« L'avenir est prometteur pour nous », assure Nicholas Hoag. « C'est important que nous ne nous arrêtions pas là. »

Nouvel exploit pour le Canada

Il était passé 10 h. Nicholas Hoag venait tout juste de sortir du lit. Ce long dodo était sa récompense pour le dernier mois si épuisant, mais si fructueux et mémorable qu'il venait de vivre en compagnie de ses coéquipiers de l'équipe nationale de volley-ball masculin.
Le Canada a récolté le bronze en Ligue mondiale, samedi soir, au Brésil. Un exploit peu banal.
« C'était la première fois que le Canada remporte une compétition internationale majeure en volleyball masculin. C'est historique », a souligné Hoag, mardi matin, au bout du fil.
La formation nationale, qui s'entraîne à plein temps à Gatineau, a terminé cinquième l'an dernier aux Jeux. C'était son meilleur résultat jusqu'ici parmi l'élite mondiale.
Hoag et ses amis occupaient le huitième rang au classement de la Fédération internationale de volley-ball (FIVB) avant le début des finales de la Ligue mondiale. Ça risque de changer dans les prochains jours.
Le Canada aura vaincu les États-Unis en quatre manches pour aboutir sur la troisième marche du podium aux côtés de la France et le Brésil. Ses joueurs sautaient de joie sur le terrain après avoir surpris l'équipe numéro deux au monde.
« L'avenir est prometteur pour nous. Notre joueur le plus âgé (Gord Perrin) n'a que 28 ans. Et nous avions un jeune de 18 ans (Sharone Vernon-Evans) qui était dans notre alignement partant, a soutenu Hoag, qui occupe le rôle de réceptionneur-attaquant.
«C'est important que nous ne nous arrêtions pas là. L'objectif, c'est 2020.»
C'est une médaille aux Jeux olympiques dans trois ans à Tokyo.
«Nous avons assez de talent pour nous rendre même jusqu'en 2024», assure Nicholas Hoag.
Tout un changement par rapport à 2007.
Son père Glenn venait de prendre la barre de l'équipe nationale. Tout était à reconstruire.
Les premiers signes que le Canada avait retrouvé le droit chemin sont apparus en 2011. Il a battu la Serbie en cinq manches.
Une surprise qui avait capté l'attention des autres puissances.
«Je n'étais pas encore membre de l'équipe, mais je me rappelle que c'était la première grosse victoire du Canada à l'époque», a reconnu Nicholas Hoag.
«Après, nous avons battu le Brésil en 2013, la Russie aussi. En 2014, ce fut la Bulgarie. Nous avions terminé septièmes aux derniers championnats du monde. Puis l'an dernier aux Jeux, nous avons vaincu les États-Unis et l'Italie pour finir cinquièmes.»
Bref, cette médaille de bronze n'est pas un accident de parcours.
Le Canada n'est plus intimidé. Il ne souffre plus d'un complexe d'infériorité face aux grosses pointures du volley.
«Tu as vu une belle progression ces dernières années. Nous avons connu de plus en plus de bonnes performances contre les grosses équipes. Maintenant, nous jouons avec confiance. Nous savons que nous pouvons gagner cette partie.»
Hoag avait une pensée pour son père qui a relancé cette équipe. Aussi, il se réjouissait pour le nouvel entraîneur-chef, le Français Stéphane Antiga, arrivé en avril dernier.
La transition s'est faite en douceur.
«Glenn, c'est un peu le mentor de Stéphane qui a déjà pour lui en Europe. Le système de jeu n'a pas changé, même si certaines de ses idées sont différentes», a rappelé fiston Hoag.