Jeffrey Durocher avait récolté 10 points en 53 matches à 16 ans. Il a eu besoin de 31 matches pour atteindre cette marque cette année.

Jeffrey Durocher explose

Jeffrey Durocher commençait vraiment à croire que la guigne de la deuxième année s'acharnait sur lui. Le jeune vétéran de 17 ans des Olympiques de Gatineau a dû attendre 29 matches avant d'enfiler son premier but de la saison.
Ce but compté à Rimouski était loin d'être anodin. Il est tombé au moment propice. Inscrit en prolongation, il a procuré une précieuse victoire aux Olympiques. Se sentant libéré d'une tonne de pression, les écluses venaient d'ouvrir. Trois jours plus tard, à Québec, Durocher a explosé avec un tour du chapeau. Son premier en carrière dans la LHJMQ, évidemment.
C'était presque trop beau pour celui qui venait d'obtenir une promotion dans le premier trio aux côtés de Yakov Trenin et Vitalii Abramov. Ce n'est pas mêlant, après 28 matches cette saison, Durocher montrait une maigre récolte de trois points. Après le dernier week-end à Rimouski, Sherbrooke et Québec, il était rendu à 10 points !
« Dans toute ma carrière, je n'avais jamais vécu pareille léthargie. Je savais que j'allais finir par compter. Je ratais trop de bonnes occasions. Il fallait que ça débloque. C'est arrivé au bon moment. En prolongation ! »
Fait cocasse, l'attaquant de 6'0'' et 161 livres avait le pressentiment qu'il allait mettre fin à sa séquence noire avant la prolongation à Rimouski.
« J'étais sur le banc à côté d'Alex Dostie. Je lui avais dit que je ne savais pas quand j'allais finalement compter, mais que si nous étions jumelés ensemble en prolongation, j'allais la mettre dedans ! Nous avons commencé la prolongation ensemble et quand j'ai compté, j'étais sous le choc. Je ne savais pas quoi dire. J'ai senti tout le stress accumulé depuis des semaines tomber d'un seul coup. Ç'a paru dans les matches suivants. À Québec, quand je regarde ma face après mes buts, je vois que je ne réagis même pas ! J'étais en mission. J'étais tellement concentré. Ce n'est qu'après le match que j'ai réalisé ce qui venait de se passer. »
Le choix de troisième ronde des Olympiques en 2015 a soudainement eu l'impression d'être utile à l'équipe. « J'ai participé aux quatre premiers buts à Québec. C'est un cliché, mais c'est vrai que ça en prend juste un pour débloquer. »
D'ailleurs, Durocher souhaite qu'un autre jeune vétéran de 17 ans puisse bénéficier d'un renversement de fortune prochainement. Anthony Gagnon, repêché au deuxième tour en 2015, est toujours à la recherche d'un premier point cette saison.
« Je pense tellement à lui en ce moment. J'ai vécu la même chose que lui en début de saison. Je bûchais fort, mais rien ne se produisait. Anthony travaille tellement fort dans les entraînements. C'est sûr qu'il va débloquer. Il a peut-être besoin d'une chance comme moi. Jouer avec Trenin et Abramov, des gars qui ont l'habitude d'amasser des points, ça aide énormément. »
Yakov Trenin trouve justement que son jeune coéquipier mérite ce qui lui arrive. « Il a travaillé fort. Il a obtenu plus de temps de glace. Il fonce au filet. Il est très rapide. Il gagne ses batailles. Sa confiance est meilleure. C'est bon de jouer avec lui. »
Cet apport offensif, Durocher a toujours cru l'avoir. Dans le bantam AAA avec les Seigneurs des Mille-Îles, il avait une moyenne supérieure à plus d'un point par match. À 15 ans, il avait inscrit 27 points en 42 matches avec les Vikings de St-Eustache (midget AAA). Il a d'ailleurs été le troisième joueur sélectionné par les Olympiques en 2015 après Anthony Gagnon et D'Artagnan Joly.
« J'avais obtenu un rôle plus défensif en début de saison, mais j'ai eu la chance de profiter de mon passage sur un trio offensif le week-end dernier. Avec la période des transactions qui approche, peu importe ce qui arrive, je sais maintenant que je peux occuper un rôle offensif. »
À qui la prochaine chance?
Le dernier voyage de trois matches à l'étranger a rapporté deux victoires aux Olympiques, mais celles-ci ont été acquises à fort prix.
Les Gatinois ont perdu les services d'un joueur dans chacun des trois duels. À Rimouski, Gabriel Bilodeau a souffert d'une entorse à la cheville. On parle d'une absence de deux à trois semaines pour le défenseur de 18 ans qui jouait son meilleur hockey de la saison au moment d'être blessé.
À Sherbrooke, un autre défenseur s'est joint à l'infirmerie quand Matthew Thorpe a été blessé au bas du corps. Il sera évalué sur une base quotidienne et pourrait ne pas rater beaucoup d'action.
À Québec, Austin Eastman a subi une autre blessure au haut du corps. Les Olympiques s'attendent à ce que l'attaquant de 19 ans s'absente pendant une période de deux à trois semaines.
Toutes ces blessures vont permettre à certains joueurs d'obtenir du temps de jeu supplémentaire. Qui sera le prochain à imiter Jeffrey Durocher en profitant d'un rôle accru ?
À date, la recrue Ryan O'Bonsawin a pu reprendre sa place dans l'alignement. Simon Leclerc a également tiré profit de la situation pour participer aux deux derniers matches à sa position naturelle. Il a même récolté son premier point en carrière dans la LHJMQ à Sherbrooke.
« Ces blessures vont nous permettre d'évaluer certains joueurs convenablement. Ça va nous donner la chance de voir ce que nous avons en matière de profondeur », a signalé le directeur général, Marcel Patenaude.
Ce dernier devra bientôt se priver des services de Yakov Trenin. Au moins, le Russe de 19 ans participera aux deux prochaines parties des Olympiques à Boisbriand vendredi et à Gatineau samedi avant d'aller rejoindre les membres de son équipe nationale junior dimanche.
Le match de samedi contre le Phoenix de Sherbrooke pourrait être son dernier dans l'uniforme des Olympiques. Ses services sont fortement sollicités par les équipes de tête de la LHJMQ, mais Marcel Patenaude évaluera si le jeu en vaut vraiment la chandelle. « Ça bouge déjà beaucoup au niveau des transactions à travers la ligue, mais de notre côté, il ne se passe pas grand-chose. »