Les Olympiques de Gatineau n’ont jamais joué devant autant de bancs vides que cette saison dans la LHJMQ.
Les Olympiques de Gatineau n’ont jamais joué devant autant de bancs vides que cette saison dans la LHJMQ.

Crise chez les Olympiques: l’abcès sera crevé lundi

Les braises chauffaient leur « deuxième étage » depuis des semaines, mais le feu a réellement pris naissance jeudi soir chez les Olympiques de Gatineau.

À la recherche d’un électrochoc pour sortir l’organisation de son marasme, quatre actionnaires ont averti Alain Sear de leur intention de le dégommer de son poste de directeur des opérations hockey ainsi que de son titre d’actionnaire.

La crise a été exposée au grand jour dans Le Droit vendredi, puis reprise avec des compléments d’information par tous les médias de la région. Même à Montréal, La Presse consacrera un dossier sur la débandade du club gatinois samedi.

Devant l’urgence de la situation, le président Martin Lacasse a convoqué les 10 actionnaires du club à une réunion lundi prochain. À l’origine, cette rencontre devait avoir lieu mercredi.

« On nous avait même demandé de participer à une réunion d’urgence ce matin (vendredi), mais c’était impossible. Lundi, nous allons tenter de crever l’abcès. Le sentiment de fierté a disparu chez les Olympiques. Nous étions une organisation modèle il n’y a pas si longtemps. Maintenant, nous sommes devenus la risée de la ligue. Il faut que ça arrête. Nous sommes plusieurs à avoir investi 500 000 $ chacun dans cette aventure pour avoir du plaisir, pas pour nous faire humilier », a sèchement expliqué un actionnaire contestataire lorsque joint par Le Droit.

Vendredi, Alain Sear a répété à ses partenaires qu’il avait l’intention de s’accrocher à son poste malgré la tourmente.

« Il ne croit pas être le problème. Il ne comprend pas, mais pour le bien de l’organisation, il faut qu’il parte. Il doit cesser de penser à sa personne et penser à l’équipe. Tout le monde est éclaboussé. Les partisans sont furieux. Les joueurs sont malheureux. Nous avons joué devant 300 personnes mercredi. Plus personne ne va vouloir venir jouer ici. Nous sommes quatre actionnaires à avoir rencontré le commissaire Gilles Courteau pour lui faire part de nos inquiétudes. Nous ne savions pas quoi faire pour changer le vent de côté parce que nous ne sommes pas assez nombreux pour le renverser », a ajouté l’actionnaire.

Selon nos informations, Gilles Courteau a participé à une téléconférence avec Alain Sear et le président Martin Lacasse vendredi, mais peu d’informations ont été échangées. Les parties ont convenu qu’ils se reparleraient après la rencontre des actionnaires lundi.

Robitaille et Talbot

Toujours dans la journée de vendredi, il a été révélé que de gros noms associés au passé glorieux des Olympiques étudiaient la possibilité d’acheter des parts dans l’équipe, particulièrement celles d’Alain Sear. À la tête du groupe, Luc Robitaille, membre du Temple de la renommée de la LNH et actuel président des Kings de Los Angeles. Président-directeur général chez l’entreprise AEG spécialisée dans les spectacles, son groupe pourrait même s’occuper de l’événementiel dans le nouvel amphithéâtre des Olympiques.

L’ancienne vedette des Olympiques va à tout le moins jeter un coup d’œil sur l’entente entre la Ville, les Olympiques et le groupe VMSO avant de statuer son intérêt. S’il embarque, l’ancien capitaine Maxime Talbot compte bien le suivre. Même chose pour le Gatinois Derick Brassard, membre actif des Islanders de New York. Claude Giroux et Jean-Gabriel Pageau ont aussi été approchés, mais pour l’instant, ils ont d’autres chats à fouetter.

« Dans tous les cas, ces propriétaires vedettes investiraient chez les Olympiques uniquement si Alain Sear est exclu du groupe de propriétaires. D’un seul trait, ils pourraient ramener toute la crédibilité à l’organisation », a avancé une personne près du dossier.

Dernier propriétaire à quitter l’équipe en raison de son différend avec Sear, André Chaput a téléphoné au Droit vendredi pour dire qu’il serait prêt à acheter les parts de Sear s’il devait quitter. « Gilles Sauvé aussi est prêt à revenir si d’autres veulent partir. »