Il n’y a pas que la production offensive d’Alex Breton qui manque aux Olympiques. Son différentiel de +24 est de loin le meilleur de l’équipe. Le capitaine s’approche d’un retour au jeu. Il pourrait même jouer d’ici samedi.

Alex Breton bientôt à la rescousse

« Les gens n’ont pas idée de l’importance Alex Breton pour notre équipe. »

Cette observation, l’entraîneur-chef des Olympiques de Gatineau l’a répétée à maintes reprises dans des conversations à bâtons rompus avec des membres des médias cette saison. « Breton est sous-estimé. Il n’est pas reconnu à sa juste valeur », ajoutait Éric Landry en parlant du général de sa brigade défensive.

Le vétéran de 20 ans a été blessé dans un match à Halifax le 24 février dernier et nous avons maintenant des preuves tangibles des propos de Landry envers son capitaine. Les Olympiques n’ont gagné qu’un seul match, à Shawinigan contre un club éliminé des séries, depuis que Breton n’est plus dans l’alignement. Dans les six autres rencontres, ils ont perdu en temps réglementaire trois fois et trois autres fois en prolongation.

« Tu ne connais jamais l’efficacité d’un joueur jusqu’à ce que tu ne l’aies plus. Breton, il a fait de gros jeux et de beaux buts pour nous cette année. Les gens voient bien sa dimension offensive, mais il y a plus que ça, lance Landry. Son efficacité dans sa façon de gérer la rondelle nous manque. Quand Breton est là, il multiplie nos minutes avec la rondelle. C’est du temps où l’autre équipe ne l’a pas. Notre équipe est toujours en contrôle lorsqu’il a la rondelle, mais aussi lorsqu’il l’envoie à un coéquipier, car il la passe au bon endroit et à la bonne personne sur la patinoire. »

Sans leur défenseur numéro un dans la formation, les Olympiques se sont montrés vulnérables depuis trois semaines. À trois reprises, ils ont gaspillé de solides avances. Assis dans les gradins, Breton a senti la frustration l’envahir. « Au début, avec nos avances de 4-0 contre le Cap-Breton et 3-1 contre Rimouski, je me disais que je ne manquais pas tant que ça à l’équipe ! Mais quand j’ai vu les autres équipes revenir de l’arrière pour gagner, j’ai trouvé ça frustrant. J’aurais aimé être là pour freiner l’hémorragie. Nous avons perdu de gros points au classement. Nous aurions pu finir plus haut au classement. Nous étions tout près de Québec et nous aurions pu jouer contre eux dans les séries. Je viens de cette région. À ma dernière année, ça aurait été plaisant de jouer contre les Remparts. »

Impuissant pendant sa convalescence, Breton se rapproche du moment où il pourra à nouveau changer les choses. Jeudi, il a patiné en compagnie des thérapeutes de l’équipe en plus de tirer des rondelles vers Tristan Bérubé et il s’est très bien senti. Si bien qu’il pourrait même disputer un match avant le début des séries éliminatoires.

Retour avant les séries ?
« Je me sens bien. Je me sens plus en forme que l’année dernière quand j’étais revenu au jeu (après 11 jours) avec la même blessure. J’ai eu plus de temps pour guérir. C’est sûr que je vais jouer au début des séries. Je suis plus avancé que l’an dernier dans ma récupération. Ça fait trois semaines que je n’ai pas joué et j’aimerais essayer de disputer au moins un match pour me remettre dedans. »

Éric Landry pense que les Olympiques seraient gagnants s’ils pouvaient réintégrer leur joueur le plus utile même si le dernier match de la saison risque de n’avoir aucun enjeu samedi contre l’Armada à Guertin. « Ça serait un gros plus pour nous s’il pouvait jouer. Ça serait mieux que de l’envoyer dans les séries sans avoir joué depuis un mois. Nous allons déterminer cela bientôt. »

Deuxième compteur du club au moment de se blesser au bas du corps, Breton constate que les Olympiques pourraient en avoir plein les bras s’ils devaient affronter les Tigres de Victoriaville au premier tour des séries. « Nous sommes dans une mauvaise passe présentement, mais nous avons eu des hauts et des bas toute l’année. Nous avons toujours rebondi de nos mauvaises séquences. Peu importe le club que nous affronterons, nous serons prêts. »

Le brio de Creed Jones est rassurant

Sentant la fatigue s’installer chez son gardien numéro un dans un calendrier de fin de saison condensé, Éric Landry a eu la main heureuse en envoyant Creed Jones dans la mêlée contre quelques-uns des clubs de l’heure dans la LHJMQ récemment.

La recrue ontarienne de 17 ans s’est fait rassurant devant des bombardements de 42 lancers du Phoenix de Sherbrooke dimanche et de 45 tirs des Tigres de Victoriaville mercredi soir.

Son brio a permis aux Olympiques d’arracher un point au Phœnix et les Gatinois s’accrochaient encore à un but des Tigres à mi-chemin en troisième période avant le but d’assurance de Vitalii Abramov lors du dernier match.

Le joueur soutiré aux 67’s d’Ottawa en première moitié de saison se débrouille plutôt bien depuis sa rentrée dans la LHJMQ où il maintient une moyenne de 3,04 buts alloués par match avec un pourcentage d’efficacité de ,906.

« Il a très bien fait pour nous en réalisant des arrêts spectaculaires dans les derniers matches. C’est rassurant de voir que nous avons de l’avenir devant le filet », a estimé Éric Landry.

Ce dernier a même donné un congé complet à Bérubé mercredi en le laissant à Gatineau pour qu’il se repose en vue des séries éliminatoires.

« Nous savions que Creed allait être notre gardien à Victo et notre gardien affilié William Giroux était à St-Hyacinthe juste à côté. Avec notre horaire chargé, valait mieux épargner un voyage à Tristan. Nous ne voulons pas le fatiguer pour rien », a ajouté Landry.

Trois bons gardiens

L’entraîneur-chef se sent maintenant comblé de miser sur de bons gardiens âgés de 18 ans (Bérubé),  17 ans (Jones) et 16 ans (Rémi Poirier) dans l’organisation.

« C’est la direction que nous voulions prendre cette année. Ajouter des choix au repêchage et de jeunes joueurs tout en participant aux séries. À mon avis, pour construire une équipe, il faut commencer avec les gardiens et nous en avons trois bons maintenant. »

Repêché l’an dernier, Rémi Poirier est le gardien de confiance des Cantonniers de Magog qui sont en demi-finale de la Ligue midget AAA du Québec en ce moment.

« Il est en train de prendre l’expérience des séries. C’est très bon pour nous », a dit Landry au sujet de Poirier.

En Creed Jones, Landry trace un parallèle avec le cheminement qu’a vécu Tristan Bérubé un an plus tôt.

« Tristan était notre troisième gardien derrière Mathieu Bellemare et Mark Grametbauer jusqu’aux Fêtes. Il avait très peu joué. Creed est arrivé ici comme troisième gardien derrière Bellemare et Bérubé cette année. Il a dû attendre au mois de janvier avant d’avoir un départ. Comme Tristan l’a fait l’an dernier, il est en train de saisir l’occasion. »

Landry rappelle que Jones est débarqué à Gatineau quand le club avait choisi d’exaucer le souhait de Mathieu Bellemare d’être échangé à une équipe près de la maison.

Le gardien natif de Peterborough avait été sélectionné par les 67’s d’Ottawa au repêchage supplémentaire l’été dernier après avoir raté une saison presque complète en raison d’ennuis de santé.