Miguel Tourigny est un attaquant éligible au repêchage de la LNH, en 2020.
Miguel Tourigny est un attaquant éligible au repêchage de la LNH, en 2020.

Des espoirs de la LNH à Gatineau plutôt qu’en Floride

Dans le monde ultra compétitif où ils évoluent, les agents des hockeyeurs d’élite ne doivent pas ménager leurs efforts pour traiter leurs clients aux petits oignons. Chaque été, depuis quelques années, la jeune agence Unlimited Sports Management (USM) invite ses plus beaux espoirs en Floride, pour un camp de perfectionnement.

Cette année, la COVID-19 est venue contrecarrer leurs plans. Il aurait été risqué de réunir les athlètes de talent dans une des zones les plus rouges sur le continent nord-américain.

Les dirigeants de la firme ont vite trouvé une solution de rechange.

Quand le gouvernement du Québec a décidé de procéder à la ré-ouverture de ses complexes sportifs intérieurs, ils ont réservé, en vitesse, un important bloc d’heures au Complexe Branchaud-Brière.

Des mesures de distanciation sociale sont imposées au Complexe Branchaud-Brière.

Durant une bonne partie du mois de juillet, les clients de l’agence vont donc s’entraîner en Outaouais.

«Ça n’a pas été facile», fait valoir Mathieu Lacharité.

L’agent, qui s’occupe des territoires du Québec et de l’est du Canada pour USM, a joué un grand rôle dans l’organisation de cet événement.

«Je peux vous dire qu’il n’y avait pas beaucoup de glaces disponibles, explique-t-il. On a bloqué 70 heures, ici, sans même savoir si les gars étaient prêts à embarquer.»

Finalement, la réponse a été plus que positive.

Une trentaine de clients de l’agence ont finalement réorganisé leurs horaires estivaux pour prendre part à l’événement.

«Finalement, on s’est rendus compte que pour les athlètes, après trois mois de confinement, il était urgent de trouver une façon de reprendre l’entraînement.»

Miguel Tourigny, un attaquant éligible au repêchage de la LNH, en 2020, confirme.

«Je m’entraînais dans mon gym, à la maison, et j’attendais juste un appel. Travailler sous la supervision d’un entraîneur qui nous pousse dans le dos, c’est différent», déclare-t-il.

Puisqu’il n’est pas facile d’organiser des déplacements, la plupart des joueurs qui passent le mois de juillet dans la région proviennent du Québec.

On compte, aussi, quelques visiteurs de l’Ontario.

Les joueurs les plus expérimentés du groupe sont William Bitten et Rémi Élie. Les deux attaquants franco-ontariens ont passé la dernière saison dans la Ligue américaine.

L’entraîneur des gardiens des Sénateurs d’Ottawa, Pierre Groulx, a sauté sur la patinoire pour les séances d’entraînement de mercredi.

Il n’est pas différent des joueurs. Après avoir passé les quatre derniers mois confiné, à regarder des matches sur vidéo tout en discutant avec ses protégés sur Zoom, il est heureux de pouvoir enfin sortir de la maison.

Au Complexe Branchaud-Brière, il travaille surtout avec des athlètes de la relève.

L’entraîneur des gardiens des Sénateurs d’Ottawa, Pierre Groulx, donne des conseils à l'espoir de la LHJMQ, William Blackburn.

Mercredi, il a entre autres conseillé William Blackburn, un jeune athlète de Jonquière, espoir de la LHJMQ, qui a participé l’an dernier au Défi mondial des moins de 17 ans.

«Puisque les gyms étaient fermés, chez nous, à cause de la COVID, je m’entraînais à la maison. C’est clair qu’ici, avec Pierre, je travaille avec un entraîneur qui sait comment s’y prendre pour atteindre le niveau supérieur. Il voit plein de petits détails qui pourront faire la différence dans mon jeu.»

Chaque jour, les espoirs qui participent au camp de USM ont droit à des entraînements hors glace, aussi.

En temps normal, dans les camps qui sont organisés par les agences, on invite des tas de conférenciers spécialisés en psychologie sportive, en nutrition, etc.

«Il n’a pas été facile d’organiser tout ça, cette année. Il n’était pas facile de trouver des salles disponibles pour organiser ces rencontres», explique Mathieu Lacharité.

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Will Bitten a la chance de s'entraîner avec son frère cadet, Samuel Bitten (photo) à défaut de pouvoir renouer avec la compétition.

UNE ANNÉE DÉTERMINANTE POUR WILL BITTEN

Will Bitten gardera un oeil sur Edmonton, le mois prochain. Le Wild du Minnesota, l’équipe avec laquelle il est sous contrat, affrontera les Canucks de Vancouver dans la ronde de qualification des séries de la coupe Stanley.

L’attaquant de 22 ans de Gloucester n’a pas été retenu au sein de la formation de 30 joueurs. Il passe donc le mois de juillet au camp organisé par son agence, Unlimited Sports Management.

«On avait une très bonne équipe dans la Ligue américaine. On avait beaucoup de très bons vétérans. Tout le monde pouvait compter, tout le monde pouvait contribuer», souligne-t-il.

Le club école du Wild, qui a pignon sur rue en Iowa, occupait le troisième rang du classement général, dans cette ligue à 31 équipes, au moment de l’interruption des activités.

À sa deuxième saison chez les pros, Bitten a pris le neuvième rang du classement des marqueurs de son équipe. Il a inscrit 21 points en 51 parties.

«Ça s’est quand même bien passé. J’ai évolué toute l’année dans les deux premiers trios», dit cet ancien choix de troisième ronde.

«Mes entraîneurs m’ont dit que j’ai connu une bonne saison. Ils m’ont quand même rappelé que l’an prochain, je ne serai plus vraiment jeune. Le noyau du Wild vieillit. Ce sera à moi de pousser pour prouver que je suis capable de faire l’équipe au Minnesota.»

Sans trop savoir quand il pourra renouer avec la compétition, il se compte chanceux de pouvoir s’entraîner avec son frère cadet, Samuel.

Ce dernier devrait jouer dans la LHOntario, à 20 ans, l’an prochain.

«Ce sera une grosse saison pour moi», de dire le frère cadet, qui espère à son tour faire le saut chez les pros.

«Les gens disaient qu’ils s’ennuyaient, ce printemps, à la maison. Ce n’était pas notre cas! J’ai la chance de compter sur mon frère pour me pousser dans le dos. Mais on est compétitifs. Parfois, on en vient presque aux coups!»