Tristan Bérubé a été étincelant dans une première période dominée 16-3 par les Tigres samedi soir pour limiter les dégâts à deux buts. Les Olympiques sont revenus en force, mais se sont inclinés 3-2.

2-0 Tigres : la tension monte

Largement favoris pour l’emporter au premier tour des séries éliminatoires contre les Olympiques de Gatineau, les Tigres de Victoriaville ont conservé l’avantage de la patinoire en signant deux victoires au Colisée Desjardins en fin de semaine.

Mais la dernière saison a démontré que les Olympiques étaient des « survivants du hockey » et ils ont peut-être repris un peu de vitalité samedi soir après un revers de 3-2 où ils ont eu le dessus sur les Tigres dans les deux dernières périodes.

Après avoir été déclassés 7-2 dans le match d’ouverture, les hommes d’Éric Landry ont amorcé le deuxième match de la même façon en tirant de l’arrière 2-0 au pointage et 16-3 dans les tirs après 20 minutes. Les Gatinois ont toutefois profité d’une série de pénalités aux Tigres pour prendre du momentum dans le reste du match et ainsi donner chaud à leurs hôtes jusqu’au son de la sirène finale.

« Nous avons confiance maintenant. Absolument. Nous avons démontré que nous étions capables de rivaliser avec eux quand nous jouons de la bonne façon », a analysé l’entraîneur-chef Éric Landry après le deuxième revers des siens.

Il n’aura fallu que deux matches dans cette série pour que la tension monte de plusieurs crans.

Les Olympiques ont perdu les services de Shawn Boudrias et de Vincent Lampron dans les deux premiers duels. Les Tigres ont perdu ceux des vétérans Jimmy Huntington et Chase Harwell. Le premier a aussi été blessé, le deuxième a été suspendu deux matches pour son coup de coude au visage de Boudrias.

Un autre incident a été révisé par la ligue puisque Mathieu Sévigny a été chassé du dernier match après avoir donné une mise en échec à la tête de Charles-Antoine Roy, mais Sévigny a évité une suspension.

Pendant qu’Éric Landry qualifiait le geste de « très dangereux », son opposant Louis Robitaille minimisait l’incident en avançant que Roy était revenu au jeu « deux secondes après être resté à terre ».
Ce n’était clairement pas le cas. Roy est bel et bien revenu au jeu, mais près de 10 minutes plus tard selon Landry, qui jugeait d’ailleurs que son équipe aurait pu renverser les Tigres « n’eût été quelques punitions (non appelés) où nous étions peut-être trop en forme parce que nous restions sur nos patins. Nous aurions eu plus de chances sur les unités spéciales. »

De son côté, Louis Robitaille pestait contre certains joueurs des Olympiques qui s’en sont pris à ses équipiers.

« Dawson Theede a mis ses doigts dans les yeux de nos joueurs et Anthony Beauchamp donne des coups de genou après les arrêts de jeu. »

Ce dernier s’attend donc à ce que les esprits s’échauffent davantage dans le troisième match de la série qui se déplace à Guertin mardi.

« Nous avons gagné nos deux matches à la maison. Ça donne du momentum, mais nous savons que c’est loin d’être terminé. C’est une bonne équipe de l’autre côté. Ils travaillent fort. Ils sont dans notre face. Ils sont physiques. Guertin est un endroit hostile... »

De son côté, Éric Landry a ajouté un peu d’huile sur le feu en critiquant la gestion des effectifs de son vis-à-vis.

« Nous avons vu leur première ligne énormément. Nous les avons complètement mis en échec dans les deux dernières périodes, car ils étaient épuisés. Ça ne doit pas être le fun de jouer sur un autre trio dans cette équipe », a-t-il dit au sujet du trio de Vitalii Abramov, Maxime Comtois et Ivan Kosorenkov, responsable des deux premiers buts des Tigres samedi.

Chez les Olympiques, Alex Breton et Gabriel Bilodeau ont encore joué plus de 30 minutes pour tenter de les neutraliser, mais Landry a justifié leur utilisation abondante.

« Un défenseur, ce n’est pas la même énergie qu’un joueur d’avant. Il n’a pas à monter et descendre la patinoire pendant tout le match. Il défend. Il n’essaie pas de battre tous les joueurs. »

LA GUERRE DU DERNIER CHANGEMENT

Le plan de match des entraîneurs-chefs des Tigres et des Olympiques est assez évident sur la gestion de leurs effectifs. Louis Robitaille cherche par tous les moyens à envoyer son premier trio sur la patinoire pendant que Gabriel Bilodeau et Alex Breton se reposent et Éric Landry fait son possible pour s’assurer que ça n’arrive pas. Les deux entraîneurs se livrent une spectaculaire partie d’échecs depuis le début de la série et il faudra voir ce qui arrivera quand Landry aura l’avantage du dernier changement à Guertin mardi et mercredi.

« Les Tigres ont profité de l’avantage de la glace pour essayer d’avoir le trio d’Abramov en même temps que certaines de nos combinaisons de joueurs. Nous aurons maintenant cet avantage dans le prochain match. Ça sera à nous de profiter des combinaisons que nous souhaitons avoir », a-t-il dit.

Cette partie d’échecs est importante pour Louis Robitaille. Samedi, il a surveillé le réchauffement des Olympiques avec fascination. Ce sont généralement les adjoints qui ont cette tâche. 

« Je regarde toujours les tendances de l’autre équipe. Je l’ai fait pendant cinq ans comme adjoint. Je ne regarde pas notre réchauffement parce que si nos gars sont soft, je ne veux pas l’avoir en tête ! Je regarde les trios de l’autre côté. Je dirige au feeling et ça m’aide. On sait qu’ils veulent Landreville et Breton contre Abramov, mais c’est notre deuxième trio qui est allé chercher le gros but samedi. S’ils veulent continuer à opposer Breton à Abramov, ça va donner l’occasion à d’autres trios de jouer contre des défenseurs qu’il (Landry) ne veut pas. Je vais peut-être le laisser jouer aux échecs et peut-être que nous allons perdre moins de momentum à jouer à ce jeu. »