« Je suis frustré de ne pas avoir pu démontrer que je pouvais diriger cette équipe-là avec mon approche », a déclaré Mario Duhamel.

La confession de Duhamel

En juin, il était ravi d'obtenir le poste d'entraîneur-chef des Olympiques de Gatineau. Mario Duhamel se sentait privilégié de se joindre à leur famille. C'était exactement le type d'équipe à laquelle il voulait s'associer.
Sept mois après son embauche à la séance de sélection de la LHJMQ, Mario Duhamel n'avait pas encore eu le temps de se faire tatouer le logo des Olympiques sur le coeur. Dimanche, à sa grande surprise, il a été congédié. Il ne s'attendait vraiment pas à recevoir cette nouvelle quand il a été convoqué à une rencontre avec le président Alain Sear et le directeur général Marcel Patenaude.
« Je n'ai jamais vu les drapeaux rouges. J'avais eu un vote de confiance du président au début de la période des transactions en décembre. Puis, je n'ai jamais eu vent d'une insatisfaction avant notre défaite de samedi. Quand on m'a demandé de me rendre au bureau dimanche soir, je ne m'attendais pas à recevoir des fleurs. J'étais prêt à recevoir le pot et j'avais déjà prévu le script que j'allais livrer à Alain (Sear). »
Avec le recul, Duhamel avoue avoir été un peu naïf avant de passer au confessionnal. « Les propriétaires ont le droit d'exiger des comptes. Je m'en allais là-bas pour leur donner mon plan jusqu'à la fin de l'année. Je voulais présenter ma vision des choses pour amener l'équipe à progresser. Nous avions commencé l'année en jouant à 50 % de nos capacités. Nous étions rendus à 80 %, mais Alain n'est pas passé par quatre chemins. Il n'a pas voulu étirer la sauce et entendre ce que j'avais à dire. Dans le fond, la décision était déjà prise. Je suis sorti de là avec mon baluchon. »
Congédié pour la première fois de sa carrière d'entraîneur, Mario Duhamel a été consterné par cette rencontre. « Pour moi, c'est un constat d'échec. Je suis extrêmement déçu. Je suis frustré de ne pas avoir pu démontrer que je pouvais diriger cette équipe-là avec mon approche. Elle différait de celle de Benoît Groulx, mais nos équipes ont toujours joué de la même façon. Je sentais que cette transition était terminée. J'aimais le comportement de nos joueurs sur la glace. Nous étions bien plus engagés. Les résultats ne correspondent pas à mes standards élevés, bien sûr, mais je nous voyais progresser. »
Un regret
Ce que Duhamel regrette le plus, c'est de ne pas avoir donné l'occasion aux membres du conseil d'administration d'apprendre à le découvrir. « Nous sommes en 2017. La communication n'a jamais été aussi importante. Le conseil d'administration ne me connaissait pas. Si j'avais pu répondre à leurs inquiétudes plus tôt pour leur expliquer où nous étions rendus dans notre processus, peut-être que nous n'en serions pas là aujourd'hui. Je vais apprendre de cela. »
Mario Duhamel ne se cache pas la tête dans le sable non plus. En se retrouvant en 16e place du classement général, il avoue que les choses n'allaient pas aussi rondement que prévu.
« Nous avions une équipe expérimentée. Nous voulions avoir l'avantage de la glace en première ronde des séries. Globalement, c'est sûr que je n'étais pas content de notre saison. Nous ne jouions pas à 100 % de nos capacités, mais c'est dans cette direction que nous allions. Dernièrement, avec toutes les transactions et l'horaire chargé, nous n'avions pas eu le temps de nous entraîner convenablement. Le reste de la saison devait nous permettre de le faire et je sentais enfin que j'allais pouvoir diriger à ma façon. La transition de Benoît Groulx à moi a été plus longue que prévu aussi... »
Avenir incertain
Installé dans le secteur du Plateau avec sa famille, Mario Duhamel va passer le reste de l'année scolaire en Outaouais. Il ne veut pas jouer à la victime. Il sait très bien que dans le sport, un entraîneur n'est jamais à l'abri d'un congédiement.
« J'avais eu la main heureuse à ce chapitre jusqu'à présent. On verra comment ça affectera la suite de ma carrière. Je suis frustré de ne pas avoir pu amener l'équipe à bon port. La seule partie que je peux contrôler, c'est d'apprendre de cette épreuve. »
Pour le reste, Duhamel ne veut même pas dire qu'il a manqué de temps pour faire ses preuves.
« Si nous avions gagné 35 matches, on ne parlerait pas de ça aujourd'hui. » Il a ajouté qu'il n'avait pas vraiment parlé à Marcel Patenaude depuis son congédiement. « Je veux laisser la poussière retomber avant. »
Un projet pilote désastreux
L'idée du président Alain Sear semblait intéressante au départ. Afin d'économiser des coûts, des ressources et du temps, les Olympiques ont lancé un projet pilote dans la LHJMQ. 
Le but était d'effectuer un long voyage pour affronter toutes les équipes des Maritimes d'une seule traite. Ainsi, on évitait un deuxième voyage pendant l'hiver. Au début du mois d'octobre, les Olympiques ont joué sept matches en 13 jours dans l'Est du pays. Ils sont revenus avec seulement une victoire et quatre points. Ils n'ont jamais pu s'en remettre. Aujourd'hui, la LHJMQ a déjà tranché. Elle ne permettra plus à ses équipes de répéter cette expérience.
« Ce voyage a laissé des traces. Nous n'avons même pas joué pour ,300 en septembre et octobre. Le doute s'était installé chez nos joueurs. Nous avons pu nous relancer en jouant pour ,613 en novembre et décembre », a expliqué Duhamel.
Puis, la période des transactions est arrivée. Le club s'est rajeuni en échangeant quelques vétérans importants, mais la chimie n'avait pas encore opéré avec l'arrivée de plusieurs nouveaux visages et un horaire chargé. De plus, le directeur général, Marcel Patenaude, a placé la barre haute à la fin de la période des transactions en affirmant  qu'il croyait avoir une meilleure équipe qu'au début du mois de décembre. Or, les Olympiques n'ont gagné que deux de leurs neuf derniers matches. Est-ce que cette déclaration est venue ajouter à la pression de gagner ?
« Pas nécessairement. Nous avions laissé partir de bons joueurs, mais nous avions une meilleure dynamique au sein de notre groupe. Nous avions plus de profondeur. Il restait à développer leur talent », a conclu Duhamel.