Les partisans ne se bousculent pas aux portes du centre Robert-Guertin depuis le début de la saison des Olympiques. Le match de mercredi contre les Wildcats de Moncton a été un des moins courus de l’histoire

Guertin plus vide que jamais

Longtemps admirés à travers la LHJMQ pour la fidélité et la ferveur de leurs partisans, les Olympiques de Gatineau ont vu leurs assistances péricliter à vue d’œil au cours des dernières années.

Mercredi soir, contre les Wildcats de Moncton, ils ont atteint le fond du baril quand une foule de 1223 spectateurs a été annoncée au centre Robert-Guertin. C’était, de loin, la plus maigre assistance des 25 dernières années. Pire, le chiffre a été gonflé, car il n’y aurait pas eu 1000 personnes dans l’amphithéâtre. La section la plus « peuplée » était en fait celle derrière le banc des visiteurs, largement composée de partisans... des Wildcats.

Après trois matches, les Olympiques ont attiré en moyenne 1588 spectateurs, ce qui leur confère le 17e rang parmi les 18 équipes du circuit Courteau. Depuis trois ans, l’équipe outaouaise fait partie des cinq équipes aux plus faibles foules dans la LHJMQ avec des moyennes de 2062 en 2016-17 (15e), 2244 en 2017-18 (14e) et 2129 en 2018-19 (15e). Entre 1999 et 2009, les Olympiques avaient bouclé leurs saisons avec des moyennes entre 2700 à 3200 pour l’ensemble de leurs 34 matches locaux.

La pointe de mercredi a fait perdre le sommeil au président et nouveau gouverneur, Martin Lacasse.

« Je suis préoccupé et désolé comme tout le monde par le chiffre des assistances, mais ce qui m’attriste encore plus, c’est que les gens se concentrent davantage sur les assistances que le produit sur la patinoire. Notre reconstruction est amorcée. Nous avons échangé nos meilleurs joueurs depuis deux ans. Ç’a fait mal à nos partisans, mais là, nous avons une belle jeune équipe et j’entends seulement parler des assistances. »

La baisse d’achalandage aux guichets n’est pas un phénomène nouveau à Gatineau. En janvier 2016, Le Droit avait consacré deux pages à ce dossier. À l’époque, Alain Sear était le président et il avait parlé des difficultés à vendre des abonnements de saison. Les Olympiques comptaient alors entre 1200 et 1300 abonnés de saison. Aujourd’hui, selon Martin Lacasse, ce chiffre est passé à environ 400.

Initiative musclée

Dans un effort pour renverser cette tendance, Martin Lacasse a laissé miroiter que des mesures exceptionnelles seraient mises en place dès la semaine prochaine pour reconquérir le cœur des partisans du club.

« Nous avons des plans bien définis à court, moyen et long terme pour ramener les partisans à nos matches. Dès lundi ou mardi, nous allons dévoiler une initiative qui devrait pouvoir remplir la cabane pour notre match contre Sherbrooke le 11 octobre. Je n’en prendrai pas le crédit. C’est l’idée de Geneviève. »

Cette Geneviève, c’est Geneviève Lalonde, nouvelle directrice des opérations aux ventes et marketing du club embauchée durant l’été. Il y a eu du mouvement dans l’administration des Olympiques depuis le repêchage de la LHJMQ à Québec en juin. Lacasse porte maintenant les chapeaux de président et de gouverneur, là où il a remplacé le copropriétaire Nicolas Gosselin. Hugo Fontaine, responsable aux communications et marketing, a quant à lui été remercié cette semaine.

« Geneviève nous arrive du monde de l’assurance où elle était spécialisée dans la rétention et la recherche de nouveaux clients. Elle a fait un travail extraordinaire. Ça ne s’est pas encore traduit en hausse des assistances, mais elle a un bon plan pour cette année, l’année prochaine et l’année suivante (la première complète dans le nouvel amphithéâtre). Sa façon de travailler va bousculer des gens, c’est sûr, mais je suis certain que ses idées vont inciter nos partisans à redevenir des détenteurs d’abonnements de saison », a expliqué Lacasse.

Les Olympiques attendent aussi la mise à jour des travaux de construction du nouvel amphithéâtre en novembre avant de lancer une campagne d’envergure pour vendre des abonnements saisonniers. Selon les informations recueillies par Le Droit, le groupe VMSO aurait pris un léger retard sur sa date de livraison prévue de novembre 2020.

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GAGNER, LA RECETTE DU SUCCÈS

Franchise la plus titrée de l’histoire de la LHJMQ, les Olympiques de Hull/Gatineau n’ont pas hissé de bannière de la coupe du Président au plafond du centre Guertin depuis 2008.

Depuis l’arrivée de Charles Henry au milieu des années 80, les partisans des Olympiques ont eu l’habitude d’appuyer des équipes gagnantes, mais les victoires n’ont pas été nombreuses depuis trois saisons. Les Gatinois n’ont pas gagné une ronde éliminatoire depuis 2016 et ils n’ont pas atteint le carré d’as depuis 2011.

Ancien président devenu directeur des opérations hockey, Alain Sear pense qu’il n’y a pas de recette miracle pour raviver l’intérêt des partisans du club.

« La victoire vend des billets. Reculez deux ans en arrière et regardez les assistances des 67’s d’Ottawa. L’année dernière, ils se sont mis à gagner. Ils se sont rendus en finale et les gens sont revenus. Ça s’est poursuivi jusqu’à leur  match d’ouverture (de dimanche). »

Sear a laissé le côté administratif des Olympiques afin de se concentrer sur le volet hockey il y a deux ans. Il admet que la tâche de vendre des billets est épuisante et ingrate, surtout avec une faible base d’abonnements de saison.

« Ça fait 14 ans que je suis impliqué avec le club. J’ai fait de bonnes choses et j’ai fait des erreurs, mais je pense que sur le plan hockey, nous avons posé les gestes nécessaires pour mettre une équipe excitante sur la patinoire. J’ai été très transparent envers les partisans en parlant de mon plan de reconstruction. Nous allons bientôt en récolter les fruits. Le club est sur la bonne voie, mais à cause des assistances, on dirait que tout l’aspect positif du camp d’entraînement est déjà oublié. »

Quand Sear s’est rendu compte que l’avenir des Olympiques était menacé sans nouveau domicile, il est allé chercher d’autres partenaires.

Aujourd’hui, le club est composé de 10 actionnaires aux reins solides. Il est plus facile d’éponger les déficits à 10 en attendant le transfert vers le nouveau Guertin.

« Notre équipe est entre bonnes mains. Nous sommes tous passionnés et un peu fous en même temps pour nous impliquer dans un club de hockey junior, mais un jour, je vais passer le flambeau et je serai fier de ce que j’ai accompli. J’ai tout mis en place pour ramener un club qui va aspirer aux grands honneurs d’ici quelques années. »