Creed Jones a donné du fil à retordre aux Mooseheads en repoussant 40 de leurs lancers.

Jones a fait suer Halifax

Devant une redoutable équipe formée pour accueillir le tournoi de la Coupe Memorial, Creed Jones a permis aux Olympiques de croire à une victoire jusqu’à la dernière seconde mardi soir au centre Robert-Guertin.

Le gardien de 18 ans a repoussé 40 des 41 tirs des Mooseheads de Halifax, mais ses coéquipiers n’ont pas été capables de marquer contre son opposant Alexis Gravel.

Ce dernier a effectué 22 arrêts, dont plusieurs dans les dernières minutes de jeu quand les Gatinois ont envoyé six patineurs dans la mêlée. Gravel a toutefois résisté aux derniers assauts pour signer son cinquième blanchissage dans une victoire de 1-0 qui a permis aux Mooseheads de freiner une courte séquence de deux revers.

« Le match aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre », a dit Jones, la première étoile de la rencontre.

C’était encore 0-0 en troisième période quand les visiteurs ont profité d’un avantage numérique pour inscrire le seul but de cette partie intense aux allures de séries.

« Ils ont eu un bond chanceux. Ils ont tiré à deux ou trois reprises. Il y avait des corps étendus par terre. J’étais couché, face à la rampe, quand ils ont enfin mis la rondelle dans le filet. Ce n’était pas un beau but », a ajouté Jones au sujet du but vainqueur de Keith Getson.

Le Gatinois Benoît-Olivier Groulx, qui évoluait devant parents et amis dont son père Benoît venu de Syracuse, a récolté une mention d’aide sur le but.

Les Olympiques (22-25-6) ont peut-être subi une cinquième défaite de suite mardi soir, mais ils en ont donné pour leur argent aux Mooseheads (46-14-4).

Les locaux ont même survécu à un long désavantage numérique de cinq contre trois pendant 1:58 en fin de première période et au début de la deuxième. Ils ont également écoulé une pénalité majeure de cinq minutes décernée à Kieran Craig pour avoir donné de la bande à Patrick Kyte, qui avait été coupé au visage sur la séquence.

Ce match à bas pointage contre une équipe extrêmement douée offensivement aurait été difficile à prévoir, mais l’entraîneur-chef Éric Landry était très satisfait de l’opposition offerte par sa troupe.

« Le but, c’est de nous préparer aux séries. Dans un match comme ça où il faut compétitionner à un haut niveau. Il faut prendre des décisions à haute vitesse avec et sans la rondelle. C’est parfait comme préparation. On ne s’est pas fait découdre. On a accordé beaucoup de lancers, mais on n’a pas donné trop de chances de marquer. On a respecté le plan de match. »

Malgré la défaite, Creed Jones a avoué qu’il aimait mener la vie dure aux puissances de la ligue.

« Les matches contre Rouyn-Noranda ou Halifax sont stimulants. Je sais que je serai criblé de rondelles, mais j’ai trouvé que nous avons été capables de les suivre ce soir. Il nous manquait la touche finale et ça va venir dans un avenir rapproché quand nous aurons acquis de l’expérience comme les Mooseheads. Ça n’avait pas été proche dans notre duel à Halifax en février. Il fallait être meilleur cette fois. »

Près du vestiaire vainqueur, Benoît-Olivier Groulx était soulagé de gagner le dernier match de son club au Québec cette saison. « Ça fait du bien. Nous avons rencontré trois gardiens en forme en fin de voyage. À Rouyn-Noranda, Samuel Harvey a fait de gros arrêts. À Val-d’Or, Mathieu Marquis a été exceptionnel. On ne connaissait pas trop Creed Jones, mais il vient de se faire connaître là. On a vu qu’il était capable d’être un bon gardien dans cette ligue. »

Les Mooseheads se sont présentés à Gatineau sans l’ancien olympique Maxim Trépanier. Victime d’une commotion cérébrale, il a été limité à huit matches après avoir été échangé à Halifax.

Les Olympiques tenteront de retrouver le chemin de la victoire vendredi. Les Remparts de Québec seront les visiteurs.

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GROULX A HÂTE DE JOUER DES MATCHES SIGNIFICATIFS POUR LES MOOSEHEADS

Au plan individuel, tout va bien pour Benoît-Olivier Groulx. Avec cinq matches à disputer à sa troisième saison dans la LHJMQ, le Gatinois de 18 ans a déjà égalé son sommet de 28 buts, dont huit gagnants. Ses 69 points ont surpassé sa marque de la saison dernière par 14 points.

Avec une récolte de 95 points au classement, ses Mooseheads de Halifax sont assurés du championnat de la division des Maritimes  depuis longtemps. Ils ont une confortable avance de 18 points sur les Screaming Eagles du Cap-Breton en tête division.

Benoît-Olivier Groulx a joué devant parents et amis, mardi à Gatineau.

Le tout premier choix de la séance de sélection de 2016 a cependant hâte de jouer des matches significatifs. Dans leur division, ils ont affronté un peu trop souvent les deux parents pauvres de la LHJMQ cette saison : les Sea Dogs de Saint-Jean et le Titan d’Acadie-Bathurst. Ceux-ci offrent bien peu d’opposition.

Les Mooseheads seront les hôtes du prochain tournoi de la Coupe Memorial et ils auront besoin de jouer avec plus de concentration et de conviction en affrontant un peu plus d’adversité quand les séries éliminatoires vont commencer dans un peu plus de deux semaines.

«Nous avons affronté deux équipes pas trop fortes à huit reprises. Nous voulions subir de vrais tests contre des équipes comme Rouyn-Noranda et Drummondville. Nous voulions bâtir notre confiance avec ces matches-là. Contre les Huskies, nous avons joué un bon match en fin de semaine, mais ce n’était pas encore assez bon.»

Groulx dit même avoir apprécié l’opposition offerte par les Olympiques mardi soir.

«Nous nous préparons aux séries maintenant. Dans un match comme ce soir, nous avons fait face à l’adversité. Les Olympiques ne nous ont pas donné beaucoup d’espace sur la patinoire», a expliqué le choix de deuxième ronde des Ducks d’Anaheim l’été dernier.
À Halifax, où les Mooseheads attirent des foules impressionnantes, ça commence effectivement à sentir les séries et le tournoi de la Coupe Memorial.

«On joue au hockey pour les matches qui s’en viennent. Tu veux gagner des matches qui sont difficiles à gagner comme celui de ce soir. Nous avons prouvé aujourd’hui que nous pouvions nous alimenter de l’énergie des deux équipes. Plus ça avançait, mieux ça allait pour nous.»