Après avoir combattu un cancer du pancréas, Charles Henry est atteint d’un cancer du système lymphatique.

Charles Henry serein et positif

Les Olympiques de Gatineau ont une dernière saison complète à jouer dans le « Vieux Bob », le centre Robert-Guertin.

Avant leur déménagement au nouveau complexe construit dans le secteur Gatineau, certains auraient souhaité que l’organisation hisse une bannière pour rendre hommage à leur ancien « grand manitou », Charles Henry, architecte de leurs sept conquêtes de la coupe du Président et d’une coupe Memorial.

Ça n’arrivera probablement pas. Non seulement les ponts n’ont pas été rétablis depuis qu’il a claqué la porte du club qu’il a dirigé pendant 25 ans en 2010, mais celui qui est surnommé Charlie par ses proches est occupé à combattre un deuxième cancer, du système lymphatique cette fois.

En rémission d’un cancer du pancréas qui l’avait attaqué en 2011, l’homme de hockey de 80 ans a accepté de rencontrer Le Droit à sa résidence d’Ottawa récemment pour parler bien franchement de ses nouveaux ennuis de santé, qui se sont déclarés à la fin de l’année dernière. Il demeure optimiste de pouvoir remporter une autre victoire contre cet adversaire de taille.

« À mon âge, je suis passé par toute la gamme [des émotions], comme on dit. Je pense avoir fait tout ce que j’avais à faire dans le hockey. J’ai passé plusieurs croisées des chemins : j’ai été opéré pour le cœur, j’ai eu l’opération pour le pancréas, et aujourd’hui, cette maladie nécessite de suivre des traitements de chimiothérapie. Je prends ça au jour le jour et je me compte chanceux d’avoir l’appui de mon épouse et de ma famille », souligne Henry, qui a récemment célébré son 59e anniversaire de mariage avec son épouse Jeannine.

« Je demeure positif. C’est une bataille à long terme. J’ai perdu 75 livres, mais j’en ai regagné cinq, donc ça regarde mieux », note-t-il.

Les traitements de chimiothérapie, combinés à la prise de différents médicaments et à des injections, l’a considérablement affaibli. Les globules blancs de son sang sont réduits à zéro, il doit donc être prudent dans ses sorties alors que son système immunitaire est affecté et qu’il pourrait contracter d’autres maladies pouvant compliquer la situation. Lui qui a toujours été un oiseau de nuit ayant besoin de peu de sommeil, il doit aussi se reposer beaucoup plus. Il suit même les conseils de ses médecins et il fait maintenant des siestes l’après-midi.

« C’est une bataille pas mal différente du cancer du pancréas. Avec la chimio, le problème est que tu viens pas mal faible. Puis quand ton niveau d’énergie remonte, après trois semaines, bien, ça recommence [les traitements] », relate-t-il.

L’ancien pompier à la Ville d’Ottawa a commencé à ressentir de la fatigue au cours de l’été 2018, puis il s’est mis à perdre du poids au cours de l’automne. « Ça a pris un bon bout de temps avant que les médecins trouvent ce que c’était. Avant Noël, ils m’avaient dit que je n’avais pas trop à m’inquiéter, que ce n’était pas un cancer, puis ils se sont revenus au mois de janvier pour dire que je n’étais pas chanceux, que je l’avais [le cancer] », relate-t-il bien calmement, demeurant serein face à cette autre épreuve de la vie.

Charles Henry n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort et il préfère apprécier tous les moments qu’il peut passer avec sa famille, ses enfants et petits-enfants, de même que sa famille élargie du monde du hockey.

Il n’aime rien de mieux que d’avoir des nouvelles d’anciens joueurs ou d’amis de longue date comme Walter Gretzky, alors qu’il a énormément apprécié son passage au dernier gala de remise des trophées de la LHJMQ, où il a pu saluer des grands joueurs comme Mario Lemieux et Guy Lafleur, entre autres. C’est sa fille Joanne qui l’a amené à Québec pour cet événement, elle qui s’implique énormément comme bénévole dans de nombreuses causes reliées à la recherche pour le cancer. Elle prépare d’ailleurs la Randonnée pour papa Telus de samedi à Ottawa, qui amassera des fonds pour la recherche contre le cancer de la prostate.

« Avec du ‘support’ comme ça, tu ne peux pas lâcher, il faut que tu travailles et que tu sois positif », lance-t-il.