Si la rondelle roulait moins pour Rafaël Harvey-Pinard en début de saison, les choses ont passablement changé, au cours des dernières semaines.

Harvey-Pinard en grande forme

Rafaël Harvey-Pinard a trouvé ses aises dans l’uniforme des Saguenéens de Chicoutimi. Limité à deux passes au cours de ses six premiers matchs, le capitaine a récolté 18 points, dont huit buts, dans les 11 rencontres suivantes. De quoi rassurer certains partisans de l’équipe qui commençaient à voir apparaître quelques cheveux gris sur leur tête.

Le début de saison plus tranquille de l’ancien attaquant des Huskies de Rouyn-Noranda a effectivement fait grincer des dents certains amateurs un peu plus intenses. Le principal intéressé, lui, avait certainement hâte de débloquer offensivement, mais il n’a jamais été inquiété.

« Le hockey, c’est souvent des hauts et des bas, et en ce moment, ça va bien et la rondelle entre dans le but », a relativisé Rafaël Harvey-Pinard, interrogé mercredi avant-midi, au terme de l’entraînement.

« Je ne me suis pas posé de questions, je savais qu’en travaillant fort comme je le fais toujours, ça allait débloquer. Ce n’était qu’une question de temps », a ajouté « RHP ».

La dernière séquence de six matchs a été particulièrement faste pour le numéro 11. Il a marqué sept buts et amassé six passes, pour 13 points. En 17 rencontres, il a accumulé 20 points. Terre à terre, celui qui est maintenant à la maison chaque soir a eu l’occasion de mettre les choses en perspective avec ses parents.

Adaptation nécessaire

Pendant ses trois saisons à Rouyn-Noranda, Rafaël Harvey-Pinard évoluait sur la plus petite glace de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (190 pieds de long par 85 pieds de large). À Chicoutimi, il a retrouvé la patinoire aux dimensions olympiques (200x100) du Centre Georges-Vézina.

« Ç’a demandé une grosse adaptation, surtout au niveau des repères, a convenu le Jonquiérois. La distance entre le but et la bande est plus grande, tandis qu’à Rouyn-Noranda, je n’avais pas nécessairement besoin de regarder avant de lancer puisque je savais où était le but. Tranquillement, je commence à m’habituer. »

Le hockeyeur de 20 ans a avoué qu’il ne s’attendait pas à ce que l’adaptation soit aussi importante.

« Ç’a peut-être été plus dur que je pensais, a-t-il partagé. Je jouais seulement une fois par année ici, donc ça ne paraissait pas tant. Le fait de jouer régulièrement sur la grande glace demande une adaptation et on comprend mieux pourquoi les autres équipes ont souvent plus de difficultés quand ils viennent jouer à Chicoutimi. »

Harvey-Pinard est reconnaissant de pouvoir vivre sa dernière année junior près des siens, dans sa région natale, mais lui et ses coéquipiers se concentrent sur ce qu’ils peuvent contrôler. L’attention portée sur eux par les médias, qui les voient parmi les prétendants au titre, est mise de côté dans l’entourage de l’équipe.

« On essaie de ne pas regarder ça. Les attentes et la pression, c’est inutile pour nous, dans le sens que ça fait seulement nous ajouter un poids sur les épaules et ça peut devenir une distraction », a exprimé Harvey-Pinard.

Malgré une récolte de 12 victoires en 17 matchs, les Saguenéens cherchent encore à trouver leur rythme de croisière. Certaines facettes du jeu sont encore à peaufiner et les joueurs en sont parfaitement conscients.

« Il y a des choses à améliorer, a concédé le capitaine. On n’était pas satisfaits de notre éthique dans les 10 premiers matchs et c’était beaucoup mieux dans les sept suivants, mais encore une fois, on peut améliorer notre exécution », a-t-il conclu.

En bref

• Hendrix Lapierre a pu s’entraîner à fond en compagnie de ses coéquipiers, mercredi avant-midi. Le rapide attaquant semble être complètement rétabli de sa commotion cérébrale subie il y a deux semaines à Rimouski. Il doit obtenir un dernier feu vert pour effectuer un retour, vendredi soir, mais ça regarde bien.

• La situation est légèrement moins claire pour Justin Ducharme, blessé à l’épaule depuis un mois. Il s’est entraîné mercredi, lui aussi avec vigueur, mais il portait toujours un chandail jaune pour les joueurs qui ne peuvent recevoir de mises en échec. L’entraîneur adjoint Claude Bouchard a expliqué que Ducharme avait préféré prendre certaines précautions, mais il devrait tester son épaule plus sérieusement, jeudi. Un retour au jeu vendredi est toujours envisageable.