Le plaqueur Eli Ankou (#54) a notamment porté les couleurs des Jaguars de Jacksonville pendant deux ans avant de se joindre aux Browns, aux Colts et aux Texans.
Le plaqueur Eli Ankou (#54) a notamment porté les couleurs des Jaguars de Jacksonville pendant deux ans avant de se joindre aux Browns, aux Colts et aux Texans.

L’automne fou d’un plaqueur franco de la NFL

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Eli Ankou pensait bien terminer la présente saison de la NFL à Houston.

Les Texans l’avaient réclamé la semaine précédente. Ils devenaient sa troisième équipe depuis août après des arrêts chez les Browns de Cleveland et les Colts d’Indianapolis.

«Je me cherchais justement un appartement quand j’ai reçu l’appel vendredi. J’étais arrivé devant un édifice pour une visite», relate le plaqueur franco-ontarien au bout du fil.

Cet appel provenait de ses nouveaux patrons. Ils l’informaient que les Texans l’avaient échangé aux Cowboys de Dallas en retour d’un choix de septième ronde.

Que la transaction deviendrait officielle lundi à la veille de la date limite des transactions dans la NFL.

«Au moins, je demeure au Texas! Je n’ai pas trop loin à déménager cette fois-ci», lance Ankou en riant.

Le natif d’Ottawa venait de passer des tests médicaux. Il foulera le terrain mardi avec ses nouveaux coéquipiers chez les Cowboys, dont le Montréalais Louis-Philippe Ladouceur et un autre produit de la capitale nationale, Neville Gallimore.

«Je suis excité car je sais qu’il y a une opportunité ici», souligne le colosse de 6’3’’ et 325 livres.

Les Cowboys ont un cruel besoin de profondeur au sein de leur ligne défensive. Particulièrement après avoir libéré la semaine dernière le vétéran Dontari Poe.

Se retrouver sur l’alignement de quatre équipes de la NFL en l’espace de trois mois, ça doit être un record, non?

La seule chose qu’Ankou sait? Il espère enfin obtenir un peu de stabilité pour conclure l’année 2020, sa quatrième chez les pros. «Ça serait vraiment bien que je finisse la saison ici», lance-t-il.


« La première fois que tu te fais couper comme joueur de première année, ça fait mal. Tu te demandes ce que tu vas faire. Mais au fil des ans, tu t’habitues émotionnellement. Tu sais quoi faire. »
Eli Ankou

Bon camp à Cleveland

L’athlète âgé de 26 ans croyait bien passer l’automne chez les Browns de Cleveland. Il avait terminé la saison dernière au sein de cette équipe de la conférence américaine (AFC).

Puis au camp d’entraînement, Ankou avait épaté. Plusieurs observateurs le croyaient même en lice pour déloger un partant.

Finalement, il n’a pu résister au couperet à quelques jours du début de la saison.

«Je trouvais aussi que j’avais connu un bon camp. Mais des fois, les organisations souhaitent aller dans une direction différente. Je ne faisais pas partie de leurs plans. Je me disais que j’avais une bonne valeur, que je finirais par trouver une organisation qui allait m’utiliser comme il le faut.»

Eli Ankou a été réclamé par les Colts au ballottage. Il y a passé que cinq semaines et demie avant d’être soumis à nouveau à toutes les autres équipes.

Les Texans se sont manifestés.

«Là où j’ai commencé dans la NFL», rappelle l’ancien étudiant de l’école secondaire Béatrice-Desloges. Il avait été embauché par ce club à titre de joueur autonome en 2017 après avoir été ignoré au repêchage.

Houston l’avait toutefois libéré à la conclusion du camp d’entraînement. Quelques jours plus tard, il aboutissait chez les Jaguars de Jacksonville, passant deux ans.

À leur tour, les Jaguars l’ont remercié après leur camp en septembre 2019.

Ankou n’est resté sans emploi que pendant un mois et demi avant de recevoir un appel des Browns.

Un calcul rapide donne six séjours au sein de cinq équipes depuis son arrivée dans la NFL. Ce qui signifie plusieurs déménagements et dire adieu à des liens d’amitié fraîchement tissés.

«La première fois que tu te fais couper comme joueur de première année, ça fait mal. Tu te demandes ce que tu vas faire. Mais au fil des ans, tu t’habitues émotionnellement. Tu sais quoi faire. Tu gardes le moral, sinon tu vas être débiné assez vite. Tu te dis que tout va bien aller», souligne-t-il.


« Je suis excité car je sais qu’il y a une opportunité ici [à Dallas]. »
Eli Ankou

Copine cycliste

Ankou n’a nullement l’intention de se plaindre. Il a pu jouer jusqu’ici 20 matches dans la NFL, réussissant 15 plaqués.

On lui a versé presque 1,8 million $US en salaire selon le site web «Over The Cap».

«Je peux faire encore carrière au football. Il y a d’autres joueurs qui n’ont pas cette chance. Certains se voient enlever leur carrière du jour au lendemain en raison d’une blessure ou autre chose», note Ankou.

L’autre truc dont il est reconnaissant?

Miser sur une copine exceptionnelle en Shayna Powless une cycliste professionnelle américaine au sein de l’équipe Air Twenty20.

«Elle m’a beaucoup aidé. Chaque fois, elle s’occupe du déménagement. Elle est toujours à mes côtés. Ça m’enlève tellement de stress. Ça me permet de me concentrer sur le football.»

Le couple s’est rencontré lors de leurs études à UCLA. La mère de Powless est l’ancienne marathonienne olympique Jeanette Allred tandis que son frère Neilson Powless a roulé au Tour de France au mois d’août en tant que membre de la formation EF Pro Cycling.

Et qui est un des cyclistes vedettes de cette équipe? Michael Woods d’Ottawa.

«Chaque fois que je fais faire du vélo avec ma copine, elle me détruit complètement», souligne Eli Ankou en riant.

Malgré tous les déménagements, son sens de l’humour est visiblement demeuré intact.