Alexandre Landreville, Alex Breton et Gabriel Bilodeau quittent le centre Robert-Guertin après avoir vidé leurs casiers mardi matin. Les deux premiers ont disputé leurs derniers matches avec les Olympiques de Gatineau. Bilodeau pourrait quant à lui devenir le prochain capitaine du club la saison prochaine.

Des amis pour la vie

À 17 ans, lorsqu’il est débarqué dans le vestiaire des Olympiques de Gatineau à 2 heures du matin pour aller jouer son premier match en carrière dans la LHJMQ à Shawinigan le soir même, Alex Breton était loin de se douter qu’il deviendrait un jour capitaine de sa nouvelle équipe.

Obtenu des Tigres de Victoriaville pour une bouchée de pain (un choix de 11e ronde), il dominait la Ligue midget AAA du Québec au moment où les Olympiques l’ont rappelé pour venir en aide à une brigade défensive décimée.

« Je sortais de nulle part. Je ne connaissais personne ici. J’étais gêné ! Les Olympiques m’ont donné une chance que je n’avais pas eue à Victoriaville et je l’ai saisie. »

Quatre années ont ensuite filé à la vitesse de l’éclair.

« C’est terrible ! Ce que j’ai aimé le plus de mon passage ici, c’est la chimie qui s’est installée entre les boys. Bill (Gabriel Bilodeau), Lander (Alexandre Landreville) et moi, nous avons été ensemble 24 heures par jour depuis quatre ans. Ça va me manquer. Je me suis fait des amis pour la vie. J’ai gardé le contact avec Marc-Olivier Crevier-Morin (le dernier capitaine) et Yan-Pavel Laplante, deux de mes très bons amis au fil des ans. »

À Gatineau, Alex Breton a graduellement gravi la hiérarchie des défenseurs des Olympiques. Après avoir disputé un 262e match, séries incluses, où il a récolté 24 buts et 119 points, sa carrière dans la LHJMQ a pris fin vendredi soir contre l’équipe qui l’avait repêché en 2014.

Il était devenu le général de la défensive gatinoise. Et même s’il part sans regret, il aura toujours ce petit questionnement à l’intérieur de sa tête.

Et si ?
« C’est sûr qu’on va toujours se demander ce que nous aurions pu faire en gardant notre équipe du début de saison. L’organisation a pris des décisions en fonction de son avenir. Ça devrait être payant dans les prochaines saisons, mais ils ont quand même gardé un certain noyau ici. Ils n’ont pas tout liquidé et nous avons quand même traversé de bonnes séquences. »

Le hockeyeur de Ste-Marie-de-Beauce va toujours se souvenir de la séquence de 14 matches sans défaite en temps réglementaire qui s’est terminée le 31 décembre.

« Il n’y avait rien de triste chez nous pendant ce temps-là ! Notre vestiaire était survolté. Nous avions joué dans la classique hivernale pendant cette séquence. C’était vraiment une belle période, car je ne ferai pas de cachettes, notre fin de saison 2016-2017 avait été difficile. »

Chez les pros
Sa carrière junior terminée, Alex Breton attend impatiemment la suite des choses. Des équipes de la LNH ont démontré de l’intérêt pour le défenseur mobile capable de relancer l’attaque. Son style est parfaitement adapté à celui de la LNH d’aujourd’hui. Comme il n’a jamais été repêché, il est libre comme l’air. Il jouera au hockey professionnel l’an prochain. Reste à savoir où.

Selon les informations du Droit, Ottawa, Colorado et Tampa Bay sont parmi les équipes qui songent à soumettre une offre à son agent.

« J’espère que quelqu’un m’a remarqué et me donnera une chance. C’est tout ce que je veux », a dit le meilleur ami de Thomas Chabot chez les Sénateurs.

Breton a fait du chemin depuis son arrivée à Gatineau où il mesurait 5’10’’ et pesait 170 livres. Il est rendu à 6’0’’ et 192 livres et il a pris une aisance remarquable sur la patinoire.

« J’ai fait des pas de géants cette année. Quand Éric Landry est arrivé, ç’a été bon pour ma confiance. Ça faisait longtemps que je le connaissais. Les choses ont bien été avec lui. »

En quittant la glace du Colisée Desjardins vendredi soir, Breton a serré Vitalii Abramov dans ses bras pour lui souhaiter bonne chance.

