Choix de deuxième ronde des Olympiques de Gatineau l’été dernier, Charles-Alexis Legault pourrait être plongé dans un dilemme bientôt.
Choix de deuxième ronde des Olympiques de Gatineau l’été dernier, Charles-Alexis Legault pourrait être plongé dans un dilemme bientôt.

Et si la frontrière américaine demeure fermée aux hockeyeurs juniors canadiens?

La frontière canado-américaine est fermée jusqu’à nouvel ordre.

Une pandémie mondiale a eu raison de toutes les ligues de hockey en Amérique du Nord à part la Ligue nationale et la Ligue américaine, deux circuits professionnels qui cherchent une façon ingénieuse de conclure leurs saisons régulières et leurs séries éliminatoires.

Comme tout le reste a été annulé, il ne reste qu’à tirer un trait sur la saison 2019-20, mais si la frontière devait rester fermer pendant quelques mois de plus, comment se déroulera la saison 2020-21 de la LHJMQ, de la Ligue de l’Ontario ou encore de la Ligue centrale junior A (CCHL)?

Au Canada, plusieurs hockeyeurs planifiaient rejoindre leurs équipes des circuits juniors (USHL) ou universitaires (NCAA) américains. Certains y évoluaient déjà, mais que feront les joueurs de première année si leur première saison au sud de la frontière était compromise?

Choix de deuxième ronde des Olympiques de Gatineau l’été dernier, Charles-Alexis Legault pourrait être plongé dans un dilemme bientôt. Cette saison, parce qu’il voulait garder toutes ses options ouvertes, il a préféré jouer dans la Ligue midget AAA à 16 ans. Malgré tous les efforts des Olympiques pour le convaincre de s’aligner avec eux à 17 ans, le clan Legault n’est pas encore prêt à trancher.

Membre du programme canadien des moins de 17 ans, il a joué deux matches à Muskegon dans la USHL pendant le temps des Fêtes et il s’est aussi engagé envers Boston University dans la NCAA. Si la frontière demeure fermée au début de la prochaine saison, on pourrait croire que les chances de le voir dans un uniforme des Olympiques seraient rehaussées. Ce n’est pas nécessairement le cas.

Il y a plus qu’un chemin vers la LNH. L’agence qui le représente aime exploiter toutes les options pour le développement de chacun de ses joueurs. C’est du cas par cas.

Par exemple, son client Alex Newhook a été repêché en 3e ronde dans la LHJMQ et en 2e ronde dans la USHL, mais il plutôt évolué à Victoria dans la BCHL (junior A). En 2019, il a été un choix de première ronde de l’Avalanche du Colorado. Après sa sélection, il est entré à Boston College où il a été la recrue de l’année dans la NCAA.

Même en se montrant plus agressifs dans leur recrutement auprès du clan Legault, les Olympiques pourraient quand même se buter à une porte close.

Devon Levi

Devon Levi, un choix de l’Armada de Blainville-Boisbriand, est dans le même bateau. Natif de Dollard-des-Ormeaux, il a excellé chez les Canadians de Carleton Place dans la CCHL cette saison. Le gardien de 18 ans a été la recrue de l’année de toutes les ligues juniors A au Canada avec sa moyenne de 1,47 but alloué par match et son hallucinant pourcentage d’arrêt de ,941. La Centrale de recrutement de la LNH l’a identifié comme huitième espoir du prochain repêchage parmi les gardiens nord-américains.

Si l’option américaine devait disparaître (il doit jouer à Northeastern University l’an prochain), la LHJMQ ne serait pas son premier choix pour poursuivre son développement.

«Ça fait longtemps que Devon a éliminé cette option. Il a été patient pour poursuivre son parcours vers les États-Unis. Il a même joué trois saisons dans la Ligue midget AAA. Il veut jouer chez les pros éventuellement, mais son objectif, c’est de jouer au niveau collégial américain», a expliqué le conseiller familial du joueur, Jonathan Lachance.

D’ailleurs, pour lui, toutes conversations sur le sort des joueurs canadiens qui évoluent aux États-Unis sont hautement spéculatives à ce moment-ci.

«J’ai parlé avec plusieurs universités de la NCAA. En ce moment, tout le monde est très calme. Personne n’est inquiet. Tout suit son cours normalement. On tient pour acquis que la saison va commencer en octobre comme prévu. Alors, dans le cas de Devon, notre seule option, c’est Northeastern. Il faudra attendre la mi-juin ou la mi-juillet avant d’étudier une deuxième option si la frontière est fermée. Pour nous, ça pourrait signifier un retour à Carleton Place.»