La Franco-Ontarienne Coralie Larose
La Franco-Ontarienne Coralie Larose

NCAA: les études reprennent, mais le hockey?

Jean-François Plante
Jean-François Plante
Le Droit
Sélectionnée parmi les capitaines des Raiders de l’Université Colgate pour une deuxième saison de suite cette semaine, Coralie Larose va quitter son foyer familial d’Embrun mardi sans savoir quand elle pourra revoir ses proches.

Située à mi-chemin entre Syracuse et Utica dans l’État de New York, l’Université Colgate n’est pas à l’abri du nouveau coronavirus et la hockeyeuse de quatrième année devra se soumettre à un confinement de 14 jours à son arrivée sur le campus.

Si Coralie Larose sait qu’elle va terminer ses études en éducation et en français au printemps 2021, elle ignore toujours si elle pourra à nouveau représenter les Raiders sur les patinoires de la NCAA.

Son club de la conférence ECAC a repoussé son début de saison au moins jusqu’au mois de janvier, mais elle n’a jamais songé à ne pas retourner à Colgate malgré la pandémie.

«Dans ma tête, j’ai toujours su que j’allais retourner à l’école pour finir mon baccalauréat. Les études sont considérées comme un service essentiel aux États-Unis. Je savais que j’allais pouvoir traverser la frontière sans problème avec mon visa d’étudiante. Pour le hockey, c’est une autre histoire. Nous aurons une quarantaine à observer avec un programme de retour graduel à la compétition de six semaines. Nous serons prêtes à reprendre l’action à partir de ce moment-là, mais il faudra voir où en sera rendue la pandémie.»

La Franco-Ontarienne Coralie Larose est une des capitaines des Raiders de l’Université Colgate.

Choisie dans l’équipe d’étoiles académique de l’ECAC, Coralie Larose se demande aussi quand elle pourra recevoir de la visite.

«L’Université a imposé une règle où nous ne pourrons pas avoir de visiteurs durant le premier semestre. Je serai donc toute seule aux USA jusqu’au moins le 1er décembre. Je ne suis pas habituée à ça. Il y a toujours une forte délégation d’Embrun à nos matches. Les gens me suivent partout», raconte la cousine de Guy Larose, un ancien des 67’s d’Ottawa, qui a aussi joué 70 matches dans la LNH avec Winnipeg, Toronto et Calgary. Son grand-oncle, Claude Larose, a gagné cinq coupes Stanley avec le Canadien de Montréal.

Cinquième compteuse des Raiders en 2019-20 avec une récolte de 20 points en 38 matches, Coralie Larose espère vraiment une reprise des activités dans la NCAA parce que Colgate sera outillée pour se rendre jusqu’à la finale du Frozen Four en 2020-21.

«Je suis ici pour les études, c’est certain, mais le hockey, c’est un gros atout. J’ai goûté à la finale à ma première année et nous avions perdu en prolongation contre Clarkson. Depuis ce temps-là que je cherche l’occasion de nous racheter. La rivalité est féroce entre nos deux universités. Nous avons une équipe expérimentée cette année. Nous n’avons perdu que deux joueuses et elles seront remplacées par une gardienne d’Ottawa (Kayle Osborne) et une attaquante tchèque. Si la saison est annulée, j’aurai une grosse décision à prendre à savoir si je vais vouloir revenir pour une cinquième année. Ce n’était pas le plan, mais je pourrais toujours faire une maîtrise.»

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Le défenseur Franco-Ontarien Adrien Bisson évolue avec les Black Bears de l'Université du Maine.

LA CONFIANCE RÈGNE AU MAINE

Même s’il sait qu’il devra attendre plusieurs semaines avant de disputer un match de hockey, Adrien Bisson n’a pas vraiment hésité avant de prendre la décision de retourner à l’Université du Maine pour une deuxième saison.

Le défenseur de Cornwall a connu une bonne saison recrue avec les Black Bears. Il a participé à tous les matches de son club sauf un où il était malade et il avait le goût de reprendre là où il avait laissé pour la suite de sa carrière dans la NCAA. De plus, les dirigeants de son université se sont faits rassurants envers les étudiants avant la rentrée.
«Il n’y a pas beaucoup de cas de Covid-19 au Maine, un État dans le nord du pays. Il y aura des tests à toutes les semaines sur le campus et tout le monde sera testé dès notre arrivée. C’est rassurant. Et même je ne veux pas contracter le virus, je sais que je ne serai pas en contact avec ma famille pendant un long moment. De ce côté, je ne placerai personne à risque.»

Au Maine, on sera moins sévère que dans l’État de New York avec les étudiants. Quand l’ancien champion des petits Sénateurs d’Ottawa va débarquer sur le campus jeudi prochain, il n’aura pas à se soumettre à une quarantaine à moins d’avoir un résultat de test positif.

«Il n’y a pas de confinement à notre arrivée. Si mon test est négatif, je pourrai vivre normalement. Notre équipe va commencer à s’entraîner sur la glace le 3 septembre et mes entraîneurs ont l’impression que nous pourrons commencer à jouer des matches à partir de la mi-novembre ou la fin novembre. Évidemment, s’il y a de nouvelles éclosions, tout sera reporté. Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas encore reçu de date pour un début de saison.»

Ce qui inquiète un peu plus le Franco-Ontarien de 21 ans, ce sont les premiers jours de la rentrée scolaire.

«Il y a des étudiants qui vont arriver de partout, alors je suis content que tout le monde soit testé, car ça va être un peu stressant au début. Je ne sais pas quand je vais revoir mes parents non plus. Pas sûr qu’ils vont venir passer trois ou quatre jours pour faire une quarantaine à leur retour. Je ne pense pas pouvoir revenir à Noël comme l’an dernier.», raconte l’étudiant en affaires internationales.

À l’Université du Maine, les saisons de soccer et de football ont été annulées. «Ce sont des sports d’automne, mais la NCAA est en train de voir s’ils peuvent les faire jouer au printemps à la place.»