Les Flames de Gatineau ont été vendus à un groupe d’origine ontarienne lundi, mais ils vont continuer à joueur à Buckingham dans la Ligue junior AAA du Québec la saison prochaine.
Les Flames de Gatineau ont été vendus à un groupe d’origine ontarienne lundi, mais ils vont continuer à joueur à Buckingham dans la Ligue junior AAA du Québec la saison prochaine.

Changement de direction chez les Flames de Gatineau

Vendus à un groupe d’investisseurs d’origine franco-ontarienne, les Flames de Gatineau vont continuer d’avoir pignon sur rue dans le secteur Buckingham dans la prochaine saison de la Ligue de hockey junior AAA du Québec, mais la mission du club sera modifiée pour en faire une pépinière à hockeyeurs universitaires.

La direction des Flames a annoncé lundi qu’elle passait le flambeau après avoir senti qu’elle avait «atteint le bout du rouleau» et qu’elle laissait sa place «à des gens motivés qui vont apporter de nouvelles idées.»

Ces nouvelles idées vont venir de Jean-Marc Leblanc, un Vanierois devenu Gatinois après avoir fondé l’école de hockey Max Puissance en Outaouais il y a 15 ans. Son programme est spécialisé dans le développement des joueurs âgés de 4 à 12 ans. Il est réputé pour ses équipes de hockey AAA d’été et des camps d’habiletés offerts 12 mois par année. Il sera le partenaire principal de l’organisme sans but lucratif (OSBL). Il sera épaulé par le gouverneur A.J. Plant, un «touche-à-tout» de Vanier mieux connu dans le domaine de l’immobilier dans l’Est ontarien. Sa conjointe, la docteure Chantal Plant, une dentiste à Blackburn Hamlet, fait aussi partie des membres de l’OSBL tout comme Louis X. Lavoie, qui est notamment l’avocat des Olympiques de Gatineau.

Cherchant une occasion d’acquérir équipe de hockey junior, Leblanc a lui-même approché la direction des Flames dans le dernier temps des Fêtes après avoir consulté le commissaire de la Ligue junior AAA, Jacques Laporte. L’équipe n’était pas à vendre, mais le président Luc Mauzeroll a quand même accepté d’écouter et d’étudier une éventuelle offre d’achat.

«Finalement, l’offre d’achat faisait notre affaire et l’assurance du nouveau groupe à garder l’équipe à Buckingham a aussi aidé à prendre notre décision. Sinon, nous étions prêts à continuer.»

Un tremplin

À sa première expérience au hockey junior, Jean-Marc Leblanc arrive avec l’idée de révolutionner la façon de faire du hockey dans la Ligue junior AAA du Québec. Il tient à être une option intéressante pour la LHJMQ. S’il dit souhaiter une association avec les Olympiques de Gatineau, il veut surtout poursuivre le développement des joueurs âgés de 18 à 20 ans afin de les aider à joindre les réseaux universitaires canadiens et même américains. Il voudrait aussi que les Flames servent de rampe de lancement pour des carrières professionnelles en Europe.

«Je sais que les hockeyeurs de la région auront plus d’options que jamais. Il y a deux nouveaux programmes de hockey collégial qui arrivent. Nous allons peut-être perdre des joueurs à ces programmes. À talent égal, nous allons toujours prioriser nos joueurs locaux, mais nous sommes prêts à recruter des joueurs de partout au Canada et aux États-Unis. Un peu comme ça se fait dans la Ligue junior A centrale (CCHL) de l’autre côté de la rivière.»

Quatre joueurs des Flames ont été recrutés par des universités américaines de troisième division depuis qu’ils évoluent dans la Ligue junior AAA du Québec. En cinq saisons, deux autres ont poursuivi leurs chemins au hockey universitaire canadien, deux au hockey professionnel européen et trois dans la LHJMQ. Jean-Marc Leblanc et son groupe voudront augmenter cette donne.

