Au deuxième jour du camp d’entraînement des Olympiques de Gatineau à ce dernier endroit, le gardien Emerik Despatie ne se plaignait pas de ce changement de domicile assez brutal, lui qui se retrouve avec l’équipe de son patelin après l’échange qui l’a amené de la Vieille capitale en retour d’un choix de deuxième ronde lors du dernier repêchage de la LHJMQ.
Au deuxième jour du camp d’entraînement des Olympiques de Gatineau à ce dernier endroit, le gardien Emerik Despatie ne se plaignait pas de ce changement de domicile assez brutal, lui qui se retrouve avec l’équipe de son patelin après l’échange qui l’a amené de la Vieille capitale en retour d’un choix de deuxième ronde lors du dernier repêchage de la LHJMQ.

Emerik Despatie content de rentrer au bercail

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
Passer du Centre Vidéotron de Québec à l’aréna Baribeau de Gatineau, c’est comme vendre sa Porsche pour rouler plutôt en Pinto.

Au deuxième jour du camp d’entraînement des Olympiques de Gatineau à ce dernier endroit, le gardien Emerik Despatie ne se plaignait pas de ce changement de domicile assez brutal, lui qui se retrouve avec l’équipe de son patelin après l’échange qui l’a amené de la Vieille capitale en retour d’un choix de deuxième ronde lors du dernier repêchage de la LHJMQ.

Portant encore son équipement et son masque aux couleurs des Remparts, Despatie veut d’abord et avant tout connaître un bon camp pour s’assurer du poste d’adjoint au vétéran Rémi Poirier, après une première saison difficile au niveau junior majeur à 16 ans.

Sa première sortie en match intra-équipe lundi soir s’est bien passée alors qu’il a concédé un seul but au vétéran Manix Landry tout en effectuant quelques bons arrêts. Quelques heures plus tôt, il avait été incapable de terminer l’entraînement matinal en raison de crampes aux deux jambes. «C’est bizarre, ça ne m’était jamais arrivé avant», a-t-il confié au Droit quelques minutes plus tard, déjà rétabli de ce malaise.

Concernant l’échange, il est aussi bien remis du choc initial.

«Je suis vraiment content d’être revenu à Gatineau. J’ai acquis de l’expérience à Québec et je pense que ça va être pour le mieux pour moi à Gatineau, avec ma famille qui est ici, dit-il. C’est certain que c’est une petite aréna (Baribeau), je n’y ai pas joué depuis le niveau pee-wee. Mais il n’y a pas de partisans dans les estrades de toute façon. C’est peut-être une pression de moins. La grosseur de l’aréna, ce n’est pas grave, les gens voient juste la patinoire à la télévision.»

Natif de Cantley mais habitant maintenant à Gatineau, Despatie avait été le dernier gardien retranché au camp de l’Intrépide midget AAA alors qu’il avait 15 ans. Passant cette saison-là avec la formation midget espoir de l’Intrépide, il s’était imposé suffisamment pour être le deuxième gardien repêché à l’encan midget de la LHJMQ l’an dernier, Québec utilisant un choix de deuxième ronde pour obtenir ses services.

Le gardien de but natif de Cantley, Emerik Despatie

Jouer pour les Remparts, ça veut dire non seulement jouer devant de nombreux partisans dans un amphithéâtre digne de la LNH, mais également jouer pour leur entraîneur Patrick Roy, le légendaire ancien gardien du Canadien de Montréal et de l’Avalanche du Colorado.

«Ça a été une bonne expérience, même si c’est sur que ça rajoute un stress. C’est quand même le meilleur gardien de l’histoire et tu ne veux pas le décevoir. Je trouvais que c’était quand même une pression. Quand il te regarde, tu veux ‘performer’, relate Despatie. Il s’occupe plus des joueurs que des gardiens (encadrés par un entraîneur de gardiens). Il a commencé à me parler à la fin de l’année, ça m’aidait, sauf que la saison a été arrêtée (en raison de la pandémie). Ça a mal fini... J’avais eu un stress aussi aux Fêtes quand il (Roy) avait parlé dans les médias de me rétrograder au midget AAA. Il ne m’en avait pas parlé, je l’ai appris en regardant les nouvelles.»

