Brandon Frattaroli (27) a excédé les attentes en récoltant trois points dès son premier match avec les Olympiques mercredi. Son apport offensif a aidé les Gatinois à vaincre le Phoenix de Sherbrooke 7-5.

Frattaroli invité à une autre audition

Son entrée dans la LHJMQ a été tellement fracassante que Brandon Frattaroli a été invité à étirer son audition avec les Olympiques en fin de semaine.

Après avoir récolté trois points dès son premier match avec le club gatinois, l’attaquant de 17 ans accompagnera l’équipe à Chicoutimi et Baie-Comeau samedi et dimanche.

Au cours des 10 dernières saisons, seul Vitalii Abramov a fait mieux à son premier match en carrière avec les Olympiques. À son baptême dans la LHJMQ en 2015, le magicien russe avait placé la barre haute avec un match de quatre points. Il avait le même âge que Frattaroli, acquis avec un choix de deuxième ronde dans une transaction qui a fait passer Will Thompson à Rouyn-Noranda le 4 janvier dernier.

« Il a très bien paru mercredi, a affirmé l’entraîneur-chef Éric Landry. Pendant les deux premières périodes, c’est lui qui se compliquait le moins la vie et il ressortait du lot. Il joue en pleine confiance avec son équipe midget AAA et il a transporté ça ici. Nous voulons voir s’il va pourra poursuivre sur cette lancée dans le prochain voyage. »

Soyons clairs. L’attaquant des Lions du Lac St-Louis est avec les Olympiques par mesure d’urgence. Dawson Theede n’est toujours pas assez remis d’une blessure au haut du corps pour faire le voyage dans le nord-est du Québec.

Maxim Trépanier sera de ce voyage, mais sa présence dans l’alignement n’est pas assurée. Même s’il a été impressionnant au centre Robert-Guertin mercredi, Frattaroli peut seulement être rappelé pour un maximum de 10 matches jusqu’à l’élimination de son équipe midget AAA.

Là-bas, il est le deuxième marqueur de la ligue et il venait de connaître une séquence infernale de cinq matches où il avait amassé 14 points.

Son entraîneur chez les Lions, Jon Goyens, voit un joueur en pleine ascension lorsqu’il parle de Frattaroli. « Brandon a travaillé très fort et démontré une force de caractère pour arriver où il en est aujourd’hui. Il n’a jamais joué AAA au niveau bantam. Il a été capitaine de son équipe midget espoir à 15 ans. Chez nous, l’an dernier, il a commencé la saison sur la quatrième ligne, mais dans les séries, son trio avait été le seul à se présenter. Il a été, de loin, notre joueur le plus amélioré. Il a travaillé sans relâche pour arriver là. »

Pour Goyens, Frattaroli doit encore améliorer son coup de patin, mais ce n’est pas nécessairement un handicap.

« Il a d’autres atouts comme son lancer. Ses habiletés s’améliorent. Il mesure 5’11’’, mais il joue comme un joueur de 6’1’’. Il est fort comme un bœuf. »

Dans la victoire de 7-5 contre Sherbrooke, Frattaroli a été à l’origine de trois buts grâce à ses passes précises et sa lecture du jeu.

« Il n’a pas eu la passe primaire, mais c’est lui qui a orchestré les jeux en changeant les points d’attaque pour se donner des options. On voit qu’il a de bonnes aptitudes offensives », a expliqué à son tour Éric Landry.

Ce dernier signale qu’à 17 ans, Frattaroli se démarque des autres joueurs de 16 ans rappelés par les Olympiques cette saison.

« Il est plus mature physiquement et mentalement. Il lui a fallu deux présences pour s’ajuster à la vitesse du jeu, mais il a fait la transition rapidement. »

Frattaroli est retourné chez lui après la victoire des Olympiques mercredi. Il sera de retour à Guertin tôt vendredi matin pour sauter dans l’autobus vers Chicoutimi.

Tristan Bérubé est entouré des trois habitués aux buts des gardiens des Olympiques. Alex Breton, Gabriel Bilodeau et Alexandre Landreville ont aussi assisté aux buts de Mathieu Bellemare et François Brassard.

TROIS TÉMOINS PRIVILÉGIÉS

Les buts comptés par des gardiens sont censés être rares, mais ce n’est pas le cas si vous êtes un vétéran des Olympiques de Gatineau.

Jeudi matin, le but de Tristan Bérubé était encore le sujet de chaud à l’entraînement hors glace de l’équipe gatinoise.

Dans les couloirs du «Vieux Bob», trois vétérans se bidonnaient plus que les autres. Alexandre Landreville, Alex Breton et Gabriel Bilodeau ont eu la chance de voir leurs trois derniers gardiens numéro un compter des buts !

Le Gatinois François Brassard est même devenu une légende en comptant deux buts au cours d’une même saison.

«Quand tu sais qu’il y a eu seulement huit buts de marquer par des gardiens dans toute l’histoire de la LHJMQ, tu sais que c’est un phénomène rare. Nous sommes vraiment chanceux d’avoir assisté aux buts de François Brassard, Mathieu Bellemare et Tristan Bérubé», a indiqué Bilodeau, qui s’est dit encore plus excité pour celui de Bérubé parce qu’il était sur la glace.

Le capitaine Alex Breton est tellement rendu habitué de voir ses gardiens compter qu’il a développé le réflexe de guider son gardien dans l’euphorie du moment.

«Tristan ne savait pas quoi faire pour célébrer, alors je lui ai dit d’en profiter et d’aller voir les gars au banc. Ça n’arrivera pas souvent !»

Alexandre Landreville, lui, s’est dit très surpris de voir le tir de Bérubé traverser la glace au complet pour aboutir dans le filet.

«On peut s’attendre à voir un gardien essayer de lancer, mais de là à placer la rondelle dans le filet, c’est une autre histoire. Je ne pensais pas que Tristan réussirait. Il sait pourquoi je dis ça !»

Quand on lui demande d’élaborer, le Gatinois de 20 ans dit que l’équipe pratique à l’occasion ses longs dégagements dans des cages désertes.

«Nos gardiens ont eu beaucoup de difficultés dans cet exercice ! Quand on manquait, il fallait patiner et disons que les gardiens ont patiné souvent !»

Les trois joueurs ont beau avoir vu trois buts de leurs gardiens depuis 2015, il reste qu’ils sont admiratifs à chaque fois.

«On était figés quand Tristan a lancé. On ne bougeait plus. C’est tellement excitant un but de gardien. On ne pense pas en voir d’autres», ont-ils raconté, entourés du héros de la veille.

Le but d’un gardien entraîne les inévitables blagues entre joueurs dans un vestiaire. Bérubé a maintenant le même nombre de buts que le grand Métis Roelens et celui-ci est passé dans le tordeur depuis mercredi soir. «Métis passe une dure journée aujourd’hui», a rigolé Landreville.

Bérubé lui, a eu de la difficulté à fermer l’œil mercredi soir.

«Mon téléphone a sonné pas mal. Ça m’a pris du temps pour me rendre compte de l’ampleur de l’exploit. Ça ne m’arrivera sans doute plus jamais. Nous avons eu un drôle de match contre le Phoenix, mais l’important, c’est la victoire, une grosse victoire d’équipe.»

Et ses trois témoins de renchérir. «Une vraie victoire d’équipe où tout le monde a contribué. Ce n’est même pas un cliché !»