Matt Duchene, qui a joué seulement huit parties en séries au cours de sa carrière, se dit heureux de se joindre à un club qui est passé «à un but d’atteindre la finale de la coupe Stanley».

Nouveau départ pour Duchene

Pierre Dorion a eu l’homme qu’il convoitait depuis un an et demi.

Le DG des Sénateurs d’Ottawa avait manifesté son intérêt pour Matt Duchene à son homologue de l’Avalanche du Colorado Joe Sakic dès le repêchage de juin 2016 à Buffalo, et il était très heureux lundi matin d’avoir réussi à l’obtenir dans l’échange à trois clubs de dimanche qui a envoyé Kyle Turris à Nashville.

« Notre directeur des relations publiques m’a dit de ne pas être aussi heureux qu’un jour de mariage, mais je le suis presque autant », a-t-il blagué lors de la conférence de presse pour présenter le centre de 26 ans qui faisait partie de la dernière équipe olympique du Canada.

Dorion était particulièrement content de ne pas avoir eu à sacrifier un de ses meilleurs espoirs dans l’échange. « Il n’était pas question d’échanger Thomas Chabot dans cette transaction », a-t-il assuré, lui qui a aussi donné son premier choix de l’an dernier, Shane Bowers, ainsi qu’un premier choix en 2018 (2019 si jamais le choix est un des 10 premiers) et un troisième en 2019.

« Malgré ce qu’on a donné, cet échange était un no brainer pour nous », a-t-il ajouté.

Duchene, pour sa part, était content de sortir du Colorado, alors qu’il avait réclamé une transaction en décembre dernier. « C’est la chose la plus difficile que j’ai jamais faite, demander à mon idole de jeunesse, Joe Sakic, de m’échanger. Mais le club s’en allait en reconstruction après une année horrible la saison dernière et je ne voulais pas revivre ça. Je n’ai joué que huit parties en séries et ce n’est pas où je veux être à ce point-ci de ma carrière. Je n’ai qu’une chance de vivre ça... Ce club est passé à un but près d’atteindre la finale de la coupe Stanley et je veux juste y apporter la meilleure version de moi-même, je ne viens pas remplacer Kyle Turris, qui est tout un joueur... Je tourne la page et c’est un nouveau départ », a commenté Duchene, auteur de quatre buts et six passes en 14 matches cette saison avec l’Avalanche.

Concernant Turris, qui a accepté une prolongation de contrat de six ans pour 36 millions $ (6 M$/saison), Dorion a indiqué qu’il a décidé de l’échanger parce qu’il ne pensait pas pouvoir s’entendre avec son agent, Kurt Overhardt. « Le terme de six ans n’a jamais été sur la table avec nous, c’était toujours sept ou huit ans. Je suis un peu confus pourquoi c’était le cas », a-t-il laissé entendre.

Duchene effectuera ses débuts dans son nouvel uniforme vendredi à Stockholm, lors du premier match d’un programme double contre son ancien club, l’Avalanche, « ce qui sera très étrange, mais c’est une chance de commencer sur une bonne note et il va y avoir une motivation supplémentaire », a-t-il dit. Celui qui portait le numéro 9 au Colorado en l’honneur de Maurice Richard ne pourra endosser ce même numéro à Ottawa vu qu’il appartient à Bobby Ryan. Il a plutôt choisi le numéro 95, vu qu’il a aussi porté le 5 (qui appartient à Cody Ceci) quand il était plus jeune.

« Je suis heureux d’être à trois heures de mon patelin (Haliburton, près de Peterborough)... Je suis excité de me joindre à un club que je surveillais depuis un bout de temps. La façon dont ces gars-là jouent, le niveau d’habiletés. C’est un excellent marché, d’excellents partisans. J’ai hâte de commencer », a-t-il indiqué.

Dorion s’est fait demander s’il devait faire signer une prolongation de contrat à Duchene l’été prochain – il lui reste deux saisons à 6 M$/an) – pour gagner cet échange.

« Nous pensons avoir obtenu un très bon joueur et je pense vraiment, sans chercher à être politiquement correct ici, que chaque club s’est amélioré où ils en avaient besoin », a ajouté Dorion.

«IL CADRE BIEN AVEC NOTRE IDENTITÉ»

Grand jongleur de trio devant l’éternel, Guy Boucher va évidemment tenter différentes expériences avec son nouveau protégé, Matt Duchene.

Interrogé à savoir combien de temps il pourrait garder les partenaires de trio qu’il avait lundi pour son premier entraînement avec les Sénateurs, Zack Smith et Mike Hoffman, il a répondu du tac au tac : « Première présence, on va voir ce que ça donne. C’est sur qu’on va être obligé d’essayer des choses. Ça change aussi en l’absence de Bobby Ryan. »

L’entraîneur-chef des Sénateurs connaît bien le nouveau numéro 95 pour avoir été entraîneur adjoint avec l’équipe nationale des moins de 18 ans dont il a fait partie en 2018, et pour avoir suivi sa carrière dans la LNH. Après avoir remercié Kyle Turris pour les services rendus à son club, il a louangé le DG Pierre Dorion d’avoir fait l’acquisition d’un centre numéro un d’élite, « ce qui est presque impossible à faire à moins d’en repêcher un ».

Il pense que Duchene n’aura pas beaucoup de misère à s’adapter à son nouvel environnement. « Les gars qui se taillent des places sur des équipes nationales, c’est ce qu’ils font bien, ils sont capables de s’adapter en arrivant dans un système de jeu différent, ils assimilent ça très rapidement... C’est un gars qui a gagné des médailles d’or à tous les niveaux, c’est un gars capable de prendre de la pression. Il est très bon dans les environnements restreints, et sous pression il est capable de se forcer à l’intérieur des cercles de mises au jeu, et ça, c’est notre identité. Quand on joue bien, notre offensive est basée là-dessus, on déteste rester en périmètre. On ne veut pas aller est-ouest, on veut aller nord-sud et c’est un gars capable de faire ça avec sa vitesse et sa rapidité. Il est capable de sortir du coin et de rentrer au filet même sans espace, il peut faire des jeux sans avertissement. Il a beaucoup de talent, mais il paie le prix », affirme Boucher.