Quelques bonnes performances dans les jours suivants ont convaincu Roy de le garder à Québec. Il aura finalement joué 22 matches au cours de la saison 2019-2020 écourtée, présentant une fiche de 4-8-0 avec une moyenne de 4,37 et un taux d’efficacité de ,850.

«Je dirais que j’ai eu une saison correcte. J’aurais pu faire beaucoup mieux. Je n’ai pas eu beaucoup de matches pour montrer mon talent. Je pense que je me suis beaucoup amélioré depuis l’an passé», dit Emerik Despatie, qui a travaillé cet été avec son ancien entraîneur du programme sports-études à Nicolas Gatineau, J.P. Charbonneau.

Le gardien de 6’ 1’’ et 165 livres luttera avec Gabriel Boissonneault et Nathan Pelletier au cours des prochains jours pour le poste d’adjoint.

«C’est un gars de la région, mais au-delà de ça, on aimait beaucoup son potentiel. Il a appris à la dure l’an passé. Pas uniquement parce qu’il avait 16 ans, ce qui n’est jamais facile pour un gardien, mais il jouait souvent sur la route, à la fin de trois en trois (matches). Cette adversité-là va faire qu’il va être prêt à faire face à la musique et continuer à grandir», estime le nouvel entraîneur-chef et d.g. des Olympiques, Louis Robitaille.

L’entraîneur-chef des Olympiques, Louis Robitaille

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ROBITAILLE SATISFAIT DU DÉBUT DE CAMP

C’est un début de camp, donc il n’y avait pas de quoi partir en peur avec un premier match intra-équipe, remporté 3-2 en tirs de barrage par les Noirs de Claude Giroux contre les Blancs de Maxime Talbot.

L’entraîneur-chef Louis Robitaille a quand même bien aimé ce qu’il a vu d’entrée de jeu de la part de plusieurs de ses vétérans ainsi que de ses recrues qui se sont produits devant des bancs presque vides à l’aréna Baribeau -- mais devant des caméras retransmettant le tout par l’entremise de Facebook Live pour quelques centaines de mordus.

Le vétéran Manix Landry a montré qu’il est prêt à une grosse saison malgré le départ de son père Éric, congédié le printemps dernier, en y allant d’un doublé pour les gagnants, alors qu’un filet d’Evan MacKinnon a fait la différence au concours d’habiletés. Métis Roelens, un autre vétéran, a compté et a préparé le but égalisateur de Samuel Lavoie qui a forcé la tenue d’une période de prolongation.

«En général, j’ai bien aimé. Le rythme a augmenté en deuxième période, les détails étaient là et on a vu un sentiment d’urgence du côté des Blancs pour revenir créer l’égalité. Puis les Noirs sont revenus ensuite, analysait-il. Un vétéran comme Landry a compté de beaux buts. Des gars comme lui qui ont du succès dans le passé veulent trouver leur rythme dans un match comme ça. Ce n’est pas toujours le plus facile à jouer pour ces gars-là, mais ils voulaient bien faire, faire la différence. Je suis content de pas mal tout le monde. J’ai aussi aimé le désir de vaincre affiché à la fin. Oui, c’est juste le camp d’entraînement, mais ces détails-là, on va pouvoir les transposer en saison régulière.»

Les Olympiques vont maintenant disputer un premier match hors-concours mardi soir avec la visite de l’Armada de Blainville-Boisbriand à l’aréna Baribeau. Robitaille attendait d’avoir un rapport de blessés avant de dresser son alignement pour cette rencontre. «On a un Frédéric Dutil qui a bloqué quatre tirs par exemple, on va voir s’il est disponible demain. On veut faire jouer des gars qui sont à 100 %. Mais comme j’ai dit aux joueurs, il y a eu une longue pause entre la fin de la saison dernière et le camp, on a trois matches cette semaine, tout le monde va jouer, des vétérans vont peut-être jouer plus que normalement dans une première semaine, et on a des décisions à prendre. Il y en a qui veulent des rôles, et là, ça commence pour de vrai. Le rythme va augmenter et je leur ai dit de ne pas attendre qu’il soit trop tard», a ajouté Robitaille.