Vitalii Abramov a récolté 104 points en seulement 56 matches cette saison. Il a inscrit 26 points en 16 parties avec les Olympiques avant d’ajouter 78 points en 40 matches avec les Tigres. Alex Barré-Boulet, de l’Armada de Blainville-Boisbriand l’a devancé avec 116 points, mais en jouant 11 matches de plus.

«Je suis un Tigre maintenant» — Abramov

Depuis l’ère Pat Burns, les Olympiques de Hull/Gatineau ont rarement échangé leurs joueurs vedettes afin d’accélérer un processus de reconstruction.

Trop occupée à collectionner les championnats, l’équipe la plus titrée de la LHJMQ avait l’habitude de conserver ses meilleurs actifs pour faire vibrer ses partisans au printemps. Or, à force d’essayer d’acheter d’autres championnats à crédit depuis quelques années, la direction du club a dû prendre la décision de sacrifier Vitalii Abramov en novembre afin de regarnir sa banque de choix au repêchage.

Le hasard fait drôlement les choses. Échangé aux Tigres de Victoriaville, le meilleur marqueur européen de l’histoire du circuit Courteau pourrait bien contribuer à mettre un terme à la saison des Olympiques d’ici deux semaines.

« Je ne m’attendais pas à jouer contre les Olympiques quand j’ai pris le chemin de Victoriaville. Ça me fait un peu bizarre, mais c’est la nature du hockey. Je suis un Tigre maintenant. Les Olympiques ont été importants pour moi, mais cela n’a plus d’importance. Nous sommes en séries. Je suis à Victoriaville et je suis excité à l’idée de gagner un championnat », a dit l’auteur de 301 points en 185 matches de saison régulière dans la LHJMQ.

Ses 223 premiers points ont été récoltés dans l’uniforme des Olympiques. Toujours souriant, l’attaquant russe était apprécié dans le vestiaire des Gatinois. Il a conservé des liens d’amitié avec ses anciens coéquipiers et il comprend qu’ils ont souffert pendant cette saison de reconstruction.

« Ça n’a pas été facile pour eux. Ils ont perdu plein de bons joueurs dans des transactions, mais ils se sont relevés et ils ont bien joué. Je considère encore que les Olympiques ont une bonne équipe. »

Aussi bonne que celle des Tigres ? Certainement pas. Sentant que c’était leur année, les Félins n’ont pas fait qu’ajouter le meilleur attaquant de la ligue par voie de transactions. Ils ont notamment acquis le meilleur gardien (Étienne Montpetit) et l’excellent défenseur Dominic Cormier.

Les Tigres misaient déjà sur Maxime Comtois, médaillé d’or au dernier Championnat du monde. La question qu’il fallait poser à Abramov n’était pas de savoir si les Tigres étaient plus puissants que les Olympiques, mais plutôt si l’édition actuelle des Tigres était supérieure à celles de ses deux années à Gatineau.

« Je dois répondre oui. Nous avons une équipe qui compétitionne à un très haut niveau. Nous avons fait de bons ajouts pendant la période des transactions et nous maîtrisons bien le système de jeu. »

Remontée au classement
Il faut dire que les Tigres reviennent de loin. Au moment de la transaction d’Abramov, ils étaient derrière les Olympiques au classement. Au 31 décembre, ils accusaient même neuf points de retard sur Gatineau alors que les équipiers d’Éric Landry se trouvaient à deux points du premier rang de la LHJMQ !

Sauf que les Olympiques ont continué à liquider certains de leurs meilleurs joueurs et la réalité a frappé au début de l’année 2018.

Depuis le 1er janvier, les Gatinois ont montré un dossier de 12-17-5 contre 27-6-1 pour l’équipe des Bois-Francs. Les Tigres ont formé la deuxième meilleure équipe de la LHJMQ en 2018 derrière l’Armada de Blainville-Boisbriand (26-3-5).

Les Olympiques ont fini par prendre le 11e rang, à 17 points des Tigres. Ceux-ci ont trois compteurs de 80 points et plus avec Abramov, Comtois et Ivan Kosorenkov. Le meilleur compteur des Olympiques, Shawn Boudrias, a totalisé 60 points.

Chez les Olympiques, l’entraîneur-chef Éric Landry a indiqué cette semaine que son club avait l’avantage de connaître les forces et faiblesses du magicien russe.

Abracadabramov connaît aussi les Olympiques comme le fond de sa poche. Qui sera avantagé au juste ?

« J’imagine que nous aurons bientôt la réponse à cette question », a-t-il répondu en riant.

Comme Giroux
Au-delà de ses exploits dans la LHJMQ, Vitalii Abramov est conscient qu’il lui manque un gros trophée. Avec les Olympiques, il n’a gagné qu’une ronde éliminatoire. Rendu à 19 ans, il voudra faire la différence, un peu comme Claude Giroux, le magicien franco-ontarien l’avait fait avec les Olympiques il y a 10 ans.

« Je n’ai pas vu jouer Giroux avec les Olympiques, mais je sais qu’il avait été la grande vedette des séries à 19 ans. La vraie saison débute maintenant et j’aimerais terminer ma carrière avec une coupe », a dit l’espoir les Blue Jackets de Columbus.


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Robitaille se méfie des séquences gatinoises

Son club a beau avoir tout pulvérisé sur son passage en battant ses 11 derniers adversaires à plate couture, l’entraîneur-chef des Tigres de Victoriaville ne tient rien pour acquis face aux Olympiques de Gatineau.

Car si les Olympiques n’ont pas gagné la loterie en terminant en 11e position pour se frotter à la deuxième meilleure équipe de la LHJMQ en deuxième moitié de saison, les Tigres n’ont pas fait mieux en tombant sur un club qui a la réputation de déjouer les pronostics en séries éliminatoires.

«Honnêtement, nous ne prenons pas les Olympiques à la légère. Ils ont fonctionné par séquences après leurs échanges. Ils ont perdu quelques matches en fin de saison, mais tous les compteurs sont remis à zéro et nous voulons nous assurer qu’ils n’amorcent pas une nouvelle séquence de victoires», a dit Louis Robitaille, à deux jours du début des hostilités à Victoriaville.

L’ancien joueur de l’Intrépide de Gatineau s’attend à ce que les retours au jeu du capitaine Alex Breton et de l’attaquant Giordano Finoro donnent un nouvel élan aux Olympiques.

«Ce sont deux gros morceaux que les Olympiques n’avaient pas dans les dernières semaines. Ils ont eu une semaine pour se préparer pour nous. C’est la même chose de notre côté et je sens que nos joueurs sont prêts. Ça fait longtemps que je suis dans le hockey et je n’ai jamais vu un groupe aussi soudé que celui que je dirige en ce moment. Ça vient avec les résultats de notre fin de saison», a ajouté celui qui était absent (au Défi mondial des moins de 17 ans) quand les Olympiques ont gagné leur dernier match contre les Tigres grâce à trois points d’Abramov.

Établis comme un des clubs favoris pour remporter la coupe du Président au début de la saison, les Tigres ont mis du temps à se mettre en marche, mais après la période des transactions, ils ont montré un différent visage.

«Ce qui a changé, c’est la chimie d’équipe. Les joueurs qui sont arrivés voulaient être ici et le départ de certains vétérans a laissé plus de place à nos leaders comme notre capitaine Félix Lauzon, Maxime Comtois et Vincent Lanoue. Vitalii Abramov a apporté une énergie contagieuse. Les autres l’ont suivi.»