Natif d’Embrun, Alexandre Hogue pensait que son rêve de jouer pour les Olympiques de Gatineau était impossible, mais son parcours atypique l’a amené lundi au centre Robert-Guertin, où il va obtenir un nouveau départ après deux saisons dans la Ligue de l’Ontario avec le Sting de Sarnia.

Alexandre Hogue réalise son rêve avec les Olympiques

Il est né en Ontario et grandi à Embrun, une communauté rurale à majorité francophone à l’est d’Ottawa.

Pourtant, Alexandre Hogue a eu l’impression de réaliser un rêve quand il est débarqué dans le vestiaire des Olympiques de Gatineau lundi après avoir obtenu son statut d’agent libre de la Ligue de l’Ontario.

« J’étais un p’tit jeune qui parlait français. Les Olympiques, c’était mes 67’s, mais en français ! Quand j’allais voir du hockey junior, c’était à Gatineau que ça se passait. On venait voir Claude Giroux (lui aussi un Franco-Ontarien). On venait fêter des anniversaires avec mes amis », a dit le défenseur de 18 ans mis sous contrat par les Olympiques en fin de semaine.

Il avait beau être Ontarien, son sentiment d’appartenance se rangeait du côté les Olympiques. Or, en raison de son lieu de résidence, le rêve de porter l’uniforme gatinois lui semblait bien futile, surtout après avoir été repêché en deuxième ronde par le Sting de Sarnia en 2017.

« Je me disais que ça serait l’fun de jouer pour les Olympiques, mais que ça n’arriverait sûrement jamais. Finalement, ça n’a pas marché pour moi dans la OHL. C’est peut-être un mal pour un bien. On dirait que tout tombe en place. Je suis ici avec ma famille. Je peux jouer pour ce que je considère mon équipe locale. Je suis très excité d’être rendu ici », a expliqué celui qui avait reçu de l’intérêt des Mooseheads de Halifax et des Cataractes de Shawinigan dans la LHJMQ.

Défenseur offensif

Doté d’un petit gabarit de 5’8’’, Hogue a toujours eu un flair offensif. À 15 ans, dans le midget AAA, il avait amassé 47 points en 45 matches avec les Grads de Cumberland. Ça lui avait valu d’être réclamé en deuxième ronde par le Sting. À 16 ans, il s’est taillé un poste avec le club dirigé par l’ex-défenseur étoile Derian Hatcher, mais le problème, c’est que les entraîneurs le tenaient en laisse en lui demandant de se concentrer d’abord sur son jeu défensif.

« L’équipe était déjà assez forte quand je suis arrivé là-bas et ma façon de jouer ne cadrait pas avec leur système de jeu. J’ai cependant appris beaucoup de choses sur le plan défensif en deux ans. Tout n’est pas perdu même si on m’a donné l’impression que je pourrai retourner à mon style maintenant. J’ai bien hâte. »

Environnement familier

À Gatineau, Hogue a le sentiment d’atterrir au bon endroit au bon moment. David Aebischer, le défenseur spécialiste de l’avantage numérique, va rater entre trois et cinq autres semaines de jeu et le vétéran Chris McQuaid devrait aussi sauter un dernier week-end. En plus, il n’arrive pas chez les Olympiques en parfait inconnu. L’entraîneur-chef Éric Landry l’a dirigé au camp de développement de l’équipe canadienne des moins de 17 ans. Et ce n’est pas tout.

« Quand j’étais jeune, j’allais aux camps de hockey de Francis Wathier (entraîneur-adjoint) à St-Isidore. Je connais Gilles Laplante, un copropriétaire de Casselman. J’ai déjà joué avec et contre Kieran Craig. On dirait vraiment que tous les morceaux tombent en place. Je ne pourrais pas demander mieux. »

Son expérience au niveau junior majeur viendra combler un manque chez les Olympiques. Mieux, il se sent à nouveau apprécié. Pour l’instant, c’est tout ce qui compte.