« Je n’ai pas lâché Vitalii de la série. Lui non plus d’ailleurs. Nous n’avions pas le choix. C’était spécial pour lui de nous affronter. Nous n’avons pas donné la vie facile aux Tigres et nous avions des blessés en plus. Nous avons vraiment tout donné. »

CE QU'ILS ONT DIT

Les entraîneurs ont rencontré les joueurs des Olympiques une dernière fois mardi afin de dresser le bilan de leur saison et de préparer celle qui s’en vient pour ceux qui sont admissibles à un retour en 2018-19.

Pendant qu’ils étaient affairés à vider leurs casiers, Le Droit a abordé quelques joueurs pour leur poser quelques questions.

Shawn Boudrias:

«Ça fait deux ans que je termine les séries avec des blessures. L’an dernier, c’était en troisième période du dernier match et c’était un accident. Cette fois, Chase Harwell savait très bien ce qu’il faisait quand il m’a atteint au visage avec son coude. Je suis déçu de ça. Il a été suspendu, mais il a pu rejouer dans cette série. Pas moi. Je suis fâché de ne pas avoir pu aider mon équipe à gagner, surtout dans les quatre derniers matches qui étaient très serrés.»

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Anthony Beauchamp:

«J’espère avoir démontré que je pouvais être considéré pour jouer à 20 ans l’an prochain. C’était à moi de bien me vendre durant les séries. Je suis fier de ce que j’ai accompli même si je ne suis pas satisfait d’être éliminé. Maintenant, la situation est hors de mon contrôle. J’ai appris à jouer mon rôle avec fierté cette année. Je pense avoir progressé, mais j’ai mis les efforts pour y arriver. Je suis un gars qui travaille fort et qui dérange l’adversaire. J’ai même dérangé le coach des Tigres dans la dernière série.»

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Gabriel Bilodeau:

«Je ne suis pas à Gatineau depuis le début de ma carrière junior, mais presque. Je suis arrivé aux Fêtes à 16 ans et c’est sûr que j’aimerais pouvoir terminer ma carrière ici à 20 ans. Je viens de vivre une de mes plus belles saisons. J’ai eu beaucoup de temps de glace. Dans ces temps-là, on s’améliore encore plus vite. Certains nous prédisaient une saison de misère et que nous serions peut-être même exclus des séries, mais nous avons montré que nous pouvions gagner sans Vitalii Abramov. Nous avons fait taire nos détracteurs. C’est plate d’avoir perdu en cinq matches contre Victoriaville, mais ils ont eu de la difficulté à nous battre.»

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Alexandre Landreville:

«C’est probablement la fin du hockey compétitif pour moi. Je vais me concentrer sur mes études en techniques policières, mais j’aime trop le hockey pour arrêter complètement. Je vais sûrement jouer dans une ligue de garage! J’ai aimé ma dernière année et j’aurais aimé voir ce que nous aurions pu faire avec Vitalii Abramov, Mitchell Balmas et Will Thompson. On croyait vraiment en nos chances de tout gagner cette année parce qu’il n’y avait pas de puissances dans notre ligue comme Saint-Jean l’année dernière. Même après l’échange d’Abramov, quand nous avons gagné 10 matches de suite, tout le monde croyait en nos moyens dans ce vestiaire.»

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Carson Gallant (le premier choix de l’équipe (deuxième ronde) qui n’a participé qu’à 24 matches cette saison):

 «J’ai vécu une saison frustrante et décevante à ne pas jouer beaucoup, mais j’ai appris dans les entraînements et j’espère que ça me servira l’an prochain. Je vais travailler mon endurance et ma vitesse cet été et revenir en août pour gagner mon poste. Je n’ai pas l’intention de demander une transaction.»

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Pier-Olivier Lacombe:

«J’ai fait plusieurs points en avantage numérique cette année, mais je vais vouloir en faire davantage à cinq contre cinq l’an prochain. J’ai bien commencé l’année, mais j’étais surveillé de plus près par la suite. Les équipes se préparaient à contrer mes tirs. C’était à moi de trouver la bonne ligne de tir.»