David Aebischer a eu des responsabilités accrues en deuxième moitié de saison où il a fini par occuper le rôle du défenseur numéro un des Olympiques pendant les trois derniers matches des séries éliminatoires.

Gatineau peut-il se passer d’Aebischer ?

La saison 2018-19 des Olympiques de Gatineau fait maintenant partie du passé. Au cours des deux derniers jours, les joueurs sont venus chercher leurs effets personnels. Ils ont rencontré les entraîneurs et subi quelques tests physiques avant de rentrer chacun chez soi.

Le temps des grandes questions est déjà arrivé. Le club devra notamment remplacer son meilleur défenseur avec la fin de la carrière junior de Gabriel Bilodeau. Celui qui a été parachuté dans le rôle du défenseur numéro un avec l’absence de Darien Kielb dans les trois derniers matches de la série contre les Voltigeurs de Drummondville a très bien réagi.

David Aebischer a progressé à vue d’œil en deuxième moitié de saison, mais sera-t-il de retour l’an prochain ? La question est de mise parce que Iaroslav Likhachev semble toujours dans les plans du club même si sa production offensive n’a pas été à la hauteur des attentes. On croit toujours à son potentiel à Gatineau et les recruteurs de la LNH n’ont pas lancé la serviette non plus.

Or, les Olympiques parleront au 12e rang du prochain repêchage européen. À ce rang, ils peuvent espérer mettre la main sur un joueur d’impact. Dans ce cas, qui va rester ? Likhachev ou Aebischer ?

Chose certaine, le Suisse aimerait revenir à Gatineau pour y disputer une deuxième saison. Dans son bilan des transactions en janvier, le directeur général a surpris le défenseur de 18 ans en parlant d’un possible contrat professionnel pour lui en Suisse l’an prochain.

« Je n’ai jamais eu de discussions pour faire le saut chez les professionnels. Je ne sais pas d’où est sortie cette rumeur. Je suis encore sous contrat pendant un an avec mon équipe junior de la Suisse, mais elle a accepté de me libérer cette saison. J’aimerais bien rester à Gatineau une autre année. C’est clair que j’ai aimé mon expérience ici. On verra ce que le club voudra faire. Je veux attendre le repêchage de la LNH aussi. Ça aussi, c’est important. Après, on verra bien. »

À présent qu’il est devenu un défenseur établi dans la LHJMQ, Aebischer pourrait aussi intéresser d’autres formations du circuit Courteau. Serait-il ouvert à une transaction ?

« J’ai deux options. Revenir au Canada ou retourner en Suisse. Le défi est plus grand quand je joue contre les meilleurs au Canada. Je pense avoir bien progressé cette année. C’était ça le plus important pour moi. J’ai joué beaucoup pendant les séries. À la fin, je jouais jusqu’à 35 ou 36 minutes ! Je voyais bien que nous manquions d’expérience en défensive. J’ai voulu prendre le rôle de leader et je pense avoir réussi même si la série a été un apprentissage pour moi et toute l’équipe. »

Aebischer a récolté 28 points en 59 matches en saison régulière, mais la majorité de ceux-ci ont été amassés à son retour du Championnat mondial junior. En séries, il a partagé le deuxième rang des compteurs du club avec trois points en cinq matches.

Aebischer ira rejoindre sa mère et toute sa famille maternelle au Pérou jeudi. Pour sa part, Iaroslav Likhachev était déjà de retour en Russie en fin de semaine. Il a subi une blessure qui allait le tenir à l’écart du jeu pendant des semaines dans le dernier match à Drummondville vendredi.

Entorse pour Bilodeau

Quand il a été blessé dans la dernière semaine du calendrier régulier de la LHJMQ, le capitaine Gabriel Bilodeau était convaincu qu’il serait de retour au jeu pour les séries, mais un examen d’imagerie par résonnance magnétique a dévoilé une entorse à un genou de grade deux la semaine dernière.

Sa saison venait de prendre fin. Cette blessure nécessite de six à huit semaines de guérison.

« Un mauvais timing. J’aurais pu aggraver cette blessure en revenant au jeu trop rapidement. Une éventuelle opération aurait exigé une convalescence de plus de six mois. Je voulais éviter ce scénario », a dit celui qui va se joindre aux Stingers de Concordia l’an prochain.

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DES PAS DE GÉANT POUR ROY ET LANDRY

Giordano Finoro et Gabriel Bilodeau, les deux joueurs de 20 ans des Olympiques, ont été submergés par l’émotion lorsqu’ils sont rentrés dans le vestiaire après leur élimination face aux Voltigeurs à Drummondville vendredi soir.

Pour ces deux meneurs, cette défaite signifiait la fin de l’aventure du junior, mais pour d’autres, beaucoup plus jeunes, c’était aussi le début d’une période d’espoir.

Pier-Olivier Roy et Manix Landry étaient les cadets des Olympiques cette saison et l’avenir du club repose un peu sur leurs épaules.

Les deux premiers choix du dernier repêchage ont d’ailleurs été les principaux bénéficiaires de la reconstruction complète de l’équipe outaouaise.

À 16 ans, ils ont eu pu obtenir du temps de glace de qualité en plus de participer à plus de 55 matches chacun.

Roy, la neuvième sélection du dernier repêchage de la LHJMQ, a terminé la saison au 10e rang des compteurs de 16 ans avec une récolte de sept buts et 26 points en 56 matches.

Landry, un choix de deuxième ronde, a amassé quatre buts et 10 points en 57 matches. Dans son cas, il a été le plus jeune des 559 joueurs à avoir disputé un match dans le circuit Courteau cette saison. L’an prochain, il évoluera enfin contre quelques joueurs qui seront plus jeunes que lui.

«Ça ne changera pas grand-chose. Pour moi, cette première année en a été une d’apprentissage. J’ai pu évaluer les joueurs de la ligue au complet. L’année prochaine, les attentes seront plus élevées. Je deviendrai un joueur plus important et j’ai hâte de faire partie de la reconstruction.»

Landry se compte aussi chanceux d’avoir pu jouer plus de matches que prévu parce que son père, qui est aussi son coach, lui avait dit que le plan était de le faire jouer dans une trentaine de matches pour s’acclimater au circuit.

«Il y a eu des blessés et ça m’a permis de jouer un peu plus. Je pense que cette expérience va m’aider plus que si j’avais commencé à jouer juste l’an prochain.»

De son côté, Pier-Olivier Roy aurait pu vivre une saison mémorable s’il était resté avec son club midget AAA des Chevaliers de Lévis, mais il a préféré faire le saut dans la LHJMQ immédiatement.

Les Chevaliers ont fracassé plusieurs records avec leur fiche de 41-1-0 cette saison.

«J’étais content pour eux, mais j’étais encore plus content d’avoir fait l’équipe et d’être ici. C’est toujours plaisant de gagner autant, mais ma priorité était de rester à Gatineau même si je savais qu’ils auraient un des meilleurs clubs de la ligue à Lévis. Nous avions une des plus jeunes équipes de la ligue l’an dernier et nous avions fini quatrièmes. Je ne pensais pas qu’ils gagneraient autant de matches cependant!»

À Gatineau, Roy a eu l’impression d’avoir fait sa niche graduellement.

«La première année est passée. Elle est difficile. Il y a eu des ajustements à faire tout au long de l’année, mais je pense avoir pu rentrer dans l’identité des Olympiques après Noël. J’ai pu aider l’équipe à gagner davantage en deuxième moitié de saison. C’est dur de voir les vétérans partir, mais de mon côté, je sais qu’il me reste beaucoup d’années pour gagner ici.»