior majeur près du foyer familial, a toujours gardé sa fierté de porter le chandail des Olympiques.

« Il y a eu beaucoup de distractions autour de notre équipe cette saison, mais ce qui se passait au deuxième étage n’était pas de notre ressort. J’ai toujours essayé de garder la tête haute. J’ai toujours eu du plaisir à jouer à Gatineau. J’ai toujours eu envie de jouer pour cette équipe. Ça fait trois ans que je suis ici et le meilleur s’en vient. Je voulais terminer ma carrière en me donnant une chance de connaître une bonne saison et de gagner au moins une ronde des séries. J’adore aider les jeunes. J’adore les gars. C’est pour ça que je voulais rester », a expliqué Roelens, 19 ans.

Kieran Craig s’était amené à Gatineau à 17 ans après avoir été ignoré au repêchage de la Ligue de l’Ontario. L’attaquant d’Alexandria en sera toujours reconnaissant.

« Peu importe ce qui est arrivé depuis deux ans, ce sont les Olympiques qui m’ont donné ma première chance. Ils avaient confiance en moi. C’est tout ce que je voulais. J’ai même commencé la saison sur le quatrième trio cette année. J’attendais ma chance. Je l’ai eue. Je l’ai saisie », a dit celui qui occupe maintenant une place dans le premier trio.

Malgré toutes les défaites de la première moitié de saison, Craig savait que les Olympiques avaient une chance de s’en sortir.

« Je n’ai jamais joué pour un club aussi soudé. Ç’a été dur de perdre notre capitaine Charles-Antoine Roy, puis Creed Jones et Carson MacKinnon. Ils étaient respectés dans le vestiaire, mais les joueurs qui restent, on s’amuse ensemble. »

Pour lui, les Olympiques ne seront jamais « moins bons » qu’ils le sont en ce moment. À partir de maintenant, le club devrait être sur une pente ascendante.

« Nous avons quatre choix de première ronde l’été prochain. Quand j’ai signé avec le club l’an dernier, on m’a dit qu’on visait la coupe d’ici deux à trois ans. Je veux faire partie de ça. »

Pression des séries

Et à ceux qui pensent que la pression est inexistante chez les Olympiques dans leur cycle de reconstruction, Craig est d’avis contraire.

« Ça fait 35 ans que cette organisation participe aux séries. Nous avons de la pression pour ne pas briser la chaîne. Ça commence maintenant. Il faut faire les séries pour montrer que nous serons là pour faire des dégâts l’an prochain. De mon côté, je vais faire n’importe quoi pour gagner. L’organisation a fait des changements. On ne se fait plus planter sur les réseaux sociaux. Les partisans reviennent graduellement à l’aréna. Ça fait du bien aux gars de voir ça », a dit l’attaquant de 18 ans.

Évidemment, Métis Roelens souhaitait aussi rester pour côtoyer son jeune frère Milo sur une base quotidienne. Âgé de 16 ans, ce dernier s’est fait confirmer sa place pour le reste de la saison la semaine dernière.

« C’est un plus, c’est sûr, mais mes décisions de carrière ne sont pas basées sur lui. Mon défi, c’est d’amener cette équipe dans les séries. C’est une mission et nous en faisons tous partie. »

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MARTIN DAGENAIS SE JOINT AUX OLYMPIQUES

En 1994, les Olympiques de Gatineau avaient connu beaucoup de succès en allant piger chez les Sénateurs d’Ottawa de la Ligue centrale junior A. Un certain Claude Julien avait alors laissé son poste d’entraîneur-chef pour venir épauler Robert Mongrain de l’autre côté de la rivière.

Vous connaissez la suite. Deux coupes du Président et une coupe Memorial plus tard, il a fait le saut chez les pros où il a notamment gagné une coupe Stanley et pris les commandes du Canadien de Montréal deux fois plutôt qu’une.

Vingt-cinq ans plus tard, quand Ron Choules a connu des ennuis de santé reliés à des symptômes de commotion cérébrale, les Olympiques sont retournés dans le bassin des entraîneurs franco-ontariens pour combler leurs besoins.

Double champion en titre de la coupe Bogart et vainqueur d’une coupe Fred-Page avec les Sénateurs, Martin Dagenais va remplacer Ron Choules jusqu’à la fin de la saison.

Âgé de 38 ans, l’entraîneur d’Embrun ne chômera pas au cours des prochains mois puisqu’il a l’intention de continuer de travailler avec les Sénateurs. « Du côté des entraînements, ça va bien. Les Olympiques pratiquent le matin et les Sénateurs en fin d’après-midi. Ma priorité va aller aux Olympiques pour les matches. Il reste 20 matches aux Sénateurs. Je vais en manquer une dizaine, mais j’ai de bons adjoints là-bas. Jamie Mayo me remplacera derrière le banc quand je ne pourrai pas être là », a dit celui qui est aussi propriétaire et  directeur général des Sénateurs junior A.

Francis Wathier, qui était l’adjoint de Dagenais chez les Sénateurs avant de s’amener chez les Olympiques, demeurera le second adjoint d’Éric Landry. Wathier a déjà les mains pleines avec la gestion du programme sport-études de la polyvalente Mont-Bleu. C’est donc Dagenais qui accompagnera les Olympiques comme adjoint dans leur voyage dans les Maritimes la semaine prochaine.

Avant  Noël, Martin Dagenais a mené Équipe Canada Est à la médaille d’argent au Défi mondial junior A. Pour l’instant, il s’amène à Gatineau pour terminer la saison. Il n’a pas l’intention de vendre ou de quitter son équipe junior A.

« Le hockey junior A, c’est comme un gros commerce. Je m’en viens ici pour finir l’année. Ce sera aux Olympiques de décider si la chimie est bonne entre nous. Ça m’intéresse de passer au prochain niveau. Je suis rendu là dans ma carrière d’entraîneur, mais c’est vraiment plaisant de pouvoir le faire près de chez nous. J’ai une jeune famille et ma femme va donner naissance à un garçon bientôt. Si ça avait été ailleurs, je ne suis pas sûr que j’aurais été tenté par l’expérience. »

Dagenais a connu Éric Landry dans un cours d’entraîneurs de haute performance, là où était aussi Francis Wathier. Cet été, Landry l’avait invité à venir lui donner un coup de main au camp d’entraînement des Olympiques.

Restera à Dagenais à se familiariser avec un rôle d’adjoint. Il est entraîneur-chef depuis six ans avec les Ottawa junior Sens. Sa dernière expérience d’adjoint remonte à la saison 2013-14.

Chez les Olympiques, les adjoints Francis Wathier et Stéphane Proulx (gardiens) sont également Franco-Ontariens.

Populaire auprès des joueurs, Ron Choules travaillait avec Éric Landry depuis trois saisons.