John Wetteland a effectué le lancer protocolaire.

Nostalgie au Stade olympique

MONTRÉAL — John Wetteland a adoré Montréal et rien ne lui plairait davantage que de voir la ville retrouver sa franchise du Baseball majeur.

« À chaque fois qu’on nous demande de venir, on arrête tout et s’en vient ! », a indiqué l'ancienne vedette des Expos pendant que les Blue Jays et les Cardinals disputaient le premier des deux matches préparatoires prévus cette semaine au Stade olympique. St. Louis a défait Toronto 5-3, devant une foule de 25 335 personnes.

« Nous adorons Montréal. Je vais vous dire une chose : avant qu’on devienne vraiment bons, il y avait toujours 15, 20 000 personnes qui se présentaient, peu importe le jour de la semaine, et qui aimaient leurs Expos. Quand les grands clubs venaient, les Braves, etc., il y avait 50 000 personnes. Je les comprends : j’aurais aimé nous voir leur botter le derrière ! »

Evenko a de nouveau misé sur la nostalgie pour la cérémonie d’avant-match, surtout en raison de l’absence de Vladimir Guerrero. Élu au Temple de la renommée du baseball en janvier – où il portera toutefois la casquette des Angels d’Anaheim – Guerrero est possiblement le dernier Expo qui fera son entrée à Cooperstown.

L’ex-voltigeur de droite a prétexté des raisons familiales pour son absence à Montréal, mais il appert que les communications et les négociations ont été difficiles avec le clan du Dominicain.

LA MACHINE À CRÈME GLACÉE

Vladimir Guerrero fils était présent cependant. Quand on lui demande ce dont il se souvient le plus du Stade olympique alors qu’il y passait le plus clair de son temps pendant que son père faisait la pluie et le beau temps sur les losanges, il n’hésite pas une seconde.

«La machine à crème glacée! a-t-il lancé avec l’aide de son traducteur Josué Peley, semant l’hilarité parmi les nombreux journalistes sur place. J’étais un peu déçu qu’elle n’y soit plus, je comptais un peu là-dessus!

«À toutes les fois que je venais ici, avant et pendant les matches, je mangeais de la crème glacée!»

Vladimir Guerrero fils

Le jeune homme a dû en manger à Anaheim également; contrairement à son père, plutôt maigrichon à son arrivée dans les Majeures, le troisième-but de 19 ans est plutôt bien en chair. D’ailleurs, ses souvenirs de Montréal sont décidémment culinaires: à son arrivée dimanche soir, c’est une poutine qu’il s’est offert comme premier repas! De quoi faire rager l’équipe haute performance des Jays...

Si Guerrero n’a pas beaucoup de souvenirs de Montréal et de ses années passées ici, il a affirmé que dès qu’il a mis les pieds dans le vestiaire, il s’est senti chez lui. Il était d’ailleurs bien heureux que la formation torontoise l’ait gardé dans sa formation pour ces deux rencontres.

«Aussitôt que les Blue Jays m’ont dit que j’allais venir, la première personne que j’ai appelée est mon père. Bien sûr que j’aimerais qu’il soit ici, mais je suis certain qu’il est très fier de moi.»

MARTIN PRÉFÈRE NE PAS SE MOUILLER

Russell Martin souhaite évidemment un retour du Baseball majeur à Montréal. Mais il a préféré ne pas se mouiller lorsque questionné sur le sujet à quelques heures du premier de deux matchs préparatoires entre les Blue Jays de Toronto et les Cardinals de St. Louis, lundi.

«C’est complexe comme situation, a dit celui qui a passé une partie de son enfance à Chelsea. Le fait qu’il y ait moins de billets vendus, je ne sais pas si c’est ce qui va changer quoi que ce soit. Même si ça avait été salle comble, je ne sais pas si ça changerait de quoi non plus. C’est une grosse business le baseball. Ce sont des questions pour (le commissaire) Robert Manfred: il en sait beaucoup plus que moi. En tant que Montréalais, j’aimerais ça avoir un club ici un jour.

«Je ne sais pas si le fait qu’on ait une mairesse et que ce ne soit pas une priorité pour elle... je ne sais pas si ça change quelque chose., Mais c’est sûr que ça aide si le maire est impliqué, a-t-il ajouté. C’est certain que le fait qu’on joue ici, ça peut aider un peu. Il y a quand même du monde qui va venir, même si les matchs ont lieu un lundi et un mardi. Il ne faut pas perdre espoir, mais je ne peux pas en parler plus que ça, je ne suis pas plus au courant que ça.»

Russell Martin

Il admet que la question lui est souvent posée par ses propres coéquipiers.

«Pas plus tard qu’aujourd’hui, les gars me demandaient si Montréal retrouverait son équipe. J’aimerais tellement avoir la réponse à cette question. Il y avait une équipe avant, alors sûrement qu’il pourrait y en avoir une de nouveau. Mais ce n’est pas ma décision. Que les partisans assistent aux matchs préparatoires, ça ne peut qu’aider le dossier.»

Martin n’a pas manqué de souligné que si le baseball devait revenir à Montréal, il aimerait être impliqué. Mais il n’a pas pour le moment pensé à une autre sorte d’implication, comme avec la Ligue Can-Am ou encore la Ligue de baseball élite du Québec.

«Pour le moment, je n’ai pas pensé à ça. Je vais essayer de finir ma carrière en force, quand le moment viendra, ce seront des idées que j’explorerai. Mais je suis concentré sur les Jays et ma préparation pour la prochaine saison.»