«Nous allons nous arranger pour que nos joueurs soient vus par les universités américaines. Pas seulement par les équipes de première division. Il y a du recrutement qui se fait en deuxième et troisième divisions aussi. La ligue a un nouveau commissaire (Kevin Figsby) qui arrive du hockey universitaire canadien (Concordia). Il a un bon réseau de contacts dans la NCAA. La ligue va exploiter cette voie. Notre travail sera de démontrer que nous existons à Gatineau, nous aussi.»

Championnat

L’autre objectif des nouveaux propriétaires des Flames est encore plus ambitieux, étant donné que l’équipe n’a connu qu’une seule saison victorieuse en cinq ans d’existence.

«Je sais que nous ne changerons pas tout d’un seul trait. Nous sommes là pour continuer le travail amorcer par le groupe précédent, mais nous pensons que nous serons compétitifs dès le départ. Notre but, c’est un championnat d’ici trois ans.»

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La fin d'une époque

Quand Luc Mauzeroll a cédé les clés du Centre sportif de Buckingham à un nouveau groupe de propriétaires lundi, il n’avait aucun regret.

Avec Alain Brisson, il était le plus ancien partenaire du club. Il avait fait son entrée parmi le groupe des propriétaires en 2001. Il a vécu l’époque des Voisins de Papineau et des Mustangs de Gatineau dans la Ligue junior B de l’Est ontarien. Cette saison, sa 19e avec l’équipe, il était encore parmi les actionnaires pour la cinquième année des Flames de Gatineau dans la Ligue de hockey junior AAA du Québec.

«Je tourne la page. Je n’ai pas d’amertume. Mon seul regret, c’est que je suis rentré ici une année après le championnat de la Ligue junior B en 2000. Je n’ai jamais eu ma bague... Nous avons fait deux finales (2007 et 2012). Nous sommes passés près. Nous étions encore six propriétaires de l’époque des Mustangs. Le junior B, c’était idéal pour le marché de Buckingham, mais quand cette ligue a fermé ses portes aux équipes du Québec, nous avons décidé de poursuivre l’aventure dans le junior AAA. Nous avons fait cinq ans. Nous avons établi une bonne base pour les prochaines propriétaires. Nous espérons qu’ils vont pouvoir l’amener à un autre niveau maintenant. Nous ne serons pas bien loin pour les aider», a lancé Luc Mauzeroll au Droit.

Avec les Flames, il a eu la chance de vivre une expérience unique en travaillant étroitement avec ses deux fils. Luc-André était le directeur général du club. Il a aussi annoncé qu’il quitterait son poste avec les Flames lundi. Alex était l’annonceur maison, le responsable des médias et des réseaux sociaux. 

«Ça va me manquer, c’est sûr. C’était notre rendez-vous du vendredi soir. On se rencontrait à l’aréna à 15 heures pour les matches qui commençaient à 20 heures et nous n’étions jamais partis de là avant minuit. Il va falloir trouver autre chose pour nous rencontrer maintenant.»

Avec les Flames, Luc Mauzeroll a fait ce qu’il pouvait pour continuer à offrir du hockey de haut niveau à Buckingham, mais il sentait qu’il avait fait le tour du jardin.

«Il y a trois propriétaires dans la trentaine. Cet âge, ça vient aussi des bébés. Ils avaient moins de temps pour s’occuper du hockey. Nous avons fait ce que nous avons pu avec ce que nous avions. Quand nous avons commencé avec les Flames, c’était pour permettre aux joueurs de la région de rester dans le coin. Bien sûr, il y a eu un peu d’exode parce que nous sommes une région frontalière. Nous n’étions pas à vendre, mais après avoir reçu l’offre du nouveau groupe, on s’est dit que c’était peut-être le temps de permettre à d’autres de prendre le relais avec une vision différente.»

À la présidence des Flames, Mauzeroll dit avoir éprouvé un différent plaisir qu’avec les Voisins et les Mustangs.

«C’est une autre ligue au calibre supérieur. Nous avons eu du plaisir dans les deux ligues, mais c’était un plaisir différent. Les Flames, sur la glace, ça n’a pas marché comme nous le voulions. Nous avons eu une seule année gagnante, puis les blessures sont arrivées au mauvais moment. Malgré tout, je recommencerais l’aventure depuis le début dès demain.»