« Je veux reprendre mon rythme et recommencer à faire ce que j’étais capable de faire avant. »

Cet été, Hogue avait été échangé au Storm de Guelph en retour d’un choix de 15e ronde, mais le Storm a hérité d’un joueur inattendu quand le Wild du Minnesota lui a retourné le défenseur de 20 ans Fedor Gordeev. Soudain, la donne venait de changer.

« J’aurais pu rester là, mais j’aurais eu un moins gros rôle qu’ici. Je suis juste soulagé d’avoir la chance de pouvoir jouer à Gatineau. »

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ROY EN TÊTE DU CLASSEMENT DES COMPTEURS

La saison de la LHJMQ est encore très jeune. La plupart des clubs n’ont joué que deux matches, mais le Gatinois Charles-Antoine Roy pourra imprimer le classement des compteurs du circuit Courteau et le garder en souvenir.

Lundi matin, le capitaine des Olympiques pointait au tout premier rang des 371 joueurs de la ligue avec une récolte de cinq points.

L’attaquant de 20 ans partage la tête avec Pierrick Dubé des Remparts de Québec et Tyler Hinam des Huskies de Rouyn-Noranda, mais comme Roy a inscrit plus de buts (4), c’est son nom qui trône provisoirement au sommet de la liste.

«Je ne le savais pas ce matin! C’est un ami qui m’a fait part de ça sur Facebook. Je n’avais pas vérifié les statistiques des matches. Je ne veux pas me préoccuper avec ça.»

Quand même, plusieurs circonstances se sont produites pour permettre à ce joueur jamais repêché de sortir des blocs de départ avec autant d’explosion. Dans les récentes semaines, il a été nommé capitaine. Il a aussi été invité à participer à deux camps différents avec les Golden Knights de Vegas.

«C’est sûr que tout ça vient m’aider, mais je vais te dire que mon été d’entraînement avec Claude Giroux y est pour quelque chose aussi. Je le regardais pratiquer. Il avait toutes les raisons au monde de prendre ça mollo, mais c’est lui qui travaillait le plus. J’ai beaucoup appris de lui.»

Rendu à 20 ans, Roy n’a jamais été si confiant sur une patinoire de la LHJMQ. Depuis qu’il est revenu de son premier camp des recrues de la LNH, il a l’impression de voir le jeu se dérouler au ralenti.

«J’ai joué trois matches à Anaheim. J’ai vu la différence entre le hockey junior et le hockey professionnel. Je sens que j’ai un peu plus de temps pour faire mes jeux. Je me sens plus relaxe.»

En deux matches, Roy a déjà marqué quatre buts. À 18 ans, il avait mis 19 matches pour franchir cette marque. À 19 ans, 14 matches avaient été nécessaires avant d’arriver à quatre buts. Maintenant, il a pris goût à faire scintiller la lumière rouge et il en veut plus.

«Une fois que tu commences à faire des buts, tu en veux plus. C’est sûr. En même temps, je n’aurais pu faire tous ces buts sans mes compagnons de trio. Ça commence bien l’année, mais je me sens un peu coupable aussi, car j’ai eu deux punitions évitables qui ont permis à Sherbrooke de revenir dans le dernier match...»

S’il poursuit de la sorte, Roy fracassera rapidement son record personnel de 18 buts. À court terme, ses quatre premiers buts sont encore frais en mémoire.

«Sur le premier, j’ai eu une passe directement sur la palette de Zach Dean. J’avais le filet ouvert. Je ne pouvais pas manquer ça. Le deuxième but a été dans un filet désert. J’ai compté le troisième sur une descente à deux contre un avec Manix Landry. On rentrait à pleine vitesse. Il m’a refilé le disque à la ligne de ringuette et j’ai atteint la lucarne. Le quatrième, c’était sur l’avantage numérique. Métis Roelens a redirigé une rondelle vers moi. Encore une fois, une cage déserte. J’étais juste à la bonne place au bon moment. Le genre de jeu qui ne m’arrivait pas à ma première année.»