Vitalii Abramov devra marquer quatre buts en deux matches s'il veut atteindre le plateau des 50 buts cette saison.

50 buts pour Abramov: «Si ça arrive, ça arrive»

Parmi les héros d'enfance de Vitalii Abramov, Pavel Bure occupe une place de choix.
Bure était un des meilleurs hockeyeurs russes sur la planète, sinon le meilleur, quand Abramov était enfant. Les deux se ressemblent un peu. Ils ont un gabarit similaire. Ils misent tous les deux sur la vitesse pour se démarquer.
Bure a mérité le surnom de « Rocket russe » à son arrivée dans la LNH parce qu'il n'avait pas trop de mal à remplir les filets adverses.
Il a connu cinq saisons de 50 buts dans la LNH, entre 1993 et 2001.
Abramov a maintenant la chance d'atteindre ce plateau magique alors que la saison s'achève dans la LHJMQ.
Ça ne l'énerve pas trop.
« Ce n'est pas ma priorité, non. Il nous reste juste deux matches à jouer en saison régulière. Ma priorité, c'est de bien gérer ces deux parties pour mieux nous préparer à prendre part aux séries éliminatoires », a-t-il dit jeudi matin.
Bien sûr, le chiffre 50 lui plaît. « Si ça arrive, ça arrive », dit-il.
Il trouve que la pente est quand même abrupte. Pour atteindre le plateau, il devra marquer quatre buts dans les deux parties restantes.
« Je suis toujours un peu surpris par l'attention qu'on accorde aux statistiques individuelles en Amérique du Nord. Surtout dans les médias. Vous me parlez parfois de mes séquences de huit ou neuf parties avec des points. En Europe, en Russie, je n'étais pas habitué à ça. Je trouve ça un peu fou. »
Abramov pourrait aussi remporter le championnat des marqueurs de la LHJMQ. Il attaque le dernier week-end à égalité avec Tyler Boland, de l'Océanic de Rimouski.
Ça ne l'impressionne pas davantage. Mais bon. Il nous l'avait déjà dit. Il veut d'abord battre les Voltigeurs de Drummondville, vendredi soir. Puis, si possible, faire le même coup à l'Armada de Blainville-Boisbriand, 24 heures plus tard.
Les Olympiques ont la chance de compléter leur saison avec une séquence de deux matches en autant de soirs à la maison.
Big Mac veut aider
Même s'il ne veut pas trop accorder d'importance à sa fiche personnelle, Abramov ne manquera pas d'appuis.
Depuis quelques matches, il a la chance de patiner au sein du même trio que le deuxième meilleur marqueur des Olympiques, Zack MacEwen. Le vétéran de 20 ans a grandi dans les provinces maritimes du Canada. En Amérique du Nord. Les statistiques individuelles, il connaît ça.
Il réalise que les opportunités de marquer 50 buts et de remporter un championnat des marqueurs ne se présentent pas chaque année.
Il compte tout faire pour aider son copain à les saisir. « Je ne vais pas en faire tout un plat. Je vais juste aider à faire ce qu'il fait habituellement. On verra bien où ça va le mener », affirme-t-il.
Trouver l'équilibre dans ces deux matches pourrait s'avérer crucial.
Ailleurs, dans d'autres circonstances, des joueurs qui se battaient pour des championnats des marqueurs ont déjà commis l'erreur de négliger le jeu collectif.
À trop vouloir améliorer sa fiche personnelle, un joueur peut parfois finir par nuire à son équipe.
L'entraîneur-chef des Olympiques, Éric Landry, n'est pas trop inquiet pour ses protégés.
« Pantoute. On joue la game comme elle doit être jouée. Je ne pense pas que tricher offensivement soit la solution. Je crois plutôt que bien jouer défensivement, avoir une bonne structure pour la relance donne de meilleures chances de marquer », observe-t-il.
Abramov se trouve d'ailleurs parmi les joueurs que l'entraîneur cite en exemple le plus souvent.
« Non, je regarde Vitalii et je constate qu'il n'a pas changé sa façon de jouer pour faire plus de points. Je pense à un match contre Rouyn-Noranda dans lequel il a réussi un tour du chapeau. Deux de ses buts ont été marqués avec retours de lancers. Il ne cherchait pas le jeu parfait, il voulait juste foncer au filet et battre son joueur pour avoir retour. »
Landreville profite de la chance qui lui est donnée
Zack MacEwen a profité d'un moment de pause durant l'entraînement de mercredi matin pour offrir un compliment à un de ses partenaires de trio.
Pas Vitalii Abramov. L'autre.
« J'ai fait savoir à Alex que j'aime bien jouer avec lui », confie-t-il au Droit.
Alex, c'est Alexandre Landreville.
Depuis quelques matches, l'attaquant à caractère défensif des Olympiques a gagné le jackpot. Il évolue avec les deux plus gros producteurs de points de l'équipe.
« Et il s'en tire fort bien. Il est bon défensivement et il travaille fort. Il va chercher la rondelle pour nous la refiler. Vraiment, jouer avec lui, ça se passe bien », fait MacEwen.
Il se débrouille bien et il en profite pour participer au pointage.
Landreville avait marqué seulement trois buts dans la première moitié de la saison. Il avait ensuite plongé dans une de ses plus longues léthargies en carrière. Trente-quatre parties sans marquer entre le 11 décembre et le 8 mars.
À ces deux dernières parties, il a touché la cible à trois occasions. Il a brisé la glace vendredi dernier lors de la visite des Cataractes de Shawinigan. Il a marqué deux fois de plus deux jours plus tard, face aux Remparts de Québec.
Alors, est-ce Landreville qui profite de son opportunité ?
Est-ce que MacEwen a raison ? Et si c'était lui qui aidait les deux autres ?
« J'ai l'impression qu'il y a un peu de vérité d'un côté comme de l'autre », dit le joueur qui est originaire de Gatineau.
« Sans rien vouloir enlever aux autres joueurs avec qui j'ai joué plus tôt cette saison... Faut quand même reconnaître qu'Abramov et MacEwen ne sont pas des deux de pique. Ils font tellement de bons jeux. Ils me facilitent la tâche. Mais j'ose croire que je fais quelque chose de bien aussi pour profiter de l'opportunité qu'on m'offre. »
Landreville ne peut pas vraiment savoir s'il conservera ce poste et ces responsabilités, la semaine prochaine, quand débuteront les séries éliminatoires. « Je suis toujours en train de faire des expériences », dit Éric Landry.
Il ne pourrait rien demander de mieux.